Qui êtes-vous ?

Ma photo
Je suis comme toutes celles que vous connaissez. Je pourrais être votre soeur, votre amie, votre collègue ou simplement votre voisine. Ici, je vous parle de mon quotidien et de celui de ma famille pour mettre un peu de lumière sur la vie avec un enfant différent! mamantupperware@hotmail.ca
Affichage des articles dont le libellé est TAG. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est TAG. Afficher tous les articles

lundi 6 avril 2015

Les stratégies de Fiston pour diminuer son anxiété

Fiston est anxieux. Il le sait et nous le savons. 

Depuis les événements de décembre dernier, nous travaillons d'arrache pied pour l'aider à gérer ce mal qui le ronge quotidiennement. 

Nous avons restructuré les routines de vie (les repas, l'heure de la douche et celle du coucher), instauré un (autre!) tableau d'émulation et essayons d'être encore plus attentifs aux signaux d'anxiété que nous envoie notre garçon. 

Nous avons aussi élaborer des stratégies AVEC lui afin qu'il puisse s'apaiser lorsqu'il sent la tempête gronder. 

Fiston adore la lecture. C'est un moyen pour lui de se couper de son environnement et de se retrouver seul avec lui-même. J'ai donc convenu avec lui que nous irions à la bibliothèque chercher de nouveaux livres une fois (bien souvent 2!) par semaine. Nous revenons  chaque fois avec une vingtaine de livres que Fiston lit à tout moment, par plaisir ou pour retrouver son calme. 

Quand les livres sont tous lu ou que son coeur n'y est plus, on sent bien que Fiston peine à rester en place. Il n'arrive pas à occuper par lui-même son temps libre et a besoin de notre support pour se trouver des trucs (positifs!) à faire. Nous travaillons donc très fort pour l'aider à se choisir des activités qui lui plaisent et qui lui permettent de ne PAS laisser l'angoisse l'envahir. 

Parfois il dessine, d'autre fois il joue avec Minnie. Il arrive aussi qu'il sorte marcher. Bien souvent, lorsqu'il revient, il tourne en rond autour de Papa Tupperware et moi pendant de longues minutes, puis finit par retourner lire ou se trouver une activité. 

Tranquillement, il apprend à occuper son temps et nous le sentons fier d'arriver à le faire. 

L'anxiété n'est pas un truc simple à gérer. Je le sais parce que j'en souffre aussi. Toutefois, je suis heureuse que nous soyons capable d'aider notre fils à y faire face maintenant. 

Car il est beaucoup plus facile d'outiller un enfant pour le futur, que de réparer un adulte brisé par le passé. 

dimanche 12 janvier 2014

Tics et panique!


Comme parent, il faut parfois (lire souvent!) faire preuve de beaucoup de patience.

Lorsque nos tout-petits développent leur autonomie, on doit les laisser faire, même si faire les choses nous-mêmes prend (définitivement) beaucoup moins de temps. Lorsqu'ils commencent l'école, on doit les accompagner dans leurs apprentissages et tenter de leur expliquer les notions plus difficiles à intégrer. Dans leur relation avec les pairs, on doit les laisser expérimenter et vivre des conflits pour ensuite leur (ré)expliquer patiemment qu'il faut parfois mettre de l'eau dans son vin afin de préserver un minimum d'harmonie dans nos relations.

Avoir des enfants, c'est accepter qu'il faille les encadrer et souvent répéter les mêmes consignes et les mêmes concepts (ad vitam æternam si vous voulez mon avis!). C'est ainsi pour tous les parents! Jusqu'à présent, je crois que nous avons su faire preuve de patience avec nos enfants. Jusqu'à présent...

Récemment, Fiston à développer un tic plutôt agaçant. Il se racle la gorge de façon très excessivement bruyante, et ce aux 2 minutes. Au début, c'était plutôt léger, mais le tic s'est graduellement intensifié au point où cela perturbe le climat de classe et parfois celui de la maison.

Nous avons tenté de lui en parler subtilement, de lui offrir des pastilles, des sirops ainsi que des boissons afin d'apaiser sa toux, mais sans succès. Puis, comme son tic est très sonore et qu'il dérange les gens autour de lui, Fiston a commencé à angoisser. Ne sachant pas comment arrêter de tousser, il se met à hyperventiler au point de croire qu'il est sur le point de perdre conscience. En langage clair, son tic l'amène a faire des crises de panique.

À ce jour, il en fait deux. Deux dans la même semaine. Deux qui m'ont laissée sans mot, sans intervention, sans solution.

Une fois à la maison, j'ai réalisé que le tic de Fiston nous rendait tous un peu impatients, intolérants, ce qui n'aide en rien à faire diminuer son anxiété. Lors de sa crise de panique, j'ai senti que j'étais impatiente avec lui. Je ne savais pas quoi faire ou quoi lui dire pour l'apaiser. Je n'ai pas su être douce et compréhensive. J'ai plutôt été froide et distante, enchaînant les « inspire par le nez, expire par la bouche » de façon mécanique. Une fois la crise passée, je me suis dit que je ne saurais pas gérer cela, que si cela devait arriver souvent, je ne saurais pas rester calme et patiente, que je finirais par me fâcher parce que cela m'agacerait.

Il n'y a pas eu de récidive de crise de panique depuis la semaine dernière. Je ne sais pas s'il y en aura d'autre, mais une chose est certaine, nous devrons encore une fois faire preuve de beaucoup de créativité pour arriver à gérer ce type de situation qui, je vous le dis en toute honnêteté, me mets mal à l'aise au plus haut point. J'espère réussir à trouver en moi la force et la patience nécessaire pour aider mon fils à faire diminuer son anxiété et à gérer cette nouvelle différence qui, disons-le, est maintenant audible par tous ceux qui l'entourent.


dimanche 22 décembre 2013

Hospitalisation de Minnie ::: Jour 16


Jour 16.

J'ai quitté l'hôpital jeudi dernier, laissant Minnie aux bons soins des infirmières de l'unité néonatale. J'avais besoin de retourner à la maison. Fiston, Princesse et Bébé Tupperware avaient besoin de moi. J'avais aussi besoin d'eux. Ajouter à cela que Fiston Tupperware fait une otite et un influenza et vous comprendrez que je devais reprendre ma place à la maison. Par chance, le pédiatre de Fiston (qui est aussi le néonatalogiste de Minnie!) a pu voir notre garçon rapidement pour une consultation. En plus de prescrire les antibiotiques, il a pris plus de 30 minutes pour expliquer à Fiston l'état de sa petite sœur.

Fiston est anxieux. Il n'apprécie pas le sentiment d'inquiétude qui l'habite depuis la naissance de sa sœur. Il verbalise par contre bien son anxiété. Il a expliqué à son pédiatre qu'il n'arrivait pas à comprendre ce que les médecins faisaient à sa sœur et si c'était de bons médecins qui prenaient soin d'elle. Quand son pédiatre lui a dit qu'il s'occupait personnellement de Minnie, Fiston fût soulagé. Depuis ce rendez-vous, Fiston est calme et collabore bien. Le fait d'être à la maison depuis plus d'une semaine l'a aussi beaucoup aidé. Il a toutefois pu revoir ses amis et son enseignante avant les vacances de Noël, lors du spectacle organisé la dernière journée de classe et auquel il a été convié. Il a même eu droit à un déjeuner en tête à tête avec son enseignante et la TES avant le spectacle. Tranquillement, ils réussiront peut-être à retisser les liens brisés avant les fêtes.

Princesse Tupperware de son côté démontre des signes d'irritabilité. Elle est moins patiente et moins tolérante à la frustration. Je crois même qu'elle en veut un peu à Minnie. Elle a dit à Bébé Tupperware que Minnie n'était pas encore leur sœur, car elle n'était pas encore revenue à la maison. J'ai donc du faire quelques clarifications avec elle. Tranquillement, elle redeviendra elle-même.

Bébé Tupperware, quant à lui, a bien hâte que je ramène Minnie. Il dit qu'il s'en ennuie et qu'il a hâte de changer ses couches et de lui donner son bain. Comme il le dit si bien : il est grand maintenant! :)

Aujourd'hui, Minnie termine son respirogramme. Nous saurons donc en début de semaine si ses désaturations et ses bradycardies sont inquiétantes. J'essaie de me convaincre que nous sommes encore ici pour quelques jours, voir encore une semaine... mais mon cœur de maman souhaite secrètement qu'un respirogramme normal permettra notre congé des soins intensifs pour le 24 décembre.

L'espoir fait vivre n'est-ce pas?
 

Trouvez Minnie!
;)

dimanche 17 novembre 2013

Le recul


Fiston va bien. Très bien. Un peu comme si les dernières semaines n'avaient jamais eu lieu. Un peu comme si on venait de se réveiller et que rien de tout cela ne s'était passé.

Fiston est plus calme, plus posé. Il accepte de faire ses devoirs sans s'opposer, il accepte qu'on limite son temps de jeu vidéo, il arrive à se concentrer pour faire du dessin pendant plus de 5 nanosecondes et il arrive même à se raisonner lui-même quand il sent la colère monter.

Je me sens presque déstabilisée.

Avec le recul, je suis plus en mesure de faire le bilan de ce qui a pu le désorganiser dans les dernières semaines et ça me rend triste. Vraiment triste.

La rentrée scolaire, la fréquentation du service de garde, l'arrivée de Minnie Tupperware, mon hospitalisation du mois d'octobre, ma fatigue et mon impatience y sont pour beaucoup. J'ai un peu l'impression d'avoir mal géré mes dossiers, ma vie, mes émotions et les siennes. Un peu comme si quelque part il y a 2 mois, tout avait dérapé, mais que j'étais trop prise un peu partout pour me rendre compte des répercussions que cela pouvait avoir sur mon enfant anxieux. Il aura fallu des larmes, des cris et un appel dedétresse pour me mettre sur la piste de la souffrance de mon enfant.

Aujourd'hui, avec le recul, je prends une part du blâme de ce qui nous est arrivé. Je reconnais que j'aurais dû prendre le temps de m'arrêter un peu, histoire de mieux préparer mon fils aux différents changements qui survenaient dans sa vie en quelques mois. J'aurais dû m'assurer de valider sa compréhension des événements et surtout de mesurer son anxiété face ceux-là. J'aurais du regarder un peu plus autour de moi plutôt que seulement devant moi.

Aujourd'hui, avec le recul, je crois que j'ai voulu me protéger moi-même des répercussions que pouvaient avoir ces changements sur ma propre vie. J'ai fait l'autruche en pensant que tout se passerait bien et que nous n'avions qu'à laisser le temps faire son œuvre. Pour un enfant anxieux, le temps qui passe est notre plus grand ennemi si les réponses aux questions ne viennent pas, si la réassurance se fait attendre.

Aujourd'hui, avec le recul, je comprends mieux le mode de fonctionnement de mon fils. Il a besoin d'être en relation avec moi. Il a besoin de sentir que je suis VRAIMENT là pour lui, quitte à remuer ciel et terre pour s'assurer de ma présence.

Aujourd'hui, avec le recul, je prends ma part du blâme, mais je ne laisserai pas ce blâme me pourrir la vie. Je suis humaine et comme chaque être humain j'apprends de mes erreurs. Je réajuste ma façon d'être et de penser et je continue d'avancer. Parce que la culpabilité ne sert rien et que demain est un autre jour.

Aujourd'hui, avec le recul, il n'y a qu'un constat possible : mon fils fait de moi une meilleure maman, jour après jour.

Image internet

vendredi 8 novembre 2013

Le plan d'intervention


Certaines semaines sont plus longues que d'autres. Cette semaine le fut plus particulièrement.

Ce matin, c'était le plan d'intervention pour Fiston Tupperware. Nous étions nombreux et avions beaucoup de choses à discuter. Il serait bien difficile pour moi de vous faire une synthèse de cette rencontre, mais disons que les principes fondamentaux des interventions ont été revus.

Comme parents, nous avons pu nous exprimer face aux interventions qui étaient déjà en place et face à celles qui seront mises en place dans les prochaines semaines.

Nous avons pu entendre exactement ce que les intervenants observaient de notre fils et l'analyse qu'ils faisaient de ses comportements. Ensuite, la ligne directrice a pu être tracée afin de guider nos interventions et de permettre une cohérence entre le milieu scolaire et le milieu familial.

Ce type de rencontre n'est jamais facile. Nous nous retrouvons assis autour d'une table où plusieurs intervenants nous font part de leurs observations et où nous nous sentons souvent démunis. Comme parents, il devient souvent difficile de rester objectif. Nos perceptions sont souvent erronées, car elles sont influencées par le lien affectif qui nous lie à notre enfant.

Ce que je retiens de cette rencontre est important : tous les gens présents aujourd'hui ont le bien-être de notre fils à cœur. Ils désirent tous que la situation s'améliore et surtout que notre garçon se sente mieux. Chacun est prêt à mettre l'énergie nécessaire pour que les interventions soient positives et afin que Fiston en vienne à vaincre ses démons intérieurs.

Le chemin à parcourir sera long. Il sera aussi parsemé d’embûches, d'obstacles et de moments de découragement. Par contre, nous avons senti que tout serait mis en œuvre pour passer au travers ces moments difficiles.

En ce moment, Fiston ne sait pas ce qui l'attend à son retour à l'école lundi prochain. Il ne sait pas encore qu'il devra travailler en parallèle pendant 2 jours et qu'il devra revenir sur certains événements avec son enseignante et sa TES. Papa Tupperware et moi, de concert avec la psychoéducatrice de pédopsychiatrie, avons convenus d'attendre dimanche avant de lui en parler. Nous avons décidé de passer les prochaines 48h dans la joie et l'allégresse (autant que faire se peut!). Au menu, la finition de la chambre de Minnie Tupperware, des jeux de société en famille, ainsi que pleins de petits trucs qui font sourire.

Dimanche, nous serons transparents. Nous expliquerons à Fiston que son retour ne sera pas facile, mais que nous croyons qu'il réussira à passer au travers cette épreuve parce que nous serons avec lui, à chaque pas.

D'ici là, place aux jeux et au plaisir! (Et au cumul de cubes de matière grise!)

lundi 29 juillet 2013

Harcèlement


Disons les choses franchement : Fiston Tupperware a du caractère. Lorsqu'il veut quelque chose, il ne nous lâche pas tant qu'il n'obtient pas gain de cause. Quand il était petit, c'était mignon. On se disait qu'il saurait faire son chemin dans la vie. Puis, en vieillissement, c'est devenu beaucoup moins mignon. Au point où on a trouvé un autre nom à ses demandes multiples. On appelle cela du HARCÈLEMENT!

Que ce soit pour jouer au iPod, à la Xbox ou à l'ordinateur, Fiston sait comment s'y prendre pour s'attirer des ennuis. Il demande, négocie et argumente. Il va même jusqu'à nous pourchasser, nous bousculer et nous crier des bêtises quand il n'obtient pas ce qu'il veut.

Il n'y a rien qui puisse l'arrêter. Aucune conséquence, aucune menace, aucune punition. Il ne s'arrête que lorsqu'il a tout perdu pour la journée (ou une période donnée) et qu'il est confiné à sa chambre à coucher.

J'ai longtemps pensé que Papa Tupperware et moi étions la cause de ce comportement insistant. Je croyais que nous avions manqué de rigueur, de cohérence, de discipline ou de constance. Je pensais que ces comportements étaient le résultat de nos faiblesses parentales. Nous avons donc mis beaucoup de temps avant d'en parler à « nos » professionnels.

Puis, lors du dernier rendez-vous médical avant le début des vacances, j'ai expliqué clairement la problématique à la pédopsychiatre. Je lui ai expliqué l'obsession de Fiston pour certains objets et de son incapacité à les déposer ne serait-ce que pour aller à la salle de bain. J'ai aussi abordé la détresse de Fiston lorsque nous lui refusions une demande, cette façon qu'il avait d'être atterrée par la perte dudit objet.

La pédopsychiatre a pris le temps de m'écouter. Elle a questionné Fiston sur ses comportements, mais surtout sur ce qui le poussait à avoir « besoin » de tous ces objets. Je fus surprise d'entendre mon garçon lui répondre qu'il avait peur de perdre ses choses, au point où il se sentait anxieux et déboussolé lorsqu'on les lui enlevait. Il a aussi mentionné se sentir très frustré lorsqu'on lui refusait une demande. Frustré au point de nous détester et de ne plus être en mesure de s'arrêter.

Le médecin m'a donc expliqué que notre fils souffrait de TOC (trouble obsessionnel compulsif) avec les objets, que cela s'ajoutait au tableau d'anxiété généralisée de notre garçon et que seuls le temps et la patience en étaient le traitement. (En plus des médicaments qu'il prend déjà pour faire diminuer son anxiété!) Et que son incapacité à s'arrêter lorsqu'il était en colère relevait du TDA/H et de sa composante d'impulsivité.

De savoir cela ne change pas le fait que notre fils soit très demandant et qu'il se désorganise solidement lorsqu'il est exposé à un refus, mais cela nous permet d'arriver à prendre le recul nécessaire afin d'intervenir adéquatement et d'essayer de ne pas laisser l'agacement ou la colère nous envahir.

Mais pour être honnête, je crois que ces comportements sont les plus difficiles à gérer. Je me mets en colère, je parle fort (je ne vais quand même pas vous avouer que je crie parfois!!) et je deviens dure. Je lui retire ces choses, le confine à sa chambre et souhaite parfois qu'il y reste pour 2 ou 3 jours!

Puis, je décolère, je me rappelle ce que le médecin a dit, je m'accorde le droit d'être humaine et je souhaite que le lendemain soit une meilleure journée...
 

lundi 4 février 2013

Je ne me souviens pas de toi


Le jour où tu es né, j'ai promis à qui voulait l'entendre que je serais toujours là pour toi, que tu pourrais compter sur moi.
J'ai juré à qui voulait l'entendre que tu serais un enfant spécial, plein de vigueur et un peu moqueur.
J'ai chanté à ton oreille toutes les louanges qu'une mère peut porter dans sa voix, même si tu ne m'écoutais pas.
J'ai écrit chaque jour de ta vie dans un livre spécialement conçu pour toi, pour que tu saches que je n'avais rien manqué de toi.

Et malgré cela, je ne me souviens pas de toi.

Je t'ai nourri moi-même à chacun de tes repas, pour que tu grandisses vite et que tu ne manques de rien.
J'ai accouru vers toi chaque fois où je t'ai entendu m'appeler... même si ce n'était pas pour te sauver d'un éventuel danger.
J'ai pansé tes blessures imaginaires, celles-là mêmes qui n'ont jamais bleuies ou même saignées.
J'ai pourchassé les monstres sous ton lit, armé d'un balai et d'une passoire, pour que tu n'aies pas peur du noir.
J'ai laissé la porte de ta chambre ouverte chaque soir, pour que tu puisses m'entendre encore un peu avant de t'endormir.
Je t'ai bercé des heures pour te réconforter, pour t'apaiser alors qu'au fond, parfois, c'est moi qui avais le plus besoin de toi.

Et malgré cela, je ne me souviens pas de toi.

Je t'ai acheté de beaux habits pour que tu puisses être fier et souriant en allant voir tes grands-parents.
Je t'ai offert toutes les activités possibles, pour t'aider à rester fier et souriant, pour que tu te sentes toujours un peu plus grand.
Je t'ai accordé tout mon temps pour dessiner, bricoler et cuisiner parce que tu voulais tellement toujours faire comme les grands.

Et malgré cela, je ne me souviens pas de toi.

Je me souviens de tes grands yeux noirs, de tes cheveux bouclés et de ta moue qui me faisait craquer.
Je me souviens de tes éclats de rire lorsque je m'amusais à déposer des bisous dans ton cou en te retenant contre moi.
Je me souviens de tes yeux rieurs quand, avec ton papa, tu jouais à qui m'aimait le plus... Jeu auquel tu gagnais haut la main d'ailleurs!

Je me souviens de tout... et malgré cela, je ne me souviens pas de toi.

Je t'ai perdu le jour où j'ai oublié que j'avais juré que tu serais un enfant spécial... Le jour où je me suis laissé convaincre que tu étais spécial au point où je devais prendre les choses en mains et cacher l'essence même de ta personnalité.
Je t'ai oublié le jour où j'ai trop pensé à ce qui pouvait t'arriver si je ne t'aidais pas à tempérer tes éclats, qu'ils soient de rire ou de fracas.

Deux ans déjà que notre monde à changé de couleur, qu'il a perdu de sa saveur.
Et avec tout cela, toi, te souviens-tu de moi?

dimanche 6 janvier 2013

Quand Fiston Tupperware trouve les mots...


Depuis 20 h ce soir, c'est officiel! Notre famille a survécu aux vacances des Fêtes. Je serai très honnête avec vous : j'ai définitivement douté de notre capacité à passer au travers de ces deux semaines de semi-festivités!

Avec des enfants, la période des fêtes en est une de désorganisation. Les changements multiples viennent parfois à bout de leur énergie sans fin... ainsi que de la nôtre (qui à la base n'était PAS sans fin!)

Ici, par chance, la garderie nous a un peu sauvés de la catastrophe. Comme j'ai dû travailler pendant le congé scolaire, il n'y avait que pour Fiston Tupperware qu'il fallait trouver du gardiennage. Malheureusement, les journées auront été pour lui très longues et frustrantes. Il est devenu très anxieux et plutôt agressif. Il est devenu totalement intolérant à la frustration et nous l'a clairement fait savoir.

Nous savons habituellement bien composer avec ses colères et ses désorganisations, mais cette fois, nous avons dû admettre que ses comportements étaient plus problématiques qu'à l'habitude. Nous l'avons donc observé plusieurs journées en tentant de mettre le doigt sur ce qui le rendait aussi anxieux et colérique. Mis à part la présence de l'ado de Papa Tupperware, rien ne nous permettait de croire que le changement était extrinsèque. J'ai donc consulté le pharmacien qui nous a rapidement pistés sur les raisons des changements de comportements de Fiston.

Depuis quelques mois, notre garçon est traité avec un antidépresseur visant à faciliter son sommeil et diminuer son anxiété. L'agitation que nous avions notée était, semble-t-il, causée par une dose trop élevée de médicaments... Vous connaissez la suite n'est-ce pas? Sevrage et changement de médication. Par chance, Fiston a pu voir son médecin le 4 janvier!

Bien sûr, depuis le changement de dosage, nous n'avons pas vu d'énormes changements. Seul le temps nous dira si les modifications au traitement auront un effet positif sur notre garçon.

Le plus difficile, je crois, est qu'en plus d'être difficile pour nous, ce type de désorganisation est souffrante pour mon fils. J'ai vu une détresse dans ses yeux qui m'a ramenée près de 2 ans en arrière... Je l'ai revu, du haut de ses 5 ans, me demander de le tuer pour que les médecins puissent ouvrir son cerveau et comprendre ce qu'il lui arrivait. Je le revoyais, les yeux rivés sur les miens, m'implorer de l'aider, de le soulager de tant de souffrance.

Puis, j'ai réalisé que, contrairement a il y a deux ans, il a été capable de mettre en mots sa souffrance. Il a été capable de nous dire qu'il n'arrivait plus à se contrôler, à se contenir, qu'il trouvait les vacances difficiles et ses relations avec les autres problématiques.

Alors au-delà des troubles de santé mentale et de la médication... il y a un petit garçon de 7 ans qui chemine. Et ça, c'est réconfortant pour un cœur de maman!


Bon retour aux routines pour vous et vos marmots! :)


lundi 15 octobre 2012

La mémoire est une faculté qui oublie!


Les ajustements pharmacologiques, peu importe la médication, sont toujours un peu délicat. Fiston Tupperware n'en est pas à son premier changement de médication ou de dosage pour le traitement de son TDA/H.

Au dernier rendez-vous médical, la pédopsychiatre ne l'avait pas trouvé bien. Anxieux, impulsif, arrogant, regard fuyant, agitation psychomotrice... bref, la recette parfaite pour faire des changements dans son traitement. Malheureusement, nous ne pouvons pas intervenir sur tous les symptômes en même temps. Nous avons donc dû choisir si nous modifions le traitement pour son TDA/H ou pour son trouble d'anxiété généralisée. À la lumière de ses difficultés au quotidien, la pédopsychiatre a tranché : va pour le TDA/H.

Fiston Tupperware prend du Vyvense depuis quelques mois. Le traitement est plutôt efficace, mais pas optimal. Habituellement, ce médicament n'est donné qu'une seule fois par jour et a une durée d'action approximative de 14 h. Pour fiston, ce n'est pas le cas. Son métabolisme semble aussi hyperactif que son cerveau : il métabolise les médicaments à la vitesse grand V! La médication ne fait donc pas effet le temps escompté et l'effet rebond (moment ou l'enfant devient agité, car la concentration de médicament dans son corps diminue drastiquement) arrive très tôt dans la journée, d'où ses difficultés à se contenir dès 15 h.

Nous avons donc accepté d'administrer le Vyvense à deux reprises dans la journée, soit au levé et à 11 h. Jusqu'à présent, nous avions remarqué qu'il était un peu moins agité en après-midi et qu'il collaborait plus en soirée, mais il n'y avait pas de quoi crier au miracle.

Aujourd'hui, fiston n'a pas reçu sa dose de 11 h.

La morale? La mémoire est une faculté qui oublie!!!! Il était tellement agité que j'en ai eu le tournis! Je me suis même demandé comment il arrivait à vivre dans son propre corps.

Au souper, il m'a demandé de manger dans le salon sinon il n'arriverait pas à rester assis. Demande accordée.

Dans la salle de bain, il m'a demandé de rester avec lui, sinon il mettrait trop de temps à faire sa toilette. Demande accordée.

Ce soir, il m'a dit qu'il aurait préféré ne pas « être né ». Postulat refusé. Gros câlin accordé.

Ce soir j'ai compris qu'il avait de la difficulté à vivre dans son corps et dans sa tête sans sa médication. Chaque fois ça me désole, mais jamais autant que ça me console, car ce soir, il l'a compris aussi.

jeudi 4 octobre 2012

Mal intentionnée


La vie n'est pas un long fleuve tranquille. Du moins, c'est ainsi chez les Tupperware!

L'école est bien commencée. Les devoirs, les leçons, les routines. Allez savoir pourquoi, alors que les choses se passaient relativement bien, l'anxiété de Fiston est revenue par la grande porte. À ce jour, je ne crois pas l'avoir déjà vu si agité et colérique. Il est fragile. À tout instant, il change de mode. Parfois excité, parfois en colère, parfois triste, parfois inquiet... bref, une vraie girouette.

Le matin, les choses tournent (trop) souvent au drame. Il connaît ses « Je dois/je peux » par cœur, mais met un temps fou à venir à bout des quelques tâches qu'il doit accomplir avant de partir pour l'école. À table, il parle, gesticule, fait des bruits de bouche et en vient même parfois à tomber en bas de sa chaise! Il fait du coq à l'âne, parle fort et surtout, entraîne son petit frère dans sa tempête. Je me retrouve donc avec deux garçons agités, et ce, malgré les avertissements et les conséquences donnés.

Bien sûr, avant de partir pour l'école, la médication de Fiston n'a pas encore commencé son effet. Mais que puis-je faire? Le réveiller à 5 h pour espérer qu'à 6 h il soit plus disponible et apte à faire ce qu'il a à faire?

À l'école, il éprouve des difficultés. Il ne garde pas ses commentaires pour lui-même (comprendre : je parle sans arrêt, quand ça ME plaît!), argumente avec les adultes et adopte un air arrogant. Lorsque les adultes interviennent auprès de lui, il tend à se justifier ou à clamer haut et fort que ce n'est pas lui le responsable du comportement reproché ou de la consigne non suivie.

Au retour de l'école, il est comme une bombe à retardement. À 15 h 30 pile, il devient ingérable. Il devient totalement intolérant à toute forme de contrariété, fait de la discipline avec sa sœur et son frère et hurle à l'injustice dès que Papa Tupperware ou moi intervenons auprès de lui. Souvent, il finit dans son lit à une heure plus hâtive qu'à l'habitude ou se voit retirer des privilèges que nous lui avions accordés.

Lors du rendez-vous d'hier avec sa pédopsychiatre, elle ne l'a pas trouvé bien. Vous devinez la suite n'est-ce pas? Bien sûr, un changement de médication. Rien de majeur, mais suffisamment important pour espérer arriver à gérer son impulsivité et son anxiété.

Hier soir, il n'avait qu'une chose à me dire avant de se coucher : « Vous êtes mal intentionnés à mon égard! Vous n'essayez pas de comprendre que je ne suis pas CAPABLE de me contrôler. La colère est trop grande dans ma tête. »

Bien sûr, je suis mal intentionnée. Le matin, je le confine à sa chambre pour arriver à prendre le dessus sur les choses à faire avant notre départ. En fin de journée, je demande à sa sœur de l'ignorer quand il crie ou qu'il tente de faire de la discipline avec elle. Je vais même parfois jusqu'à demander à ma fille de se trouver une activité qu'elle pourra faire dans une autre pièce afin d'être un peu tranquille! Au souper, s'il ne se contrôle pas, il est sorti de table afin que l'on arrive à s'entendre parler et que l'on puisse manger tranquillement. En soirée, lorsque la tension est trop haute parce qu'il ne se contrôle plus, je l'envoie au lit plus tôt pour réussir à passer un peu de temps de qualité avec mes deux autres enfants. Si toutes ces choses sont de la mauvaise intention alors oui, je suis mal intentionnée! J'ai besoin d'une pause quand les tympans me font mal ou que je perds le contrôle de la maisonnée.

Mais maintenant, dites-moi, suis-je si mal intentionnée ou n'ai-je pas simplement le droit d'être humaine et d'en avoir assez?
 

jeudi 6 septembre 2012

Dossier de Maman ::: Photos scolaires - suite et fin!


Qui dit troubles anxieux, ne veut pas uniquement dire anxiété reliée à des événements négatifs. Ici, quand Fiston fait face à un événement joyeux, il devient aussi anxieux.

Ce matin, alors que je venais à peine d'atteindre la cafetière, Fiston tournait autour de moi comme un lion autour d'une proie. À peine avait-il fini ses rôties, qu'il papillonnait autour de l'ilot de cuisine à la recherche d'une débarbouillette pour nettoyer le carnage de Nutella sur ses joues. Une fois les traces du crime effacé, il s'est mis à faire des va-et-vient entre sa chambre, la salle de bain et le salon. Ensuite, il a fini par aller se brosser les dents et aller chercher ses vêtements. Bien sûr, il était anxieux!

À peine 6 h 30 et Fiston voulait mettre sa nouvelle chemise et sa nouvelle cravate! Fraîchement repassée, la chemise l'attendait bien sagement sur un dossier de chaise de cuisine. Craignant qu'il ne la froisse, je lui ai demandé d'attendre encore un peu avant de s'habiller. Ce fût difficile, mais il a obtempéré.

Pas de crise. Pas d'agitation. Seulement un petit garçon de presque 7 ans qui avait bien hâte de revêtir ses nouveaux vêtements!

Et à 7 h 33, quand sa chauffeuse est arrivée, c'est avec un sourire radieux qu'il nous a souhaité une bonne journée
 
Avouez qu'il est craquant notre Fiston Tupperware?  ;0)
 

lundi 2 juillet 2012

Merci Madame J!


Il n'y a pas si longtemps, je ressentais le besoin d'écrire tous les jours. J'avais besoin de mettre en mots toutes les émotions et les états d'âme que suscitaient les problématiques de Fiston Tupperware. Aujourd'hui, c'est le calme après la tempête, le repos du guerrier... C'est les vacances.

Je ne sais pas si c'est simplement le fait qu'il ne soit plus à l'école, mais depuis plus de 10 jours, fiston Tupperware est heureux et il est bien. Il fréquente le camp de jour depuis la semaine passée sans aucune fausse note, il effectue ses tâches quotidiennes à la maison et il est capable d'identifier les moments où il est anxieux. Pas de crise. Peu d’opposition. Un enfant heureux, comme tous les enfants heureux que je connaisse.

Ceci étant dit, j'ai mis plus de temps que lui à décrocher.

Vendredi dernier, lors d'un souper improvisé chez une amie, la vie m'a fait un beau cadeau. Elle a mis sur ma route une femme, une enseignante, qui travaille à l'école que fréquentera Fiston en septembre. Elle enseigne aux enfants un peu plus vieux que notre fils et connaît bien le programme de soutien émotif qu'il fréquentera.

Ai-je vraiment besoin de vous dire que j'ai posé à cette pauvre âme les 22 000 questions qui me flottaient dans la tête?

Ai-je vraiment besoin d'ajouter que je lui ai aussi fait part de mes 44 millions d'inquiétudes?

Et bien, croyez-le ou non, cette enseignante à fait chuter mon anxiété le temps d'un souper. Elle a pris le temps d'expliquer et de réexpliquer les aléas du programme, tout en me rassurant sur la qualité de l'enseignement qui y est dispensé. Elle ne m'a pas laissé croire que mon fils entrait dans une autre dimension. Elle a été franche et m'a permis de mieux niveler mes attentes.

À la fin du souper, j'ai senti que je pouvais enfin lâcher prise, que mon enfant serait bien là où il s'en allait.

Maintenant, il ne me reste plus qu'à réapprendre à savourer chaque instant de ma vie et de vivre chaque « moment présent » pleinement.

Maintenant, je peux respirer sans gêne et je peux dormir sans crainte.

Merci Madame J.!


mardi 26 juin 2012

Camp de Jour ::: Jour 1


6 h 40
 
 
Je sens une présence près de moi. Un souffle à peine perceptible me sort tranquillement de mon sommeil. J'ouvre les yeux...
 
 
Ahhhh! Un enfant!
 
 
Encore somnolente et le dos en compote, j'essaie de reconnaître la chose qui se trouve à 8 mm de mon visage. Il est tellement près de moi que je ne vois que deux petits trous sombres. Si je me fie à mes connaissances anatomiques, ce sont des narines. Je recule.
 
 
J'entends l'enfant me dire : « Maman? Dans combien de minutes on part? »
 
 
« Maman? » me dis-je à moi-même. Bien sûr, au lever du soleil, peu importe l'état de mon corps de déesse, je redeviens inévitablement... Maman!
 
 
Je m'étire et j'ouvre les yeux (pour vrai cette fois). À mes côtés, Fiston Tupperware me dévisage comme si je descendais directement d'un film comique. J'avoue que ma tignasse entremêlée et mes yeux collés doivent lui donner le goût de faire une vidéo et de la poster sur YouTube!
 
 
Il répète sa question : « Mamaaaannnn! Dans combien de minutes on part pour le camp de jour? »
 
 
Ah oui! Le camp de jour! C'est aujourd'hui que ça commence. Je me retourne vers l'horloge et lui baragouine un « Dans 2 heures... » Satisfait, il retourne au salon.
 
 
Dans la pénombre de ma chambre, je me dis que je ne suis pas prête pour ça! J'ai beau avoir tout préparé, tout calculé, je ne suis pas prête. Je suis inquiète... encore!
 
 
À 7 h, toute ma gang est installée à table. Le repas est en cours! Puis, les minutes se sont succédé et l'heure du départ a sonné. Avant de franchir la porte, Fiston Tupperware me regarde les yeux écarquillés : « Maman, je suis nerveux. »
 
 
Je sais qu'il est nerveux. Pas de problème. Tout ira bien.
 
 
À notre arrivée au camp, Fiston est tout sourire. Un moniteur se présente et s'extasie devant un dessin fait le matin même par mon fils qu'il voulait offrir à son moniteur en cadeau. C'est un départ.
 
 
Une fois à la maison, je ne suis plus inquiète. Les deux moniteurs entrevus au camp avaient le sourire franc, un ton enjoué et des statures, disons... imposantes! Aucun risque que Fiston ne tente un corps à corps avec l'un d'eux.
 
 
16 h
 
 
J'arrive au camp. Je ne suis pas calme, mais ça ne paraît pas trop. Le responsable du camp me voit arriver et se dirige vers moi. Il valide que je viens bien chercher Fiston et me sort son plus beau sourire en disant :
 
 
« On a eu une journée de malade avec votre fils! On a tripé solide avec lui! »
 
 
Euh!!! YEAH!!!!!!!
 
 
Et c'est un enfant heureux que j'ai ramené à la maison ce soir.
 
 
Ai-je vraiment besoin de vous dire que ça faisait changement?

Fiston Tupperware découvre le calque. Parfait pour passer le
temps avant de partir pour le camp!

jeudi 21 juin 2012

La fin!


Moins de 24 heures. Un dernier dodo et ce sera les vacances. Fiston Tupperware aura survécu à son année scolaire.

Demain, il dira au revoir à ses amis. Il sait qu'il ne les reverra pas l'an prochain. Il sait qu'il changera d'école et donc qu'en septembre les choses seront différentes.

Lundi, la psychoéducatrice responsable de la classe de TRP (troubles reliés à la psychopathologie) est venue lui rendre visite à son école et lui a demandé s'il savait qu'il ne revenait pas l'an prochain. Après lui avoir répondu par l'affirmative, elle lui a demandé s'il avait envie de visiter cette nouvelle école dont ses parents lui avaient parlé. Il a répondu oui, sans hésiter.

Selon le compte rendu de la psychoéducatrice, la visite s'est très bien passée. Fiston Tupperware était très emballé à l'idée d'intégrer la classe de deuxième année du programme. À la surprise de tous, il leur a dit qu'il serait mieux dans cette classe que dans une classe régulière. Il leur a expliqué que parfois, il avait besoin de plus d'espace que les autres, de lieux où il pouvait se sentir en sécurité. Puis, il a renchéri en leur disant qu'il était content d'avoir pu visiter sa classe et rencontrer sa nouvelle enseignante, car il craignait de devenir anxieux pendant l'été en raison du changement d'école. Il a dit se sentir apaisé grâce à la visite.

Quand je suis allée le chercher pour le dîner cette journée-là, il m'a raconté son avant-midi avec madame S. et m'a expliqué qu'il avait eu une excellente nouvelle : Madame S. lui a promis que s'il s'ennuyait de ses amis l'an prochain, elle organiserait une visite à son école. Elle lui a dit que l'important pour elle était de rendre les enfants heureux et que si son bonheur à lui dépendait de ces visites, elle se chargerait de les organiser.

Aujourd'hui, mon fils a hâte de changer d'école. Comme sa seule crainte était de perdre ses amis de vue, il a été rassuré et n'envisage plus ce changement comme une épreuve. Il sait maintenant qu'il y a quelqu'un, dans sa nouvelle école, qui s'occupera de son bonheur.

Si vous m'aviez dit il y a quelques mois que les choses s'amélioreraient entre le système scolaire et moi, je ne vous aurais pas cru. Aujourd'hui, j'admets que cette classe sera beaucoup plus adéquate pour mon fils qu'une classe régulière. Et honnêtement, j'ai l'impression qu'il y vivra beaucoup plus de réussite et qu'il sera mieux compris dans ses besoins particuliers.

Et maintenant que le dossier scolaire est réglé, nous pourrons enfin profiter de l'été!!! :0)

Bonne vacances!!!


mercredi 20 juin 2012

Des fleurs et des mots


Fin d'année est synonyme de « cadeau de fin d'année » pour les enseignants. Chaque fois, je ne sais pas trop quoi offrir ou quoi NE PAS offrir.

Bien sûr, cette année, nous n'avions pas que l'enseignante à remercier. Nous avions aussi les deux accompagnatrices de Fiston Tupperware qui ont été avec lui pas à pas toute l'année durant. L'une d'entre elles, Madame C., a été là de janvier à juin. La deuxième, Madame J., n'aura été auprès de lui que depuis le départ de celle qui nous a quittés il y a trois semaines. Je tenais à souligner le travail des deux.

Puis, contre toute attente, j'ai eu envie de remercier la direction. (Oui oui, vous avez bien lu!) Malgré tous les combats, toutes les rencontres de plan d'intervention et tous les entretiens téléphoniques, je me serais sentie bien ingrate de ne pas remercier la directrice de l'école. Malgré nos désaccords et nos discussions houleuses, nous avons tout de même réussi à travailler ensemble pour trouver des solutions. Nous avons appris à travailler ensemble pour le bien de mon fils et cela, je serais bien effrontée de ne pas le reconnaître.

Aujourd'hui, je comprends mieux les contraintes du milieu scolaire, tant au plan budgétaire qu'au plan des ressources humaines disponibles. Je comprends mieux qu'il ne soit pas facile pour les enseignants et le personnel éducateur d'ajuster leur travail en fonction des besoins de tous les enfants. Défis ou pas.

Ceci étant dit, je voulais offrir un présent représentatif de ce que je ressentais à leur égard. Je ne voulais pas donner de papeterie ou de crayons de couleur. Je ne voulais pas non plus offrir de produits trop personnels ou de trucs qui se seraient retrouvés à la poubelle. J'ai donc opté pour deux choses : des fleurs et des mots.

Chacune de ses femmes a donc reçu une rose et c'est quelques mots :

« On ne voit bien qu'avec le cœur. L'essentiel est invisible pour les yeux. »

Bonne fin d'année scolaire à tous!


mercredi 13 juin 2012

6 jours


Il ne reste que 6 jours! 6 jours de classe et les vacances commencent pour Fiston Tupperware! Plus de devoirs, plus de leçons! Les vacances quoi!

Et alors que c'est lui qui devrait compter les dodos, et bien c'est plutôt moi qui raye les journées une à une! C'est moi qui lui rappelle chaque matin que ça achève... et c'est lui qui me réponds : « Ben oui Maman! Je l'sais! »

Chaque matin avant son départ pour l'arrêt de bus, je lui souhaite de passer une belle journée et d'avoir du plaisir. Point final. Je lui rappelle de s'amuser et de profiter de chaque journée. Il trouve ça très drôle! Il se demande bien ce qui se passe avec sa maman!

Il n'y a pas si longtemps, je lui demandais aussi de faire beaucoup d'efforts, de faire de son mieux pour rester en classe et surtout de s'arranger pour que je n'aie pas à aller le chercher à l'école. Je le bombardais bien sûr d'encouragements : « Tu es capable! Tu vas réussir! Go get them Tiger! » Allô la pression!

Mais tout ça est terminé! L'important maintenant n'est plus de savoir si oui ou non il restera en classe, mais bien de lui souhaiter que chacune de ses journées soit belle. Je me fou de ce que les gens pensent. L'important pour moi c'est qu'il ait un sourire au visage le matin, le midi et le soir.

Certains diraient peut-être que je traverse tranquillement les étapes du deuil. Après le déni, la colère, la culpabilité et la dépression, peut-être est-ce vrai que l'acceptation finit par se pointer?

Je ne sais pas où nous sommes rendus avec tout ça, mais une chose est certaine : lâchez prise (même si ça aura été long!) me permet maintenant de savourer chaque moment de ma vie avec mes enfants.

Et souvenez-vous : il ne reste que 6 jours et c'est les... VACANCES!!!!

Image internet
                     

dimanche 10 juin 2012

N'aie pas peur de demain


Ce n'est pas un secret. La vie file à une vitesse folle.

Que l'on soit parents ou pas, il faut parfois prendre le temps de s'arrêter pour faire un bilan de nos expériences, de nos réussites, de nos échecs... de notre vie. Il faut savoir reconnaître nos bons coups, mais aussi être assez humble pour reconnaître nos erreurs et être assez intelligent pour ne pas les répéter.

Déjà deux ans que Fiston Tupperware est diagnostiqué avec un TDA-H de type mixte sévère, de trouble anxieux généralisé et de trouble oppositionnel avec provocation. Deux ans déjà qu'il est suivi par une équipe multidisciplinaire chevronnée. Deux ans que l'on tente de traiter ses difficultés avec les médicaments les plus efficaces sur le marché. Deux ans que je suis derrière lui pour le supporter dans ses apprentissages et que je suis devant lui pour ouvrir les portes derrière lesquelles se cachent des ressources qui pourraient lui être utiles. Deux ans....Deux ans...

Ceci étant dit, il n'y a pas une journée où je me suis dit que nous ne trouverions pas une solution, un outil ou un cocktail pharmacologique qui l'aiderait à être un enfant comme les autres. J'y ai cru dès le début.

Aujourd'hui, je fais le bilan des deux dernières années et je suis face à un constat que je n'aurais pas pu faire alors que mon fils n'avait que 5 ans. Mon fils n'est pas comme les autres. Ses besoins sont différents. Pour le moment, il ne peut fonctionner dans un cadre scolaire régulier. Il a besoin d'être suivi étroitement par des spécialistes en santé mentale pour éventuellement trouver un traitement pharmacologique qui fonctionne et pour arriver à trouver exactement ce qui fait qu'il soit anxieux au point de se désorganiser lorsqu'il est en contexte de groupe. Il a besoin de faire de l'ergothérapie pour l'aider avec sa dyspraxie motrice et son trouble de la modulation sensorielle. Il a besoin d'une psychologue pour mettre en mots les tempêtes qui saccagent son cœur et sa tête. Il a besoin de moi, pour s'orienter entre tous ces gens qui disent vouloir son bien. Il a besoin de moi, comme tous les enfants ont besoin d'une maman.

Je ne sais pas de quoi demain sera fait pour lui, mais aujourd'hui je n'ai plus peur comme hier. La vie le mènera là où il doit aller et je serai près de lui pour lui montrer qu'il n'y a pas de raison d'avoir peur.

lundi 4 juin 2012

Qu'as-tu lu Maman Tupperware?


Depuis la création de mon blogue il y a bientôt un an, bien des parents se sont adressés à moi avec une question bien simple : que pourrais-je donc bien lire pour apprendre à vivre avec mon enfant différent?

Cette question n'est pas simple. La seule chose que je puisse faire est de vous suggérer les ouvrages que j'ai moi-même pris le temps de lire (soit en entier, soit en diagonale!)

Comprenez ici que Fiston Tupperware souffre d'un TDA-H sévère de type mixte, d'un trouble d'anxiété généralisée et du trouble de provocation avec opposition. J'ai donc bien sûr concentré mes recherches sur ces troubles afin de dénicher des outils, des trucs et des astuces qui puissent faciliter son quotidien et le nôtre.

Ma première lecture fût « Mon cerveau a besoin de lunettes » écrit par la Dre Annick Vincent, psychiatre spécialisée en trouble du déficit de l'attention chez l'enfant et l'adulte. J'en ai aussi profité pour lire « Mon cerveau a encore besoin de lunettes », écrit par la même auteure et qui traite du TDA-H chez l'adulte. Fiston Tupperware a lu le premier ouvrage à quelques reprises et cela semble avoir facilité sa compréhension du TDA-H. Un langage clair, des explications simples et des images qui représentent bien ce qui se passe dans la tête de l'enfant.


Ensuite, j'ai lu « C'est parents à bout de souffle » de Suzanne Lavigueur, qui est la suite logique du livre « C'est enfant qui bouge trop » de Claude Desjardins. Le livre de Mme Lavigueur vise à conseiller les parents sur les stratégies à mettre en place afin de faciliter la relation avec l'enfant qui souffre de TDA-H et son parent. D'un chapitre à l'autre, je me suis facilement reconnue dans les exemples énoncés et j'ai pu rapidement utiliser les solutions présenter pour obtenir un changement dans ma relation avec mon fils. C'est dans ce livre que vous trouverez la technique du 1-2-3 qui permet d'amener l'enfant à cesser rapidement un comportement dérangeant. Écrit clairement, ce livre permet d'accepter que de vivre avec un enfant souffrant de TDA-H demande un investissement important du parent, et déculpabilise ce dernier par rapport aux émotions qu'il vit face à son enfant. C'est de loin le livre que je recommande le plus aux parents qui vivent des difficultés et qui cherchent des solutions.



Finalement, j'ai lu « Mon enfant s'oppose. Que dire? Que faire? » de Gisèle George. Cet ouvrage m'a été très utile pour développer des stratégies visant à diminuer les épisodes d'opposition entre Fiston Tupperware et moi. Il m'a aussi permis de découvrir le jeu des points bleus qui, une fois bien maîtrisé, devient un outil ultra-efficace pour diminuer les conflits et amener l'enfant à développer sa propre autonomie face aux tâches à accomplir.



Bien sûr, ces livres sont utiles pour les parents d'enfants qui souffrent des différentes problématiques énoncées. Par contre, ils peuvent aussi très bien servir aux parents qui cherchent simplement à instaurer une discipline constante, claire et aimante.

Bonne lecture!

dimanche 3 juin 2012

Jamais je n'abandonnerai


Il a des moments où il est difficile de concevoir ce qui nous arrive.

Après l'annonce du départ précipité de la TES de notre fils, la semaine a été plutôt difficile. C’est enchaîné une série des rendez-vous : un rendez-vous de suivi en ergothérapie, un rendez-vous d'urgence en pédopsychiatrie, une rencontre avec la direction de l'école... Bref, tout pour ne pas avoir le temps de prendre du recul et évaluer pleinement la situation.

À la lumière des explications fournies par l'école, qui rappelons-le nous demande de venir chercher notre fils après le dîner, faisant ainsi en sorte qu'il ne soit plus scolarisé l'après-midi, nous comprenons que leur principale problématique avec notre fil est plutôt banale : notre fils parle trop en fin de journée. Il devient agité et a de la difficulté à s'autocontrôler. Il ne frappe pas, ne blasphème pas, ne lance pas d'objet. Il parle. Trop fort.

Le plus difficile dans tout ça est de savoir qu'il y a d'autres enfants qui sont plus agités ou plus dérangeants que notre fils, mais que ces enfants n'ont pas le support parental que nous offrons à notre enfant. Au fil des rencontres avec la direction, j'ai fini par comprendre que les enseignants de tous les niveaux ont des cas problématiques d'enfants avec des TDA-H ou des troubles de comportements, mais que leurs ressources sont plus que limitées et donc, lorsque des parents comme nous collaborent avec l'école, nous devenons pour eux une ressource. (Gratuite en plus!)

Bref, avec le recul, nous sommes venus à la conclusion qu'il n'y a que deux façons de gérer ce qui nous arrive : se battre intelligemment en gardant en tête que notre enfant a le droit d'être scolarisé comme les autres... ou abandonner, en se disant qu'après tout, il ne reste que trois semaines à l'année scolaire.

Ceux qui me connaissent savent bien quelle option je choisirai...

Jamais je n'abandonnerai.


lundi 28 mai 2012

Point final


"Vous savez Maman Tupperware, nous sommes ici aujourd'hui pour trouver une solution. Avec l'annonce du départ précipité de Madame B., vous comprendrez que nous devons faire preuve de beaucoup de créativité pour maintenir Fiston Tupperware en classe jusqu'à la fin de l'année. Nous sommes aussi contrariés que vous de cette mauvaise nouvelle, surtout avec si peu de temps de préavis. Ceci étant dit, afin de nous assurer que Fiston demeure en zone de confort, nous allons tenter de trouver quelqu'un pour remplacer son accompagnatrice. Comprenez toutefois qu'à 4 semaines de la fin des classes, ce ne sera pas chose facile. Comme habituellement il devient plus difficile de maintenir votre fils en classe après la période du dîner, voici ce que nous proposons : serait-ce possible qu'il ne fréquente l'école que le matin? Étant la période où il est le plus disponible pour faire des apprentissages, il ne serait pas pénalisé et vivrait plus de réussite que si nous le gardions toute la journée. De mon côté, je tenterai de trouver de l'accompagnement en avant-midi auprès des employés du service de garde et Madame C. (l'autre accompagnatrice) sera là elle aussi pour couvrir une petite partie de l'avant-midi. Comme Fiston dîne avec Madame C., nous le garderions à l'école jusqu'à la fin de l'heure du dîner. Ainsi, il pourra jouer avec ses amis avant de repartir pour la maison. Qu'en pensez-vous?"

Euh... Ce que j'en pense?

Je n'en pense rien, madame la directrice. Je pense que la scolarisation au Québec est obligatoire jusqu'à l'âge de 16 ans et que si l'école n'est pas en mesure de maintenir un enfant à l'école pendant les périodes de classe et bien c'est à la direction ou à la commission scolaire de s'assurer qu'il sera scolarisé, même si cela implique de fournir un enseignant à la maison.

Ceci étant dit, ma priorité n'est pas de me battre contre le système scolaire, mais bien de me battre pour que mon enfant soit bien. Je ne sais pas du tout comment Fiston Tupperware prendra la nouvelle de ses heures de fréquentation scolaire réduites, mais je sais que moi, je préfère le savoir bien avec moi plutôt que mal avec vous. Je sais qu'il lui sera bénéfique d'être dans un milieu où il se sent en sécurité et où il pourra relâcher un peu la pression. Je sais aussi qu'il trouvera bien injuste de ne pas pouvoir participer aux projets de fin d'années qui sont habituellement élaborés en fin de journée et qu'il n'appréciera pas du tout d'apprendre qu'il perdra quelques cours de musique. Il se demandera sûrement pourquoi diable madame B. le quitte sans préavis et pourquoi il est le seul enfant d'une école de 600 élèves qui ne peut aller à l'école comme les autres.

Au final, nos combats se seront avérés vains. L'année scolaire 2011-2012 n'aura fait aucun gagnant. Ni l'école, ni mon fils.

Après une classe de répit, de l'accompagnement mur à mur et des plans d'interventions qui n'en finissent plus, notre fils sera demeuré un mystère pour tous ces intervenants qui nous demandaient de leur faire confiance.

Nous vous avons fait confiance. Vous nous avez déçus. Point final.