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Je suis comme toutes celles que vous connaissez. Je pourrais être votre soeur, votre amie, votre collègue ou simplement votre voisine. Ici, je vous parle de mon quotidien et de celui de ma famille pour mettre un peu de lumière sur la vie avec un enfant différent! mamantupperware@hotmail.ca
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jeudi 30 janvier 2014

Celle que je voulais être...


Quand j'ai eu Fiston Tupperware, j'avais une image très claire de ce que je voulais être comme maman.

Je voulais être attentive, douce, calme et présente tant physiquement que mentalement.

Je voulais être celle qui soigne les blessures, qui sèche les larmes, qui conduit aux activités, qui donne le bain tous les soirs et qui raconte l'histoire avant le coucher.

Je voulais cuisiner des collations pour les amis de la garderie, accompagné aux sorties éducatives et devenir bénévole à l'école.

Je voulais être celle qui fait les lunchs, qui prépare les sacs à dos, qui vérifie le calendrier scolaire et qui n'oublie jamais la journée jouet.

Je voulais être celle sur la ligne de côté qui tend les bouteilles d'eau, encourage avec ardeur, félicite les réussites et réconforte les petits cœurs brisés par la défaite.

Je voulais être celle qui répond lorsqu'on l'appelle, qui accourt dès qu'on la réclame et qui règle les petits et gros dossiers de la vie de ses héritiers.

Je voulais être celle qui, peu importe l'heure du jour ou l'orientation du vent, serait tirée à quatre épingles et prête à affronter toutes les éventualités.

Puis... j'ai découvert la réalité.

Je suis une maman.

J'ai le droit d'être impatiente quand j'ai répété la même consigne 212 fois.

J'ai le droit de donner congé de bain le vendredi parce que mon dos a parfois besoin de repos et que personne n'est jamais mort d'un congé de bain!

J'ai le droit de ne pas lire d'histoire tous les soirs parce qu'aller se coucher après avoir écouté la télé collée ce n'est pas pécher.

J'ai le droit de mettre des pattes d'ours du commerce dans le lunch de mes enfants si je suis trop fatiguée pour allumer le four et popoter.

J'ai le droit de ne pas être partout tout le temps pour mes enfants.

J'ai le droit de prendre du temps pour moi et de parfois confier les soins de mes descendants aux gens qui nous entourent.

J'ai le droit d'être humaine et de ne pas trop savoir ce que je fais, où je m'en vais et comment tout cela va finir.

J'ai (surtout) le droit de revoir le genre de mère que j'ai vraiment envie d'être.

Parce qu'à force de vouloir être parfaite, j'ai (presque) fini par oublier le plus important : apprendre le bonheur à mes enfants.



dimanche 15 décembre 2013

Hospitalisation de Minnie ::: Jour 9


Dimanche matin. Il est 6 h. Les corridors de l'unité sont silencieux. Je me dirige tranquillement vers l'unité néonatale pour aller allaiter Minnie.

Un pichet d'eau à la main et l'oreiller encore estampés au visage, je suis un peu comme un automate. Mon corps sait où il s'en va, mon esprit peut donc un peu être ailleurs.

Je passe les premières portes de l'unité, je dépose mon pichet, je me lave les mains et j'enfile une jaquette jaune. Puis, je me dirige vers l'isolette de ma fille.

Une fois près d'elle, je la regarde : lunette de protection et photothérapie en cours. Même si je sais que tout cela est nécessaire, je voudrais tout lui enlever d'un coup et sortir d'ici. Mais je ne le ferai pas.

L'infirmière me résume la nuit de Minnie : rien de neuf sous le soleil! (ou les lampes, c'est comme vous voulez!). Quelques désaturations qui ne nécessitent pas d'assistance et un teint ictérique qui tend à diminuer. L'état de Minnie est stable.

Séance d'allaitement puis retour sous les lampes. Une prise de sang sera faite plus tard pour nous dire si la jaunisse tend à régresser et si nous pouvons (encore une fois) cesser la photothérapie.

C'est la deuxième fois que je vis l'hospitalisation d'un bébé prématuré. Malgré cela, je ne m'y habitue pas. Vivre à l'hôpital c'est être confronté à la solitude et (donc) à mes pires angoisses.

Je mange seule, je dors seule... je parle (presque) seule.

Je connais les employés par leur nom, je reconnais les autres parents de l'unité où Minnie est hospitalisée ainsi que leurs histoires. Une solidarité s'installe tranquillement. Les mots d'encouragements et les regards compatissants aussi. Dans nos regards, une seule interrogation : mais quand sortirons-nous donc d'ici?

Je suis chanceuse, j'ai un bon réseau de soutien et beaucoup d'amis pour continuer à m'encourager. Je ne suis pas en détresse psychologique, mais si cela advenait, j'aurais de l'aide rapidement. Je dois toutefois admettre une chose : Minnie va bien et sortira avant bien des bébés présents à l'unité néonatale en ce moment.

Pour certains, 9 jours est vite passé. 9 jours à Cuba oui, mais pas 9 jours dans un hôpital. Pas 9 jours à te faire des scénarios tous plus catastrophiques les uns que les autres. Pas 9 jours à avancer de deux pas pour ensuite en faire un de recul. Pas 9 jours à se demander quand diable on pourra remettre les pieds chez soi et serrer TOUS nos enfants dans nos bras.

Par contre, j'ai réalisé que d'être ici c'est vivre dans une bulle fermée. J'hésite même parfois à regarder dehors ou à téléphoner chez moi par crainte de briser cet univers blindé qui me protège de mes émotions.

Je vis chaque heure une à la fois, et j'espère de tout mon cœur que notre séjour achève, que nous pourrons enfin rentrer chez nous et reprendre notre petite vie de famille. Mes enfants et Papa Tupperware me manquent terriblement...

Minnie avec ses lunettes de protection!
**La photothérapie a pu être cessée en fin d'avant-midi!**

dimanche 17 novembre 2013

Le recul


Fiston va bien. Très bien. Un peu comme si les dernières semaines n'avaient jamais eu lieu. Un peu comme si on venait de se réveiller et que rien de tout cela ne s'était passé.

Fiston est plus calme, plus posé. Il accepte de faire ses devoirs sans s'opposer, il accepte qu'on limite son temps de jeu vidéo, il arrive à se concentrer pour faire du dessin pendant plus de 5 nanosecondes et il arrive même à se raisonner lui-même quand il sent la colère monter.

Je me sens presque déstabilisée.

Avec le recul, je suis plus en mesure de faire le bilan de ce qui a pu le désorganiser dans les dernières semaines et ça me rend triste. Vraiment triste.

La rentrée scolaire, la fréquentation du service de garde, l'arrivée de Minnie Tupperware, mon hospitalisation du mois d'octobre, ma fatigue et mon impatience y sont pour beaucoup. J'ai un peu l'impression d'avoir mal géré mes dossiers, ma vie, mes émotions et les siennes. Un peu comme si quelque part il y a 2 mois, tout avait dérapé, mais que j'étais trop prise un peu partout pour me rendre compte des répercussions que cela pouvait avoir sur mon enfant anxieux. Il aura fallu des larmes, des cris et un appel dedétresse pour me mettre sur la piste de la souffrance de mon enfant.

Aujourd'hui, avec le recul, je prends une part du blâme de ce qui nous est arrivé. Je reconnais que j'aurais dû prendre le temps de m'arrêter un peu, histoire de mieux préparer mon fils aux différents changements qui survenaient dans sa vie en quelques mois. J'aurais dû m'assurer de valider sa compréhension des événements et surtout de mesurer son anxiété face ceux-là. J'aurais du regarder un peu plus autour de moi plutôt que seulement devant moi.

Aujourd'hui, avec le recul, je crois que j'ai voulu me protéger moi-même des répercussions que pouvaient avoir ces changements sur ma propre vie. J'ai fait l'autruche en pensant que tout se passerait bien et que nous n'avions qu'à laisser le temps faire son œuvre. Pour un enfant anxieux, le temps qui passe est notre plus grand ennemi si les réponses aux questions ne viennent pas, si la réassurance se fait attendre.

Aujourd'hui, avec le recul, je comprends mieux le mode de fonctionnement de mon fils. Il a besoin d'être en relation avec moi. Il a besoin de sentir que je suis VRAIMENT là pour lui, quitte à remuer ciel et terre pour s'assurer de ma présence.

Aujourd'hui, avec le recul, je prends ma part du blâme, mais je ne laisserai pas ce blâme me pourrir la vie. Je suis humaine et comme chaque être humain j'apprends de mes erreurs. Je réajuste ma façon d'être et de penser et je continue d'avancer. Parce que la culpabilité ne sert rien et que demain est un autre jour.

Aujourd'hui, avec le recul, il n'y a qu'un constat possible : mon fils fait de moi une meilleure maman, jour après jour.

Image internet

mercredi 6 novembre 2013

La cassure


Mardi, j'avais beaucoup de choses à faire. Un rendez-vous pour des prises de sang, une visite chez un ami puis une dernière visite chez une autre amie pour aller chercher des trucs de bébés pour l'arrivée prochaine de Minnie Tupperware. (Que voulez-vous, à 31 semaines de grossesse, rien n'est prêt encore!)

C'est vers 11 h dans l'avant-midi que j'ai réussi à m'asseoir devant un excellent latte. Puis, au moment de prendre la première gorgée de mon succulent breuvage, mon cellulaire a sonné. Le temps que j'agrippe mon appareil, l'interlocuteur avait déjà raccroché. Malheureusement, j'ai le service d'afficheur d'appel. J'ai donc su immédiatement qu'il était fort probable que je ne termine pas mon café. C'était l'école.

Puis, la sonnerie a à nouveau retenti. C'était Papa Tupperware qui me demandait si je pouvais aller chercher notre fils à l'école. Étant au boulot, il ne pouvait pas se libérer. Fiston ne collaborait pas et il était impossible de le garder en classe ou même à l'école.

Bien sûr, j'allais y aller.

Sur le coup, j'étais très (trop?) en colère. Quand j'ai réussi à parler à une intervenante, j'ai été plutôt cinglante : je serais à l'école dans 30 minutes et je m'attendais à être accueillie par la psychoéducatrice et la direction. J'ajoutai que je voulais aussi que l'on mette tous les effets personnels de Fiston dans son sac à dos, car il ne retournerait pas à l'école avant la rencontre du plan d'intervention prévue à la fin de la semaine.

En arrivant à l'école, j'ai pu m'entretenir avec la psychoéducatrice. Je ne fus pas surprise des faits relatés. Fiston ne voulait pas collaborer et refusait de reprendre ses étapes (processus visant à réparer des gestes posés et étendus sur plusieurs journées). En résumé, Fiston devait travailler en parallèle pendant 3 jours et semblait cumulé de la colère. Au moment de sortir de classe il s'est mis à crier et à refuser tous les moyens mis à sa disposition pour gérer sa colère. À ce jour, je n'ai pas encore tous les détails, mais nous prévoyons éclaircir le tout vendredi prochain.

J'ai ensuite expliqué à la psychoéducatrice que je ne voyais pas la pertinence de laisser Fiston à l'école s'il n'en tirait aucun bénéfice et que les intervenants n'arrivaient plus à l'aider. J'ai ajouté que je prenais la décision de le garder à la maison jusqu'à la semaine suivante, le temps que tout le monde arrive à respirer un peu et à voir plus clair. Elle était d'accord avec moi, soulignant qu'une cassure entre le milieu scolaire et mon fils pouvait être bénéfique.

C'est donc avec un petit garçon triste et en colère que je suis revenue à la maison. Bien sûr, lui n'était pas content (et ne l'est toujours pas). Et moi... bien moi je ne sais pas trop.

D'un côté, je ne veux pas discréditer les interventions de l'école et de l'autre, j'ai besoin de savoir que mon fils est en sécurité au niveau psychologique. Il m'est inconcevable qu'on puisse laisser une enfant dans cet état et ne pas intervenir et comme j'ai ressenti que mes valeurs étaient ébranlées, j'ai préféré le retirer.

Je ne sais pas comment nous serons reçus à l'école vendredi prochain. Je ne sais pas si les intervenants nous jugent ou nous en veulent. Je ne sais pas non plus quel sera le plan pour réintégrer Fiston dans sa classe. Et pour être honnête, en ce moment, cela m'importe peu. Fiston est calme, il fait les travaux que je lui demande de faire (je découvre l'école à la maison!) et il n'a pas fait de colère depuis 24 h

Alors comme je le dis souvent : Un jour la fois, rien ne sert de vouloir aller plus vite.




*Le travail en parallèle consiste a pouvoir réintégrer la classe, mais à travailler dans sa bulle (entre deux paravents) et à ne pas pouvoir intégrer le groupe. Cette méthode a pour but de permettre aux autres enfants d'apprivoiser l'enfant qui a eu un comportement perturbateur et qui a provoqué de la peur chez les autres camarades de classe.

samedi 12 octobre 2013

Un baume sur le coeur de mes super héros... et sur le mien!


L'enfance, c'est cette période de la vie où tous les rêves sont permis, où rien n'est impossible. C'est ce moment où l'on a le droit de croire que l'on est qui l'on veut être, aussi irréaliste celui puisse être.

Depuis que je suis maman, je protège l'enfance de mes enfants. Je les encourage à rêver, à imaginer. Je participe à leurs jeux imaginaires et les laisse exprimer leur imagination à leur façon, que ce soit à la maison oui ailleurs.

Mes enfants adorent se déguiser, peu importe la période de l'année. Ce n'est donc pas rare que je sois accompagnée par Flash ou Iron Man à l'aréna plutôt que par Bébé Tupperware. Il n'est pas rare non plus que je sois réveillée le matin par Spiderman ou Capitaine América plutôt que par Princesse ou Fiston Tupperware. Nos enfants ont accès aux costumes d'Halloween à l'année, alors il serait bien difficile de leur dire de ne pas les utiliser n'est-ce pas?

Ces moments où mes enfants sont les héros qu'ils désirent être sont souvent les périodes de jeux les plus intenses, mais aussi les plus joyeuses, les plus agréables. Ce sont des moments passer en famille à s'inventer des scénarios et à se créer un monde qui leur appartient et auquel personne ne peut toucher.

L'enfance, c'est ça. C'est ne pas devoir se soucier du monde réel et pouvoir profiter pleinement des quelques années d'innocences qui leur sont accordées avant de plonger dans la vraie réalité.

Malheureusement, mes enfants ont goûté à une réalité un peu triste cette semaine. J'ai dû être hospitalisée et opéré d'urgence. J'ai donc quitté rapidement la maison ainsi que ma famille pour prendre soin de ma santé et pour m'assurer que ma grossesse se poursuive sans complication. Pas la peine de vous dire que malgré tout le courage de mes superhéros, les larmes ont coulé à flots. Malgré tout l'amour qu'ils ont reçu des gens qui nous entourent, rien n'aurait pu les rassurer autre que la présence de leur propre maman.

Hier, Bébé, Princesse et Fiston Tupperware sont venus me visiter à l'hôpital. Loin d'être un lieu chaleureux et accueillant, ma petite chambre n'avait rien de rassurant pour des enfants. J'avais toutefois prévu un petit moment d'enfance avec eux, en direct de mon lit d'hôpital.

Assis tous les 4 sur mon lit, j'ai offert à chacun de mes enfants une petite gâterie : un œuf KinderMD SurpriseMD! Pas la peine de vous dire que j'ai rapidement vu revenir leurs sourires. Ils ont tous les trois mangé leur chocolat et joué tranquillement avec leurs jouets de princesse et de super héros, oubliant ainsi l'endroit où nous nous trouvions et la tristesse que cela leur avait apportée.

Depuis que je suis maman, je m'efforce de protéger l'enfance de mes enfants. Malheureusement, certains événements ne sont pas sous notre contrôle et nous amènent parfois à leur faire vivre des émotions et des moments moins agréables. Par chance, cette fois-ci, les œufs KinderMD sont venus m'aider à mettre un baume sur le cœur de mes super héros... ainsi que sur mon cœur de maman!

Livraison spéciale des 48 œufs KinderMD SurpriseMD
pour le clan Tupperware!

La Princesse favorite de ma princesse!

Fiston Tupperware et moi

Princesse Tupperware et moi

Bébé Tupperware et moi!
(Il était tout sourire avant d'apprendre que je ne rentrais pas avec eux.)
 


« Divulgation : Je participe à la campagne des mamans KINDERMD, organisée par Mom Central Canada, et j'en retire quelques avantages. Les opinions exprimées sur ce blogue sont les miennes. »

lundi 23 septembre 2013

Moi, mes souliers...


Le jour où j'ai chaussé pour la première fois mes souliers, je l'ai fait sans broncher. J'ai d'abord cru que ça aurait pu être pire, que j’aurais pu me retrouver nu-pieds, mais qu'au lieu de cela j'avais mes propres souliers.

Mes souliers sont souvent trop étroits, me laissant parfois croire qu'ils ne sont pas vraiment à moi. Puis, soudainement, ils deviennent trop grands et me blessent à chaque pas. Quand j'ai voulu les retourner, on m'a dit que c'était impossible, que je devais les garder aux pieds. On m'a ensuite souhaité de ne pas trop les user...

Moi, mes souliers, ils ont peu voyagé. Malgré cela, mes semelles sont bel et bien usées. Usé d'avoir fait les cent pas, d'avoir fait du sur place, d'avoir défoncée les portes qui se trouvaient devant moi.

Moi, mes souliers, personne n'a vraiment envie de les porter. On les regarde, on les scrute, on les juge, mais jamais on ne les essaie. Puis, quand ils prennent trop de place, on me demande de les retirer, on les tasse dans l'entrée et on fait ce que l'on peut pour les ignorer.

Avant qu'ils soient si usés, je trouvais toujours quelqu'un pour me dire qu'au fond, mes souliers étaient bien utiles et me permettaient encore d'avancer. Puis, le temps a passé et on n'a plus voulu entendre parler de mes foutus souliers. On m'a laissé en plan, avec mes bottines percées et on m'a souhaité d'en trouver une autre paire. Plus belle, plus solide et surtout moins usés.

Mais vous savez quoi? Mes chaussures à moi, on ne les change pas comme ça!

Ce sont mes souliers usés qui témoignent de tous les sentiers parcourus, de tous les chemins défrichés. Ce sont mes souliers qui me rappellent chaque jour que même lorsque j'y étais à l'étroit, j'arrivais quand même à marcher. Ce sont mes souliers, aussi brisés soient-ils, qui m'ont permis d'explorer le monde de mon enfant différent. Ce sont ces souliers qui ont fait de moi la mère que je suis devenue aujourd'hui.

Alors avant de juger mes souliers et de me dire d'arrêter d'en faire l'éloge ou d'arrêter d'en parler, ayez le courage de venir y glisser vos pieds. Tenter de nouer les lacets sans qu'ils ne vous cassent entre les doigts. Faites le tour du pâté de maisons et sentez l'étroitesse sur vos pieds. Essayez de courir et sentez la rudesse du sol sur vos talons. Et quand cela sera fait... essayez de ne pas revenir sur les genoux, les chaussures pendantes autour du cou.

Moi mes souliers sont usés. Malgré cela je ne les changerais pas. Je vais les garder précieusement, comme on garde le souvenir d'un passage obligé, d'un parcours imposé. Et plus tard, quand mon enfant me demandera comment j'ai fait pour rester debout à ses côtés et sur mes deux pieds... je lui dirai que c'est moi qui avais les meilleurs souliers et je le remercierai de me les avoir mis aux pieds.

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jeudi 28 février 2013

Saisir chaque occasion


Cette semaine, je me suis fait plaisir.

Après avoir discuter avec une amie (Appelons-la Marie) sur mes compétences parentales et sur ma crainte viscérale de ne PAS être la meilleure personne pour être avec mes enfants 24 h sur 24, j'ai tenté le coup : je suis restée à la maison avec Princesse et Bébé Tupperware. Fiston Tupperware étant en relâche la semaine prochaine et donc à l'école cette semaine, ça me donnait du temps de qualité avec mes deux plus jeunes.

Je n'avais jamais pris la peine de demander à ma fille si elle préférait rester à la maison ou aller à la garderie. N'ayant jamais manifesté le désir de ne pas aller au CPE, j'assumais probablement que c'était pour elle plus agréable, plus stimulant. Même chose pour bébé Tupperware. Il n'a jamais fait de crise en arrivant à la garderie et a toujours été très heureux de retrouver son éducatrice et ses petits amis. Je n'allais quand même pas chercher de problèmes là où il n'y en a pas non?

Bref, mon questionnement sur le fait de rester ou non à la maison, même s'il vient principalement du fait que je veux donner le meilleur à mes enfants, ne m'avait jamais empêchée de mener ma barque... jusqu'à récemment. Mon arrêt de travail prolongé m'a amenée à me poser plusieurs questions et à me remettre en question. Pourquoi n'ai-je pas décidé de rester à la maison? Pourquoi est-ce que je m'inflige le stress matinal et de fin de journée? Pourquoi suis-je si triste quand je réalise tout ce que mes enfants sont capables d'accomplir alors que je ne suis pas là, avec eux, pour leur apprendre moi-même tout cela? Pourquoi ci? Pourquoi cela? Pourquoi c'est comme ça? (Avouez que vous avez le goût de fredonner??)

Malheureusement, ma réflexion est sans fin. Parfois je penche d'un côté, parfois je penche de l'autre. La seule morale que j'arrive à tirer de tout cela est d'accepter que même si rien n'est parfait (et ne le sera jamais!), je saisie chaque occasion que j'ai d'être avec eux. Quand je suis là, je suis TOUTE là.

N'est-ce pas le plus important?

Voici notre semaine en image!
 
Ça ne glisse pas longtemps hein Bébé Tupperware?


Bébé Tupperware voulait absolument un nez à son bonhomme!
 
 
Le Fort!
 
 
On fait des cabanes!
 
 
On décore des petits gâteaux!


Une chance que le glaçage était bon! Parce que les gâteaux eux...
 

Bébé Tupperware en réflexion dans un lieu stratégique!
(Il ne pouvait pas se sauver!!!)


Une grimace avec ça?
 

Le trône de Princesse Tupperware!
 
 
****Pssstttt!!! JE-SUIS-BRÛLÉE!!! :)))***

mercredi 6 février 2013

Ce que Princesse veut...


Grandir avec un enfant différent, ce n’est pas toujours facile. C’est difficile pour les parents, mais aussi pour la fratrie.  Ici, les difficultés ainsi que leurs répercussions se font de plus en plus évidentes. Et pour une maman, ce n’est pas toujours évident.

Avec les années, nous avons appris à fonctionner « au jour le jour » parce que tenter de voir au-delà de ça n’a jamais porté fruit et parce que chaque comportement difficile nous ramène souvent à la question de départ : faisons-nous ce qu’il y a de mieux? Pas uniquement pour Fiston mais aussi pour sa sœur et son frère.

Jusqu’à maintenant, Princesse Tupperware ne s’était jamais plainte des comportements de son frère aîné. Elle avait plutôt tendance à s’éloigner physiquement du lieu de la crise ou de simplement se réfugier dans son havre à elle : sa chambre. Puis, depuis quelques temps, quand la situation avec son frère devient explosive, elle continue à s’isoler le temps que la tempête passe, mais s’assure que Bébé Tupperware reste auprès d’elle. Elle l’entraîne avec elle dans sa chambre et s’occupe de le divertir. Elle lui lit des histoires, lui propose des jeux calmes et tolère même qu’il mette un peu le bordel dans ce lieu qu’elle entretien avec rigueur. Elle prend soin de lui, le temps que Maman ou Papa gère le grand frère.

Ce grand frère, Princesse Tupperware l’aime, mais elle le trouve souvent très (trop?) accaparent. Elle aimerait qu’il lui laisse un peu de place à elle aussi, parce qu’elle aussi, elle a le droit d’avoir l’attention de ses parents. Par chance, notre fille s’exprime très bien et nous le fait savoir quand nous lui devons du temps. Elle s’assure que nous ne l’oublions pas.

Le plus triste est que de vivre dans un contexte comme le nôtre a forcé notre petite princesse à devenir grande rapidement. Elle est clairement la plus autonome de nos enfants. Elle fait tout, toute seule, et sait exactement quoi faire au moment où elle doit le faire. Je n’ai souvent qu’à valider que tout est fait et à la féliciter pour toute l’aide qu’elle m’apporte.  Malgré cela, je trouve injuste la situation dans laquelle elle se trouve. En plus d’être l’enfant sandwich, elle est celle sur qui l’on compte déjà un peu (trop?).

Elle est celle à qui je demande d’être raisonnable et de comprendre que je voudrais faire mieux mais que j’en suis incapable. Elle est celle à qui, lorsqu’elle est en colère, je demande de se contenir un peu et de l’exprimer… calmement. Elle est aussi celle dont j’ignore parfois la colère…parce qu’elle n’est pas suffisamment explosive. Paradoxal non?

Notre princesse aura cinq ans dans quelques jours. En septembre prochain, elle entrera au préscolaire. Encore une fois, nous avons dû lui faire part d’une problématique qu’elle ne devrait pas avoir à gérer : le choix de son école. Avec elle, nous avons discuté de la possibilité d’intégrer l’école de Fiston, qui offre aussi un programme régulier. Elle en a semblé réjouit. Nous avons cru le dossier classé.

Puis, aujourd’hui, son éducatrice de garderie m’a annoncé que ma princesse lui avait exprimé le désir d’aller à son école de quartier. Elle veut rester avec ses amies. Légitime non?

Vivre avec un enfant différent, ce n’est pas toujours évident pour les parents, mais une chose est certaine, jamais je ne prendrai de décision allant à l’encontre des besoins de mes autres enfants. L’an prochain, nos matins demanderont beaucoup d’organisation, mais notre fille ira là où elle le désire. Parce qu’elle n’a pas à payer le prix de la différence de son frère.
 
 
 

Et vous? Auriez-vous pris la même décision que nous?

lundi 4 février 2013

Je ne me souviens pas de toi


Le jour où tu es né, j'ai promis à qui voulait l'entendre que je serais toujours là pour toi, que tu pourrais compter sur moi.
J'ai juré à qui voulait l'entendre que tu serais un enfant spécial, plein de vigueur et un peu moqueur.
J'ai chanté à ton oreille toutes les louanges qu'une mère peut porter dans sa voix, même si tu ne m'écoutais pas.
J'ai écrit chaque jour de ta vie dans un livre spécialement conçu pour toi, pour que tu saches que je n'avais rien manqué de toi.

Et malgré cela, je ne me souviens pas de toi.

Je t'ai nourri moi-même à chacun de tes repas, pour que tu grandisses vite et que tu ne manques de rien.
J'ai accouru vers toi chaque fois où je t'ai entendu m'appeler... même si ce n'était pas pour te sauver d'un éventuel danger.
J'ai pansé tes blessures imaginaires, celles-là mêmes qui n'ont jamais bleuies ou même saignées.
J'ai pourchassé les monstres sous ton lit, armé d'un balai et d'une passoire, pour que tu n'aies pas peur du noir.
J'ai laissé la porte de ta chambre ouverte chaque soir, pour que tu puisses m'entendre encore un peu avant de t'endormir.
Je t'ai bercé des heures pour te réconforter, pour t'apaiser alors qu'au fond, parfois, c'est moi qui avais le plus besoin de toi.

Et malgré cela, je ne me souviens pas de toi.

Je t'ai acheté de beaux habits pour que tu puisses être fier et souriant en allant voir tes grands-parents.
Je t'ai offert toutes les activités possibles, pour t'aider à rester fier et souriant, pour que tu te sentes toujours un peu plus grand.
Je t'ai accordé tout mon temps pour dessiner, bricoler et cuisiner parce que tu voulais tellement toujours faire comme les grands.

Et malgré cela, je ne me souviens pas de toi.

Je me souviens de tes grands yeux noirs, de tes cheveux bouclés et de ta moue qui me faisait craquer.
Je me souviens de tes éclats de rire lorsque je m'amusais à déposer des bisous dans ton cou en te retenant contre moi.
Je me souviens de tes yeux rieurs quand, avec ton papa, tu jouais à qui m'aimait le plus... Jeu auquel tu gagnais haut la main d'ailleurs!

Je me souviens de tout... et malgré cela, je ne me souviens pas de toi.

Je t'ai perdu le jour où j'ai oublié que j'avais juré que tu serais un enfant spécial... Le jour où je me suis laissé convaincre que tu étais spécial au point où je devais prendre les choses en mains et cacher l'essence même de ta personnalité.
Je t'ai oublié le jour où j'ai trop pensé à ce qui pouvait t'arriver si je ne t'aidais pas à tempérer tes éclats, qu'ils soient de rire ou de fracas.

Deux ans déjà que notre monde à changé de couleur, qu'il a perdu de sa saveur.
Et avec tout cela, toi, te souviens-tu de moi?

lundi 10 décembre 2012

La voix de leur enfance


Je chante mal.

C'est comme ça! Je n'y peux rien! Sur une échelle de talent de 0 à 10... je suis à (-12)... Et même si je m'exerce régulièrement (seule dans ma voiture) je ne m'améliore pas! Que voulez-vous? Il y a des limites au talent!

Ceci étant dit, aux oreilles de mes enfants, il semble que j'ai la voix la plus réconfortante au monde puisqu'ils ne se lassent jamais de m'entendre chanter leurs berceuses favorites.

Chaque soir, à tour de rôle, je leur chante à voix basse une berceuse ou une comptine afin de les aider à s'endormir. Chacun d'eux me regarde droit dans les yeux pendant que j'entonne les petites ritournelles. Une main posée sur leurs cheveux et mon visage près du leur, je leur chante tout l'amour que j'ai pour eux.

Une fois mes enfants endormis, peu m'importe de ne pas avoir le talent de Céline ou de Marie-Mai parce que je sais que pour toujours je serai la voix de l'enfance de mes trois amours!
 
Photo internet
 

dimanche 11 novembre 2012

Et la médaille est décernée à...


. à moi!

Eh oui! Vous ne le savez peut-être pas, mais je suis une championne! Une vraie! Que l'on amène le podium et que l'on me remette enfin la médaille d'or!

Mais quelle médaille d'or me direz-vous? Et bien celle de la rationalisation. Celle de ma capacité phénoménale à rationaliser tous les événements de ma vie. Ma capacité, une fois les enfants couchés, à classer les choses en différentes catégories pour ensuite décortiquer chacune d'elles et me faire un portrait un peu trop détaillé des « ce que j'aurais dû dire », « ce que j'aurais du faire », « ce que j'aurais dû penser »... ou « ce que j'aurais VRAIMENT dû laisser faire! »

Certains croient peut-être que de rationaliser chaque parcelle de ce que l 'on vit a l'avantage de permettre à celui qui rationalise d'apprendre de ses erreurs... Eh bien non! Du moins, pas dans mon cas!

Je sais reconnaître que je ne suis qu'une pauvre mortelle n'ayant que deux mains et donc que le lavage peut attendre, mais dans mon petit cœur, je suis déçue. Je sais reconnaître qu'il est normal pour un parent (d'enfant différent ou pas!) de perdre patience et d'opter pour des comportements qui ne plairaient pas à Dre Nadia, mais chaque fois que j'opte pour un de ses comportements, je suis déçue! Je sais qu'il faut être moins exigeants envers soi-même et apprendre à déléguer et à demander de l'aide, mais chaque fois que je délègue ou que j'avoue être dépassée, je suis déçue!

Je suis déçue parce que je sens que mes compétences organisationnelles sont déficientes, que mes compétences parentales ne sont pas au point et que ma capacité à respecter tous les engagements qui viennent avec le fait d'avoir une famille a des failles.

Ma capacité à rationaliser ce que je fais (ou ce que je ne fais pas) me permet souvent d'aider ceux et celles qui ont de la difficulté à le faire, mais m'empêche aussi d'être en contact avec mes propres émotions, mes propres déceptions.

Ma tête sait que je ne suis pas parfaite, mais mon cœur lui, ne l'accepte pas! Maintenant... quelqu'un peut m'expliquer comment on peut réparer ça?

mercredi 7 novembre 2012

Tu viens jouer?


- Maman? Tu viens jouer?
- Oui, dans un instant. Je termine de ranger et j'arrive!

15 minutes plus tard...

- Maman? Tu viens?
- Ce sera pas long. Je range les vêtements et j'arrive.

15 minutes plus tard...

-Mamaannnnn??? On t'attend!
- Oui oui! Deux secondes, je dois mettre une brassée dans la sécheuse, sortir le souper de demain du congélateur, partir le lave-vaisselle, ramasser le comptoir de la salle de bain et j'arrive! Commencez et je vous rejoins!

15 minutes plus tard...

- Je suis là! Oh my! Avez-vous vu l'heure? On joue 5 minutes et c'est l'heure des bains!

Visages tristes x 3... cœur de maman dans la compote x 1000!

Je sais, je ne suis pas la seule à qui ce genre de chose arrive. C'est toujours plein de bonne volonté que je me dépêche à faire quelques petits trucs pendant que mes enfants jouent (ou plutôt m'attendent pour jouer!)

Je vous l'ai déjà dit, je ne suis pas une « joueuse ». J'essaie de jouer, mais j'ai beaucoup de difficulté à suivre l'imagination débordante de mes descendants directs. À trois, un simple jeu avec des voitures et des figurines devient une aventure sans queue ni tête qui nous amène à mille lieues de l'histoire de départ. Détrompez-vous, j'adore le fait que mes enfants soient créatifs, mais cette créativité vient directement de leur insouciance d'enfant...Insouciance que je n'ai plus (malheureusement!).

Ce soir, je les ai fait attendre. Ce soir, ils ont joué seuls. Ils ne sont pas morts et n'ont pas manifesté de séquelles psychologiques évidentes, mais j'ai vu la déception dans leurs regards. Alors au même titre où je planifie les rendez-vous et les activités sportives, je vais dorénavant planifier du temps de jeux avec eux. Des jeux à leur image, selon leur goût, et ce, sans les faires attendre!

Au diable la lessive! Ils ne seront enfants qu'une seule fois non?

lundi 3 septembre 2012

Ce qu'une mère ne veut pas entendre...


Quand les bébés grandissent, on a hâte de les entendre parler. On porte attention à chacun de leurs babillages et tentons d'y déceler les premiers mots, aussi mal prononcés soient-ils! Puis, vient le premier « maman », le premier « papa », le premier « encore », le premier « NON! »... Bref, quand le bébé parle, on est content.

Graduellement, les babillages sont devenus des mots et ensuite des phrases. Le premier « Je t'aime » demeure à mon avis le moment le plus émouvant de ma carrière de maman!

Malheureusement, viennent aussi des mots que l'on préfèrerait ne pas entendre. Des mots, des phrases que l'on n’aurait jamais pu croire entendre de la bouche de l'enfant qui, autrefois, n'était encore qu'un bébé.

Fiston Tupperware est agile avec les mots. Ils parlent depuis l'âge de 6 mois (Difficile à croire mais totalement véridique!). De fil en aiguille, il a découvert le pouvoir des belles paroles, ainsi que celui des plus horribles.

La semaine passée, après un retour de l'école plutôt mouvementé, j'ai demandé à mon garçon d'effectuer sa tâche, c'est-à-dire sortir le recyclage. Habituellement, il le fait avec le sourire sachant bien qu'il sera rémunéré pour avoir effectué ladite tâche, mais pas ce soir-là!

C'est avec force qu'il a refusé de s'exécuter, prétextant que j'abusais de lui, que je ne demandais rien à sa sœur et à son frère. En colère, il m'a regardée droit dans les yeux et m'a dit : « Dans le fond, tu m'aimes pas! Tu me demandes toujours des services! T'es toujours fâché après moi! Tu me détestes! T'aurais jamais dû me mettre au monde!!!! »

Fiston Tupperware a un trouble d'opposition avec provocation en plus de son TDA/H et de ses troubles anxieux. Une fois en colère, rien ne l'arrête. Il nous tiendra tête jusqu'à l'épuisement. Bien sûr, je suis l'adulte et je comprends bien ses différents troubles. Je sais qu'il faut ignorer ce type de comportements et attendre que la tempête se calme avant d'intervenir. Je sais que si je réponds à ce genre de propos, nous serons tous les deux en escalades de colère et que cela n'est pas souhaitable. Mais même si je sais tout ça, mon cœur de maman se tord chaque fois où les mots qui sortent de sa bouche deviennent plus tranchants qu'une lame de rasoir.

Et même si ses excuses sont directement proportionnelles à la blessure, je me dis qu'une mère ne devrait pas entendre ce genre de chose. Je me dis parfois que je préférais ses babillages de bébés à ses colères d'enfant différent.
 

lundi 2 juillet 2012

Merci Madame J!


Il n'y a pas si longtemps, je ressentais le besoin d'écrire tous les jours. J'avais besoin de mettre en mots toutes les émotions et les états d'âme que suscitaient les problématiques de Fiston Tupperware. Aujourd'hui, c'est le calme après la tempête, le repos du guerrier... C'est les vacances.

Je ne sais pas si c'est simplement le fait qu'il ne soit plus à l'école, mais depuis plus de 10 jours, fiston Tupperware est heureux et il est bien. Il fréquente le camp de jour depuis la semaine passée sans aucune fausse note, il effectue ses tâches quotidiennes à la maison et il est capable d'identifier les moments où il est anxieux. Pas de crise. Peu d’opposition. Un enfant heureux, comme tous les enfants heureux que je connaisse.

Ceci étant dit, j'ai mis plus de temps que lui à décrocher.

Vendredi dernier, lors d'un souper improvisé chez une amie, la vie m'a fait un beau cadeau. Elle a mis sur ma route une femme, une enseignante, qui travaille à l'école que fréquentera Fiston en septembre. Elle enseigne aux enfants un peu plus vieux que notre fils et connaît bien le programme de soutien émotif qu'il fréquentera.

Ai-je vraiment besoin de vous dire que j'ai posé à cette pauvre âme les 22 000 questions qui me flottaient dans la tête?

Ai-je vraiment besoin d'ajouter que je lui ai aussi fait part de mes 44 millions d'inquiétudes?

Et bien, croyez-le ou non, cette enseignante à fait chuter mon anxiété le temps d'un souper. Elle a pris le temps d'expliquer et de réexpliquer les aléas du programme, tout en me rassurant sur la qualité de l'enseignement qui y est dispensé. Elle ne m'a pas laissé croire que mon fils entrait dans une autre dimension. Elle a été franche et m'a permis de mieux niveler mes attentes.

À la fin du souper, j'ai senti que je pouvais enfin lâcher prise, que mon enfant serait bien là où il s'en allait.

Maintenant, il ne me reste plus qu'à réapprendre à savourer chaque instant de ma vie et de vivre chaque « moment présent » pleinement.

Maintenant, je peux respirer sans gêne et je peux dormir sans crainte.

Merci Madame J.!


dimanche 10 juin 2012

N'aie pas peur de demain


Ce n'est pas un secret. La vie file à une vitesse folle.

Que l'on soit parents ou pas, il faut parfois prendre le temps de s'arrêter pour faire un bilan de nos expériences, de nos réussites, de nos échecs... de notre vie. Il faut savoir reconnaître nos bons coups, mais aussi être assez humble pour reconnaître nos erreurs et être assez intelligent pour ne pas les répéter.

Déjà deux ans que Fiston Tupperware est diagnostiqué avec un TDA-H de type mixte sévère, de trouble anxieux généralisé et de trouble oppositionnel avec provocation. Deux ans déjà qu'il est suivi par une équipe multidisciplinaire chevronnée. Deux ans que l'on tente de traiter ses difficultés avec les médicaments les plus efficaces sur le marché. Deux ans que je suis derrière lui pour le supporter dans ses apprentissages et que je suis devant lui pour ouvrir les portes derrière lesquelles se cachent des ressources qui pourraient lui être utiles. Deux ans....Deux ans...

Ceci étant dit, il n'y a pas une journée où je me suis dit que nous ne trouverions pas une solution, un outil ou un cocktail pharmacologique qui l'aiderait à être un enfant comme les autres. J'y ai cru dès le début.

Aujourd'hui, je fais le bilan des deux dernières années et je suis face à un constat que je n'aurais pas pu faire alors que mon fils n'avait que 5 ans. Mon fils n'est pas comme les autres. Ses besoins sont différents. Pour le moment, il ne peut fonctionner dans un cadre scolaire régulier. Il a besoin d'être suivi étroitement par des spécialistes en santé mentale pour éventuellement trouver un traitement pharmacologique qui fonctionne et pour arriver à trouver exactement ce qui fait qu'il soit anxieux au point de se désorganiser lorsqu'il est en contexte de groupe. Il a besoin de faire de l'ergothérapie pour l'aider avec sa dyspraxie motrice et son trouble de la modulation sensorielle. Il a besoin d'une psychologue pour mettre en mots les tempêtes qui saccagent son cœur et sa tête. Il a besoin de moi, pour s'orienter entre tous ces gens qui disent vouloir son bien. Il a besoin de moi, comme tous les enfants ont besoin d'une maman.

Je ne sais pas de quoi demain sera fait pour lui, mais aujourd'hui je n'ai plus peur comme hier. La vie le mènera là où il doit aller et je serai près de lui pour lui montrer qu'il n'y a pas de raison d'avoir peur.

jeudi 7 juin 2012

Lettre à ma fille


Ma belle amour,

Tu ne le sais pas encore, mais du haut de tes 4 ans, tu me combles de bonheur. J'avais tellement hâte d'avoir une fille que lorsque tu es arrivée dans ma vie, mon cœur a presque explosé. Après avoir failli te perdre alors que tu n'avais que 14 jours de vie, j'ai réalisé que tu étais une petite fille forte et pleine de courage. Aujourd'hui, je sais que cela t'aura servi.

Entre tes deux frères, tu es ce qui me rappelle que je suis aussi une maman comme les autres. Ton développement est tellement normal que je me suis même parfois mise à chercher quelque chose qui clochait chez toi. Je n'ai rien trouvé.

Avec toi, je goûte les joies de la maternité sans les défis, sans les tourments, sans inquiétudes. Tu joues, tu dessines, tu danses et tu chantes comme tous les autres enfants. Tu détestes le riz, mais tu aimes le chocolat. Tu n'aimes pas qu'on coiffe tes cheveux, mais rien ne te fait plus plaisir qu'une queue de cheval « sur le côté ». Tu n'aimes pas être disputée, mais les rares fois où cela se produit tu t'organises pour que cela n'arrive plus. Tu n'aimes pas aller te coucher, mais tu dors paisiblement toute la nuit. Tu préfères les pantalons, mais tu as un faible pour le rouge à lèvres. Tu n'aimes pas les poupées, mais tu jubiles quand je m'installe avec toi pour faire des casses-têtes.

Ma belle amour, tu grandis trop vite. Je voudrais parfois que le temps s'arrête pour profiter de ton enfance et ne rien manquer de ce qui t'arrive. Je m'inquiète parfois de ce que tu nous diras dans 10 ans, sur les blessures qu'auront laissées sur ton cœur le fait d'avoir un frère différent qui demande énormément d'attention de tes parents. Je me demande si tu m'en voudras d'avoir trop souvent dû te demander d'attendre parce que lui ne le pouvait pas. Je me demande si tu penseras que nous t'avons négligé, que nous t'avons un peu oublié dans tout ça.

Ma belle Princesse, saches que je suis bien consciente de la chance que j'ai d'avoir une petite fille aussi extraordinaire que toi et que je mesure l'importance de t'accorder autant de temps que j'en accorde à tes frères.

Et si un jour tu te demandes si je me suis parfois sentie coupable des préjudices qui te sont souvent causés, je te ferai lire ceci pour que tu saches que oui. Mais en me lisant, tu réaliseras aussi que chaque jour de vos vies, j'aurai donné le meilleur de la mienne. Et tu n'auras qu'à te dire que dans les moments les plus difficiles, c'est un peu toi qui m'auras donné espoir. Parce que c'est en te regardant être heureuse que je me serai convaincue que finalement, je suis une bonne maman.

Je t'aime
Maman x x x

jeudi 17 mai 2012

En un instant...


Et en un instant, je me suis souvenue des raisons pour lesquelles j'ai voulu des enfants...


Les regarder jouer, insouciants et heureux, me convainc que les enfants sont faits pour être libres, bien plus que d'être organisé, encadré et bousculer jour après jour.


En un instant, j'ai eu envie que le temps s'arrête et me laisse savourer chaque seconde de ce moment.



Mais plutôt que d'attendre qu'il s'arrête, je défierai le temps et créerai encore plusieurs de ces instants!



Et en un instant, j'ai repris goût à vivre le moment présent.

dimanche 13 mai 2012

Bonne fête des Mères!


C'est la fête des Mères.

Une des plus belles journées de l'année.

Celle où maman est la vedette. Celle où les enfants se fendent en 8 pour la surprendre et la gâter.

C'est la journée où les douceurs de la maternité prennent toute la place et où le quotidien n'a plus vraiment d'importance.

Oui, être maman, c'est le plus beau métier du monde.

Je vous souhaite une excellente fête des Mères à toutes!

Laissez vous surprendre! Laissez vous gâter!

La toile de Bébé Tupperware

Le signet de Fiston Tupperware

Le porte-bague/collier de Princesse Tupperware!

mercredi 25 avril 2012

Au centuple


Souvent, je me demande si mes enfants comprennent le tiers des choses que j'essaie de leur inculquer...

À table, je leur demande de fermer la bouche en mâchant, de rester assis sur leur postérieur et d'éviter le plus possible d'utiliser autre chose que leurs doigts pour s'alimenter.

À la salle de bain, je demande aux garçons d'avoir l'obligeance de baisser le siège de toilette lorsqu'ils ont terminé, et ce par respect pour les deux femmes de la maison qui n'apprécient pas du tout de se retrouver les fesses dans l'eau en pleine nuit!

Dans leurs chambres, je leur demande d'être ordonné, de faire leur lit et d'éviter de laisser leurs vêtements de nuit au sol... histoire de pouvoir les porter plus d'une fois, m'évitant ainsi de faire une lessive de plus à la fin de mes journées.

Dans les aires communes, je leur demande d'éviter de laisser traîner des jouets au sol, surtout ceux qui ont tendance à avoir des roues ou qui sont si petits qu'ils peuvent facilement générer des douleurs atroces sous mes pieds (ou ceux des autres bien sûr!)

Entre eux, je leur demande d'être patient et de faire preuve de gentillesse. Je demande à mon plus vieux d'aider sa sœur à faire son lit ou d'aider Bébé Tupperware à attraper les jouets placés trop haut ou qui ont élu domicile sous les canapés. Je demande à ma fille de partager ses jouets et son espace avec ses frères, même si parfois elle préférait que je les enferme tous les deux dans le garage. Je demande à bébé Tupperware de NE PAS tirer les cheveux de sa sœur et d'avoir l’obligeance de ramasser les choses qu'il s'amuse à lancer un peu partout.

Avec moi, je leur demande de comprendre que je n'ai que deux mains et qu'ils doivent participer à la vie familiale en m'aidant lorsque je leur demande. Je ne leur impose pas de tâches de façon systématique, mais j'apprécie qu'ils ne rechignent pas quand je leur demande des choses simples comme : va porter ton sac dans ta chambre, place les souliers correctement dans l'entrée ou va vider le bac de recyclage dans la poubelle extérieure.

Comme bien des mères, je répète (trop?) souvent. J'ai toutefois toujours eu bon espoir qu'un jour ils me le rendraient au centuple (même si en ce moment, je suis manifestement une source d'irritation dans leur petite vie!).

Ce matin, et depuis maintenant près d'une semaine, j'ai eu beaucoup d'aide de leur part. Ma mobilité étant, disons-le, très réduite, je n'arrive pas à tout faire sans grimacer. C'est donc Fiston Tupperware qui ramasse les jouets qui traîne au salon et qui range les souliers dans l'entrée. C'est bébé Tupperware qui monte sur un banc, pour ensuite monter sur une chaise et finalement monter sur la table de la cuisine afin que je puisse finir de l'habiller. Et c'est Princesse Tupperware qui a la gentillesse de.... me mettre mes bas!

Alors oui, je répète souvent. Mais aujourd'hui, ils me l'ont rendu au centuple!
Merci mes amours!