Qui êtes-vous ?

Ma photo
Je suis comme toutes celles que vous connaissez. Je pourrais être votre soeur, votre amie, votre collègue ou simplement votre voisine. Ici, je vous parle de mon quotidien et de celui de ma famille pour mettre un peu de lumière sur la vie avec un enfant différent! mamantupperware@hotmail.ca
Affichage des articles dont le libellé est TDA/H. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est TDA/H. Afficher tous les articles

jeudi 24 juillet 2014

Le diagnostic de Princesse Tupperware

La semaine passée, nous avons appris quelque chose que nous savions déjà. Princesse Tupperware, qui était suivi au centre de développement du CHU Ste-Justine depuis l'âge de 5 ans (après 2 ans d'attente), a eu son diagnostique : TDAH. Toutefois, son pronostic est meilleur que celui de son frère.

Princesse Tupperware fait partie des enfants qui bougent SANS ARRÊT. À table, elle arrive à se retrouver au sol sans savoir pourquoi. Dans ses jeux, elle est intense et téméraire. En quelques semaines, elle a eu un arrachement osseux de la malléole, une plaie frontale suite à une collision avec un punching bag et une sérieuse commotion cérébrale qui nous a valu une visite à l'urgence de Ste-Justine.

En classe, son enseignante avait dû mettre en place quelques outils afin de garder l'Attention de notre fille. Brillante, Princesse Tupperware s'ennuyait rapidement. Elle se levait constamment, coupait la parole à répétition et n'arrivait pas à rester calme dans les moments où elle le devait.

Malgré une feuille de route, un siège spécial fournit par l'ergothérapeute et un encadrement serrés, le drapeau rouge a été levé en fin d'année.

Quand nous avons eu les multiples diagnostics de Fiston, je savais que nos autres enfants seraient à surveiller. Les médecins nous avaient déjà parlé de l'hérédité du TDAH. Je m'étais promise de ne jamais faire l'Autruche et de toujours m'assurer que ma fille, qui fonctionnait bien à la garderie et ailleurs, ait tous les outils à sa disposition et de ne jamais me réfugier derrière le « Bah, c'est tellement moins pire que son frère, ça doit pas être grave! ».

Parce que non, Princesse ne fait pas de crise, elle n'est pas anxieuse et elle arrive à fonctionner en classe régulière. Parce que oui, on arrive à canaliser son énergie avec l'activité physique. Mais parce qu'on ne veut jamais compromettre sa réussite scolaire ET ses relations sociales, on a décidé de poursuivre et finaliser les évaluations. (En fin d'année, elle dérangeait beaucoup les amis qui l'entouraient.)

Princesse ne commencera pas l'année scolaire sous médication. Nous avons décidé de la laisser commencer son année en informant son enseignante de son diagnostic et des outils utilisés l'année précédente. Nous voulons lui donner la chance de développer ses propres outils et de voir si elle aura suffisamment mûri (ou pas!).

De plus, en changeant d'école, elle ne sera plus la sœur de l'autre et nous croyons que cela aura un impact sur ses relations et sur sa façon de vivre sa scolarisation. (Princesse nous a demandé de changer d'école en fin d'année scolaire pour prendre l'autobus scolaire comme les autres et se faire des amies dans notre quartier. Demande que nous lui avons accordée par respect pour celle qu'elle est.)

Bref, nous déciderons à la fin du mois de septembre ce qui sera mis en place et si nous débuterons une molécule pour traiter son TDAH. D'un côté, j'espère qu'elle aura une enseignante ouverte d'esprit et avec de l'expérience avec le TDAH afin d'éviter la médication. Et de l'autre, je me dis que si nous devons la médicamenter pour l'aider à réussir, nous n'hésiterons pas.

Seul l'avenir nous le dira. D'ici là, on profites de l'été! ;)




dimanche 30 mars 2014

En plein visage


C'est quand je m'y attends le moins que ça arrive. C'est un peu comme courir un marathon. On court sur une piste ovale, tout va bien et l'on décide de fermer les yeux. Tranquillement, sans s'en rendre compte, on sort de la piste. On pense que tout va bien, qu'on a atteint une bonne vitesse de croisière et puis BANG! Ça nous arrive en plein visage. On ouvre les yeux, on constate que le paysage a changé et que tout ne va plus si bien.

Ici, c'est comme ça.

Depuis près d'un mois, le TDAH de Fiston n'est plus traité. Nous avons décidé de cesser les neurostimulants en raison des effets secondaires ressentis par Fiston. Il mangeait peu, était plus agressif, plus anxieux, présentait de nombreux tics et (SURTOUT!) ne dormait plus. À l'école, les choses ne s'amélioraient pas. En fait elles se détérioraient. Fiston n'était pratiquement jamais en classe.

Après l'arrêt de la médication, les changements ne furent pas drastiques. Fiston a passé 3 semaines en réintégration très graduelle à l'école. Les intervenants ont décidé de retisser les liens avec notre garçon. Il passait donc la journée à jouer avec eux. Il avait besoin de vivre des moments heureux avec eux pour leur faire confiance à nouveau. Leur approche fut fructueuse. Fiston n'a pas fait de crise à l'école depuis.

Toutefois, un problème persiste. Fiston est incapable de se mettre au travail. Il refuse de faire ses travaux, que ce soit en classe ou à la maison.

À la maison, je n'ai jamais accepté que Fiston ne fasse pas ses devoirs, même si cela devait mené à des conflits majeurs. Toutefois, je dois avouer que je commence sérieusement à en avoir assez de devoir me battre avec lui pour 12 mots de vocabulaires et 2 phrases à écrire. Je comprends qu'il ne prend plus de médication, mais je n'arrive pas à concevoir que ce qu'on lui demande soit si difficile à faire! Et c'est souvent pendant la période de devoirs que je m'emporte...

Vient ensuite l'escalade. Fiston se fâche, je me fâche, il crie puis je crie pour qu'il arrête de crier. Scandalisez? Je vous comprends. Moi aussi. Je me scandalise moi-même par moment. Je ne vois pas de façon de nous en sortir.

La travailleuse sociale me dit de lâcher prise, de laisser tomber cette partie de la vie de Fiston, quitte à reprendre l'an prochain, mais je ne me m'y résous pas. Un peu comme si je le laissais gagner, faisant de moi un parent mou qui laisse son enfant devenir un enfant roi. Un peu comme si je devais laisser tomber tous mes principes éducatifs et disciplinaires pour lui, alors que je ne le ferais pas pour mes enfants « neurotypiques ».

Aujourd'hui, Fiston a fait une colère. J'ai aussi fait une colère.

Et alors que je tente de rester positive et que j'essaie de me convaincre que nous avons presque une vie normale, ça m'a sautée au visage : les défis de Fiston sont grands et je devrai trouver une façon d'accepter cela, même si ça ne me plaît pas. Je devrai garder les yeux ouverts pour rester sur la piste parce que le marathon n'est définitivement pas terminé.



lundi 3 mars 2014

Qu'arrivera-t-il si l'amour ne suffit plus?


Lundi matin. La relâche est terminée. Les enfants sont à l'école. Je déguste mon premier café en faisant le tour de l'actualité. Sur les réseaux sociaux, un texte circule. Son titre m'interpelle : Quand l'amour ne suffit pas. (Patrick Lagacé, La Presse +, Édition du 3 mars 2014, section ACTUALITÉS, écran 4)

Je me pose souvent cette question.

Fiston Tupperware a 8 ans. Il crie plus fort que les enfants de son âge, il frappe plus fort que les enfants de son âge et (surtout) il n'apprend pas de ses erreurs comme les enfants de son âge. Pour le moment, il est incapable d'autocritique, se sent constamment ostracisé par ses pairs, ses enseignants et par nous. Devant une situation anxiogène, il est capable des pires scénarios catastrophiques dans sa tête. Quand il a peur ou se sent menacé, il crie et frappe avant d'être frappé.

Un jour, Fiston sera grand. Qu'arrivera-t-il à ce moment-là? Qu'arrivera-t-il quand il aura une tête de plus que moi et que je ne ferai plus le poids? Qu'arrivera-t-il quand il sera « théoriquement » capable se gérer seul et que les services spécialisés ne nous seront plus accessibles au quotidien? Qu'arrivera-t-il si un jour ses comportements deviennent incontrôlables et qu'il devient une menace pour nos autres enfants, pour nous... ou pour lui-même?

Est-ce que l'amour suffira? Sinon... qu'arrive-t-il quand l'amour ne suffit pas?

Qu'arrivera-t-il si Fiston Tupperware continue de s'enliser dans ses troubles, dans sa colère, dans ses impulsions? Qu'arrivera-t-il si ses frères et sœurs n'en peuvent plus de ce frère qui monopolise toute notre énergie, toute notre attention? Qu'arrivera-t-il quand nous n'aurons plus de ressource, que notre famille ne saura plus comment nous aider? Qu'arrivera-t-il si Papa Tupperware et moi devenons fatigué... épuisé, ou pire encore malade et incapable de nous en occuper?

Si tel est le cas, il est clair que l'amour ne suffira pas.

Viendra un moment où, si le pire survient, nous devrons nous asseoir, et discuter. Nous devrons prendre des décisions déchirantes et espérer que cela ne plongera pas notre couple et notre famille dans ce désespoir qui vient après la disparition de l'espoir.

Fiston Tupperware a 8 ans. Il crie. Il frappe. Il s'oppose. Mais il ne fait pas que ça. Il chante, il danse et il rit. Il aime les voitures de course, les jeux vidéos les Légo. Il aime aller manger au resto, aller glisser l'hiver et faire du vélo l'été. Plus tard, il rêve d'inventer une voiture de luxe qui portera ses initiales comme nom. Plus tard, il aimerait avoir des enfants et venir nous voir le dimanche pour prendre un café.

Je ne sais pas ce qui arrive quand l'amour ne suffit plus, mais je sais une chose : j'espère ne jamais devoir parler de mon fils au passé alors qu'il n'est pas mort. J'espère ne jamais m'asseoir dans un café pour raconter le deuil d'un enfant vivant qui nous a glissé entre les doigts malgré tous nos efforts et tout notre amour.

À ce papa qui a ouvert son cœur à Patrick Lagacé : je vous sers dans mes bras et vous remercie d'avoir partagé votre histoire. Seul un homme de cœur pouvait en faire autant.

mardi 22 octobre 2013

La dérape


Fiston ne va pas bien. Pas bien du tout.

Certains blâment mon hospitalisation, d'autres l'arrivée de Minnie Tupperware. Certains croient qu'il réagit mal au début de l'année scolaire et qu'il ne s'adapte pas à la nouvelle dynamique de son groupe. Certains pensent que la médication est à revoir, que de nouvelles thérapies sont à mettre en place et qu'on doit s'attaquer au problème de front.

Moi, j'écoute, je hoche de la tête, mais je ne sais plus qui accuser ni quoi mettre en place.

Les trois dernières semaines ont été vraiment difficiles. Fiston est opposant, agressif, arrogant. Il ne collabore pratiquement jamais et explose dès la moindre irritation. Que ce soit pour s'habiller le matin, traîner son sac à dos, prendre sa douche ou faire ses devoirs, tout est sujet à conflit.

Hier, il a fait une colère. Une grosse colère. Il s'est frappé la tête à plusieurs reprises sur une porte. Résultat : une ecchymose violacée au périmètre d'un kiwi en plein centre du front. C'est la première fois que notre garçon allait jusqu'à se blesser pendant une colère. Je ne suis pas rassurée.

Lorsque l'on essaie de lui parler, de le raisonner, il ne trouve rien à dire. Il se sent rejeté, exclu de tout. En classe, il veut faire payer à son enseignante toutes les punitions des dernières semaines. Selon lui, elle est la cause de tous ses problèmes : elle ne lui fait pas confiance et ne le croit jamais quand il tente de s'expliquer. Selon moi, il y a deux côtés à une médaille et c'est ce qui frustre Fiston. À son sens, je devrais le croire sur parole, mais ce n'est pas le cas.

Je peux facilement imaginer que les intervenants scolaires soient moins patients avec notre fils. Je le suis moins moi-même. Être en conflit vingt fois par jour avec la même personne, pour les mêmes raisons et cela jour après jour... c'est épuisant.

Ce soir, Fiston s'est couché en colère. Après une Xième crise, j'en ai eu assez. Sa soirée s'est donc terminée abruptement... du moins selon lui, parce que la crise qui a suivi n'a fait qu'allonger la mienne.

Certains se questionnent sur les changements de comportements de notre fils et accusent en alternance la médication, les interventions et les intervenants. Moi, j'accuse sa santé mentale. Parce qu'à ce jour, rien n'a été chambardé ou modifié, qui puisse provoquer de telles réactions. Nous sommes les mêmes parents, il a les mêmes intervenants et nous travaillons tous de concert pour que tout demeure stable autour de lui.

Maintenant, ne reste plus qu'à espérer que les nouveaux outils mis en place et que le retour de certains spécialistes dans la vie de notre garçon (et de notre famille!) viennent rétablir l'équilibre fragile que nous avions réussi à créer autour de lui.

Ne reste plus qu'à espérer que notre fils se sente mieux rapidement parce qu'en ce moment... porter ses souliers ne doit pas être évident.


jeudi 17 octobre 2013

Semaine de sensibilisation au TDAH du 14 au 20 octobre 2013


Cette semaine, c'est la semaine de sensibilisation au TDAH. Pour certains, c'est le moment parfait pour trouver plus d'information sur ce trouble neurobiologique et ses répercussions sur leur vie ou celle de leur enfant. Pour d'autres, c'est une semaine comme les autres, qui présente les mêmes défis qu'à l'habitude.

Le TDAH ce n'est pas rien. Ce n'est pas uniquement être dans la lune et perdre ses clefs 20 fois par jour. Ce n'est pas non plus uniquement oublier de sortir les poubelles le lundi soir de façon récurrente ou oublier d'arrêter l'eau du bain une ou deux fois par année.

Le TDAH, c'est plus que ça. « C’est un trouble neurobiologique réel, complexe, à multiples facettes et à longue durée qui touche les personnes des deux sexes et de tous les groupes d’âge. » 1

Il y a plusieurs mythes entourant le trouble déficitaire de l'attention avec ou sans hyperactivité. C'est pourquoi cette semaine, et bien c'est LA semaine pour briser le silence et sensibiliser la population Canadienne à ce trouble qui, « selon un taux de prévalence prudent, touche 5 % des enfants d'âge scolaire, soit une moyenne d’un à deux enfants par classe de 20 élèves. » 1

Fiston Tupperware souffre de TDAH sévère. Nous avons travaillé fort au quotidien pour l'encadrer et mettre des outils en place qui lui faciliteraient la vie à long terme. Avec les années, il a gagné en maturité et arrive à un semblant d'organisation. Par contre, son impulsivité est toujours présente et demande énormément d'encadrement. Son trouble ne le quittera jamais. Il devra, tout au long de sa vie, tenir compte de ses limites et adapter son environnement pour vivre une vie équilibrée.

Comme bien d'autres adultes, je souffre aussi de TDAH et malgré cela, j'ai une vie bien remplie. J'ai un conjoint depuis près de 13 ans, 3 enfants (bientôt 4!) et un emploi stable. Avec les années, j'ai développé des stratégies gagnantes afin d'adapter mon environnement. Malgré cela, certains aspects de ma vie sont désorganisés, mais je vis bien avec ma désorganisation et (évidemment) mon conjoint et ma famille aussi.

Mais pour être honnête avec vous, la chose qui m'aurait vraiment aidée dans la vie aurait probablement été de savoir que je souffrais de TDAH avant d'avoir mon premier enfant, avant de devoir consulter parce que je me sentais dépassée et épuisée.

Alors si cette semaine, vous avez quelques minutes de libres, allez visiter le site http://adhdawarenessweek.ca/fr/. Vous y trouverez de l'information sur le TDAH et qui sait... peut-être trouverez-vous des explications intéressantes sur vos comportements ou sur ceux des enfants ou adultes qui vous entourent!

Bonne semaine de sensibilisation!
 
 


*Cliquez (ici) pour lire le "coming out" de mon amie Mamanbooh sur sa vie avec le TDAH.

1.Source tiré du site internet:  http://adhdawarenessweek.ca/fr/?page_id=65 

dimanche 6 octobre 2013

Dossier de Maman ::: Créativité et flexibilité


Je ne me souviens pas très clairement de mon parcours scolaire primaire. Je ne me souviens pas précisément avoir déjà fait des devoirs ou des leçons. Comme Fiston, je retenais l'information à la vitesse de l'éclair et donc je n'avais pas besoin de travailler très fort pour obtenir de bons résultats.

Puis, une fois au secondaire, j'ai poursuivi mes apprentissages sans effort majeur. Les choses se sont un tantinet corsées une fois en cinquième secondaire. J'ai dû retrousser mes manches et bûcher comme une démone pour maintenir ma moyenne générale au-dessus de 90 %. Puis, il y eu le CÉGEP où j'ai vécu un échec retentissant dès la première session. Comme toute-bonne TDA-H, j'avais mis tous mes espoirs sur ma capacité à faire mes travaux à la dernière minute. Malheureusement pour moi, on ne peut pas résumer un cours de physique ET de chimie en une seule nuit et sans faire les travaux pratiques. J'ai fini par me reprendre en mains, mais je suis définitivement passée à côté de mon parcours scolaire. Je n'ai pas terminé mes études en sciences comme je l'aurais tant souhaité.

Si je retiens une chose de tout cela, c'est que dans la vie, rien ne nous est donné sans effort. Je m'efforce donc d'inculquer cette leçon à mes enfants, surtout à Fiston Tupperware qui a évidemment le même profil que moi. Il n'a pas hérité que de la facilité, mais aussi de la loi du moindre effort qui vient avec.

Jusqu'à récemment, la période des devoirs n'était pas (trop) pénible. Cette année par contre, c'est un vrai combat! Les tâches papiers crayons ne l'intéressent absolument pas. Il refuse de s'appliquer et remet des travaux de qualité plutôt médiocre. Malheureusement pour lui, cela ne fonctionne pas du tout avec moi. Nous entrons donc souvent en conflit, et ce, plusieurs heures par semaines.

Ce weekend, j'en ai eu assez. Je l'ai laissé faire ses devoirs seul. Si vous aviez vu le résultat!! J'étais outrée! J'ai dû me ressaisir et essayer de comprendre ce que cela me faisait vivre à MOI quand mon garçon agissait ainsi.

J'ai réalisé que j'étais déçue que mon enfant ne reconnaisse pas l'importance de s'appliquer dans ce qu'il fait. Fiston n'a pas de trouble d'apprentissage, il est même très doué, alors pourquoi refuse-t-il de s'appliquer et de remettre des travaux bien fait?

Après réflexion, j'ai donc décidé d'élaborer une stratégie gagnante AVEC mon garçon. Je lui ai offert de planifier avec moi des périodes d'études et de devoirs qui LUI conviennent. Bien sûr, je préférerais que nous finissions tous les devoirs en une seule période, mais il semble bien que cela soit impossible pour lui. Nous avons donc élaboré un plan complet, que nous avons imprimé et affiché. J'ai aussi proposé à Fiston d'intégrer l'ordinateur à la période de leçons afin de combiner l'écriture à la main et le traitement de texte. Ainsi, il continue de progresser en calligraphie tout en acquérant de nouvelles connaissances en lien avec l'utilisation des outils technologiques.

Ne me demandez pas si notre entente fonctionnera sur tous les points, mais une chose est sûre, je continuerai d'accompagner mon fils dans son parcours scolaire, et ce, même si je dois faire preuve de beaucoup de créativité et de flexibilité afin de maintenir son intérêt et à susciter ses efforts.


Et vous? Comment se passe l'heure des devoirs et leçons à la maison? Avez-vous des stratégies gagnantes à partager?


lundi 29 juillet 2013

Harcèlement


Disons les choses franchement : Fiston Tupperware a du caractère. Lorsqu'il veut quelque chose, il ne nous lâche pas tant qu'il n'obtient pas gain de cause. Quand il était petit, c'était mignon. On se disait qu'il saurait faire son chemin dans la vie. Puis, en vieillissement, c'est devenu beaucoup moins mignon. Au point où on a trouvé un autre nom à ses demandes multiples. On appelle cela du HARCÈLEMENT!

Que ce soit pour jouer au iPod, à la Xbox ou à l'ordinateur, Fiston sait comment s'y prendre pour s'attirer des ennuis. Il demande, négocie et argumente. Il va même jusqu'à nous pourchasser, nous bousculer et nous crier des bêtises quand il n'obtient pas ce qu'il veut.

Il n'y a rien qui puisse l'arrêter. Aucune conséquence, aucune menace, aucune punition. Il ne s'arrête que lorsqu'il a tout perdu pour la journée (ou une période donnée) et qu'il est confiné à sa chambre à coucher.

J'ai longtemps pensé que Papa Tupperware et moi étions la cause de ce comportement insistant. Je croyais que nous avions manqué de rigueur, de cohérence, de discipline ou de constance. Je pensais que ces comportements étaient le résultat de nos faiblesses parentales. Nous avons donc mis beaucoup de temps avant d'en parler à « nos » professionnels.

Puis, lors du dernier rendez-vous médical avant le début des vacances, j'ai expliqué clairement la problématique à la pédopsychiatre. Je lui ai expliqué l'obsession de Fiston pour certains objets et de son incapacité à les déposer ne serait-ce que pour aller à la salle de bain. J'ai aussi abordé la détresse de Fiston lorsque nous lui refusions une demande, cette façon qu'il avait d'être atterrée par la perte dudit objet.

La pédopsychiatre a pris le temps de m'écouter. Elle a questionné Fiston sur ses comportements, mais surtout sur ce qui le poussait à avoir « besoin » de tous ces objets. Je fus surprise d'entendre mon garçon lui répondre qu'il avait peur de perdre ses choses, au point où il se sentait anxieux et déboussolé lorsqu'on les lui enlevait. Il a aussi mentionné se sentir très frustré lorsqu'on lui refusait une demande. Frustré au point de nous détester et de ne plus être en mesure de s'arrêter.

Le médecin m'a donc expliqué que notre fils souffrait de TOC (trouble obsessionnel compulsif) avec les objets, que cela s'ajoutait au tableau d'anxiété généralisée de notre garçon et que seuls le temps et la patience en étaient le traitement. (En plus des médicaments qu'il prend déjà pour faire diminuer son anxiété!) Et que son incapacité à s'arrêter lorsqu'il était en colère relevait du TDA/H et de sa composante d'impulsivité.

De savoir cela ne change pas le fait que notre fils soit très demandant et qu'il se désorganise solidement lorsqu'il est exposé à un refus, mais cela nous permet d'arriver à prendre le recul nécessaire afin d'intervenir adéquatement et d'essayer de ne pas laisser l'agacement ou la colère nous envahir.

Mais pour être honnête, je crois que ces comportements sont les plus difficiles à gérer. Je me mets en colère, je parle fort (je ne vais quand même pas vous avouer que je crie parfois!!) et je deviens dure. Je lui retire ces choses, le confine à sa chambre et souhaite parfois qu'il y reste pour 2 ou 3 jours!

Puis, je décolère, je me rappelle ce que le médecin a dit, je m'accorde le droit d'être humaine et je souhaite que le lendemain soit une meilleure journée...
 

lundi 6 mai 2013

Abandonner... au figuré.


J'étais assise dans le bureau de la travailleuse sociale. Je lui relatais les dernières frasques de Fiston Tupperware ainsi que mes choix d'interventions. Puis, calmement, je l'ai regardé et lui ai dit que c'était terminé, qu'était venu le moment pour moi d'abandonner.

Quelques jours avant cette rencontre, ma limite avait été atteinte. Tel un éclair, j'ai réalisé que peu importe ce que je pouvais lui dire, Fiston ne m'écoutait pas. Dès que je dis noir, il répond blanc. Quand je dis gauche, il dit droite. Quand je dis non, il dit qu'il s'en fout! Alors, à quoi bon continuer à perdre mes énergies à me battre avec lui? Peut-être est-ce le moment de lui laisser le contrôle de sa petite vie, en lui expliquant bien qu'il devra vivre avec les conséquences de ses actes?

Après un (autre) conflit sur la pertinence de prendre un bain et de se brosser les dents avant l'heure du coucher, j'ai annoncé ma décision à Fiston : « Chéri! j'abandonne! Je suis fatiguée, et je suis blasée de tous ces conflits qui reviennent en boucle jour après jour. Dorénavant, tu t'organises mon homme! Tu sais où sont les serviettes, les débarbouillettes, le savon et tout ce qu'il faut pour sentir le neuf. Arrange-toi! »

Évidemment, Fiston a été surpris. Avec un doute dans le regard, il s'est dirigé dans la salle de bain et a procédé. Après 15 minutes, il m'a appelée pour me dire qu'il avait terminé. Je n'ai rien répondu. J'étais occupée à lire avec Princesse Tupperware. (Chose que je n'ai jamais le temps de faire parce que son frère accapare toute mon attention en fin de soirée.)

Après son bain, Fiston a brossé ses dents et rangé ses trucs. Puis il est venu s'asseoir avec nous. Après m'avoir signalé sa GRANDE autonomie, il m'a demandé si ça allait être ainsi pour tous les jours de toutes sa vie. Et bien... oui! Du moins, pour tout ce qui est des tâches qui sont exécutables seul à l'âge de 7 ans.

Ce sera donc ainsi pour son hygiène, ses devoirs et l'organisation de ses temps libres. Exit la maman-géo qui organise chaque seconde de sa petite existence.

Après mon récit, la travailleuse sociale a souligné le fait que j'arrivais peut-être enfin vers une sorte de « lâcher-prise »... mais que je devais faire attention de ne pas trop laisser Fiston à lui-même. Que le risque était grand d'abandonner au sens propre plutôt qu'au figuré. Qu'à 7 ans, il avait quand même encore besoin de sa maman.

Bien sûr, selon elle, la méthode fonctionnera quelque temps, mais pas pour les bonnes raisons. Elle fonctionnera uniquement parce que Fiston aura peur de perdre sa relation avec moi. Il voudra me plaire et me montrer qu'il est capable.

Je ne veux pas perdre ma relation avec mon garçon. Je veux avoir du plaisir à être avec lui, à être en relation avec lui. Je veux qu'il obtempère un tantinet pour les choses plates du quotidien afin de libérer un peu de temps pour faire autre chose de plus intéressant. Je veux qu'il sache qu'il peut compter sur moi, que je serai là, mais que pour cela il doit me prouver que je peux moi aussi lui faire confiance.

Depuis ma rencontre avec la travailleuse sociale, je n'ai pas encore trouvé le moyen d'entrer un peu plus en relation avec Fiston. Les fois où j'ai tenté « d'être avec lui », les choses ne se sont pas passées comme je l'aurais souhaité.

Il semble que lui et moi ayons encore du travail à faire... mais vous auriez bien compris qu'ici « abandonné » ce n'est pas au sens propre, mais bien au figuré.

jeudi 21 mars 2013

David et Goliath... ou le combat que je n'ai pas la force de mener.


Postulat : Si les parents ne travaillaient pas, le service de garde n'existerait pas.

N'est-ce pas? Du moins, à mon sens.

Lors du dernier plan d'intervention pour Fiston Tupperware, j'ai demandé la présence de la travailleuse sociale qui s'occupe de notre famille. J'ai demandé qu'elle nous accompagne parce que j'ai souvent tendance à retenir que l'information que je veux retenir et à en faire l'interprétation que j'en veux. En fait, j'avais besoin d'elle pour m'aider à faire le tri des informations reçues lors de la rencontre.

Lors de cette rencontre, nous avons discuté du cheminement de notre garçon. J'avais des inquiétudes importantes concernant ses apprentissages académiques. J'avais même débuté de l'enseignement à la maison afin de m'assurer qu'il ne prenne pas de retard par rapport aux enfants du régulier. Heureusement, Fiston progresse très bien et ses capacités intellectuelles font de lui un élève très doué. Je peux donc maintenant cesser de jouer à la maman-enseignante. (YEAH!)

Lors de cette même rencontre, nous avons mis en lumière certains aspects de la personnalité de Fiston. Outre son TDA-H, notre fils a de grands défis à relever. Il doit apprendre à « être », parce que ce qui lui manque c'est le « savoir-être ». Nous travaillons donc maintenant tous en ce sens afin de faciliter ses relations avec les autres (moi en particulier!).

La rencontre allait bon train. J'en ai donc profité pour faire une demande que j'avais déjà formulée par le passé, mais qui avait été refusée. J'ai demandé que Fiston Tupperware soit intégré au service de garde de l'école qu'il fréquente.

Anodin me direz-vous? Eh bien non. Les enfants qui doivent fréquenter une école d'un autre secteur afin de bénéficier de service d'adaptation scolaire ne fréquentent habituellement pas le service de garde de leur nouvelle école. Ils fréquentent celui de l'ancienne, de celle de leur quartier. Donc, les parents déposent leur enfant au service de garde de l'école du voisinage où une berline scolaire vient les chercher plus tard en matinée et les y reconduire à la fin des classes. Bref, l'enfant fréquente deux écoles dans la même journée. Pour certains, cela est probablement plus simple. Pas pour nous.

L'an dernier, Fiston fréquentait une école qui n'était pas celle de notre quartier. Nous avions demandé un transfert parce que l'école de notre secteur se trouve au village de notre ville et demande un détour d'environ 40 minutes le matin. Nous avions demandé le transfert parce qu'il est impossible pour Papa Tupperware et moi d'être à l'heure au boulot si nous devons nous rendre au village pour ensuite passer au CPE des petits et prendre enfin la route vers Montréal.

Nous nous retrouvons donc avec un problème majeur. Fiston n'a pas accès au service de garde de sa nouvelle école, ni à celui de celle qu'il a déjà fréquentée. Comme il n'a jamais mis les pieds à notre école de quartier, nous n'envisagions pas de l'y envoyer. Nous devions donc demander à la direction un « accommodement » afin de pouvoir alléger le niveau de stress qu'occasionne l'horaire de fréquentation scolaire atypique de notre enfant.

Et bien c'est lors du plan d'intervention que je me suis risquée. Je n'ai bien sûr pas eu de réponse immédiate. Il fallait attendre que la direction s'entretienne avec les intervenants qui gravitent quotidiennement autour de Fiston et vérifier si les ressources en place pouvaient l'accueillir convenablement.

Aujourd'hui, j'ai eu ma réponse. Fiston peut avoir accès au service de garde de son école. Deux jours par semaine jusqu'à 15 h.

Maintenant dites-moi... si les parents ne travaillaient pas, le service de garde n'existerait pas. Alors que font les parents comme nous qui doivent concilier famille-travail-et-horaires-atypique-de-fréquentation-scolaire sans service de garde? Que devons-nous faire de nos enfants en début et fin de journée?

Le pire dans tout cela, c'est la déception. La mienne, mais aussi celle de Fiston Tupperware qui espérait beaucoup être intégré au service de garde pour faire de « vraies activités, des activités normales, avec des enfants comme les autres » (ce sont ses propres mots!)

Je n'ai plus la force de me battre contre le système scolaire. Je voulais être David, mais clairement Goliath a revu sa méthode de combat. Mon espoir d'une vie un peu plus normale s'envole en fumée... comme bien d'autre projet d'ailleurs. Parce qu'à heure de travail réduite s'additionne un revenu réduit. Il semble que pour nous, ainsi sera la vie!


lundi 4 février 2013

Je ne me souviens pas de toi


Le jour où tu es né, j'ai promis à qui voulait l'entendre que je serais toujours là pour toi, que tu pourrais compter sur moi.
J'ai juré à qui voulait l'entendre que tu serais un enfant spécial, plein de vigueur et un peu moqueur.
J'ai chanté à ton oreille toutes les louanges qu'une mère peut porter dans sa voix, même si tu ne m'écoutais pas.
J'ai écrit chaque jour de ta vie dans un livre spécialement conçu pour toi, pour que tu saches que je n'avais rien manqué de toi.

Et malgré cela, je ne me souviens pas de toi.

Je t'ai nourri moi-même à chacun de tes repas, pour que tu grandisses vite et que tu ne manques de rien.
J'ai accouru vers toi chaque fois où je t'ai entendu m'appeler... même si ce n'était pas pour te sauver d'un éventuel danger.
J'ai pansé tes blessures imaginaires, celles-là mêmes qui n'ont jamais bleuies ou même saignées.
J'ai pourchassé les monstres sous ton lit, armé d'un balai et d'une passoire, pour que tu n'aies pas peur du noir.
J'ai laissé la porte de ta chambre ouverte chaque soir, pour que tu puisses m'entendre encore un peu avant de t'endormir.
Je t'ai bercé des heures pour te réconforter, pour t'apaiser alors qu'au fond, parfois, c'est moi qui avais le plus besoin de toi.

Et malgré cela, je ne me souviens pas de toi.

Je t'ai acheté de beaux habits pour que tu puisses être fier et souriant en allant voir tes grands-parents.
Je t'ai offert toutes les activités possibles, pour t'aider à rester fier et souriant, pour que tu te sentes toujours un peu plus grand.
Je t'ai accordé tout mon temps pour dessiner, bricoler et cuisiner parce que tu voulais tellement toujours faire comme les grands.

Et malgré cela, je ne me souviens pas de toi.

Je me souviens de tes grands yeux noirs, de tes cheveux bouclés et de ta moue qui me faisait craquer.
Je me souviens de tes éclats de rire lorsque je m'amusais à déposer des bisous dans ton cou en te retenant contre moi.
Je me souviens de tes yeux rieurs quand, avec ton papa, tu jouais à qui m'aimait le plus... Jeu auquel tu gagnais haut la main d'ailleurs!

Je me souviens de tout... et malgré cela, je ne me souviens pas de toi.

Je t'ai perdu le jour où j'ai oublié que j'avais juré que tu serais un enfant spécial... Le jour où je me suis laissé convaincre que tu étais spécial au point où je devais prendre les choses en mains et cacher l'essence même de ta personnalité.
Je t'ai oublié le jour où j'ai trop pensé à ce qui pouvait t'arriver si je ne t'aidais pas à tempérer tes éclats, qu'ils soient de rire ou de fracas.

Deux ans déjà que notre monde à changé de couleur, qu'il a perdu de sa saveur.
Et avec tout cela, toi, te souviens-tu de moi?

lundi 7 janvier 2013

Trouvez l'esclave!




En me levant dimanche matin, un seul constat possible : la maison était un vrai foutoir! Dans le salon, des jouets recouvraient plus de 50 % de ma superbe marqueterie. Dans l'entrée, bottes, chaussures, pantoufles et mitaines traînaient à la va-comme-je-te-pousse sur le tapis humide. Sur l'îlot de la cuisine, paperasses et morceaux de Playmobil se partageaient la surface de travail. Sur les comptoirs de cuisine, il y avait à peine l'espace suffisant pour arriver à beurrer une tranche de pain grillé sans se ramasser avec un coude dans l'huile d'olive ou une main dans le grille-pain. Sous la table de la cuisine... Je ne vous parlerai pas du dessous de table de cuisine... c'était trop horrible!

 
En résumé, la maison était en bordel et Caporal Maman venait officiellement de prendre du service. En moins de 10 minutes, j'ai dressé une liste de tâches ménagères à faire et je les ai répartis équitablement entre mes 3 descendants. Bien sûr, Bébé Tupperware hériterait des choses plus simples tandis que Princesse et Fiston découvriraient (enfin!) les joies des corvées NON-rémunérées!

Et bien croyez le ou non, moins de 20 minutes après avoir commencé à ramasser la salle de jeux, Fiston Tupperware est monté à la cuisine avec une de ses affirmations coup-de-poing : « Veux-tu bien me dire pourquoi vous nous traité en esclaves? C'est pas à moi à faire toutes ces tâches-là! En plus... tu paies même pas! »

C'est à ce moment que deux petits fils de cuivre cérébraux se sont touchés dans mon cerveau. Irritée par les propos de mon fils, j'ai oublié de mettre mon filtre de Maman et j'y suis allée d'une de ses tirades dont je suis la seule à connaître le secret. Ça allait comme suit :

« Pardon? Te traiter en esclave? Mais de QUOI tu parles???? Qui est l'esclave ici selon toi? Celui à qui je demande d'avoir l'obligeance de mettre ses bobettes sales dans le panier à linge SALES, ou celle qui lave toutes lesdites bobettes qui se trouvent dans ledit panier? C'est celui à qui je demande de vider sa boîte à lunch à son arrivée de l'école ou celle qui rince les plats visqueux qui ont traîné plus de 3 jours dans ton casier parce que vendredi tu as laissé ton sac à l'école? C'est celui qui doit transporter son propre sac à dos et sa propre salopette ou celle qui transporte le bébé de 2ans, le sac à couche, le sac de patin ET le café Tim qu'elle rapporte pour Papa Tupperware (des fois là! Pas tout le temps quand même!)? C'est celui qui doit sortir le recyclage une fois par jour en fin d'après-midi ou celle qui, en finissant de travailler, doit te conduire à tes 2 rendez-vous thérapeutiques de la semaine alors qu'elle aurait des montagnes de TES bobettes propres à plier??? Allez! Dis le moi qui est l'esclave de la maison??? C'est toi? Vraiment? Bien tu sauras mon petit garçon qu'ici, l'esclave, c'est loin d'être toi! Ici, l'esclave, c'est moi! C'est moi qui organise ma vie en fonction de toi. C'est moi qui ne peux pas avoir un horaire de travail normal parce que tu n'as pas accès au service de garde! C'est moi qui, plutôt que de revenir tranquillement à la maison en finissant de travailler, me dépêche pour que tu puisses aller en psychothérapie, en ergothérapie ou en pédopsychiatrie. C'est moi qui organise l'horaire de tout le monde en fonction de tes difficultés. Alors, le coup de l'esclave, tu ne me le fais plus c'est clair????? »

Silence Radio. Fin de transmission. Fin de la discussion.

Semblerait qu'après mon discours coloré, Fiston ait trouvé ses corvées plutôt simples parce que tout était propre avant l'heure du dîner! À croire que parfois, il faut laisser tomber le filtre pour que la matière puisse rentrée!

Peut-être me trouvez-vous injuste de lui avoir remis en pleine gueule toutes les adaptations mises en places pour lui venir en aide. Malheureusement pour vous, ici, je ne censure pas ce que je vis au quotidien avec mon enfant à défis. Je peux par contre vous assurer une chose : lui et moi avons fait un retour sur cette discussion. Je ne me suis pas excusée de lui avoir dit ce que je lui ai dit, mais je lui ai expliqué que dans la vie, il fallait parfois savoir être reconnaissant de ce que l'on avait plutôt que méprisant face à ce que les autres attendent de nous. Et vous savez quoi? Il a compris. Fin de la discussion.
 

                                      

dimanche 6 janvier 2013

Quand Fiston Tupperware trouve les mots...


Depuis 20 h ce soir, c'est officiel! Notre famille a survécu aux vacances des Fêtes. Je serai très honnête avec vous : j'ai définitivement douté de notre capacité à passer au travers de ces deux semaines de semi-festivités!

Avec des enfants, la période des fêtes en est une de désorganisation. Les changements multiples viennent parfois à bout de leur énergie sans fin... ainsi que de la nôtre (qui à la base n'était PAS sans fin!)

Ici, par chance, la garderie nous a un peu sauvés de la catastrophe. Comme j'ai dû travailler pendant le congé scolaire, il n'y avait que pour Fiston Tupperware qu'il fallait trouver du gardiennage. Malheureusement, les journées auront été pour lui très longues et frustrantes. Il est devenu très anxieux et plutôt agressif. Il est devenu totalement intolérant à la frustration et nous l'a clairement fait savoir.

Nous savons habituellement bien composer avec ses colères et ses désorganisations, mais cette fois, nous avons dû admettre que ses comportements étaient plus problématiques qu'à l'habitude. Nous l'avons donc observé plusieurs journées en tentant de mettre le doigt sur ce qui le rendait aussi anxieux et colérique. Mis à part la présence de l'ado de Papa Tupperware, rien ne nous permettait de croire que le changement était extrinsèque. J'ai donc consulté le pharmacien qui nous a rapidement pistés sur les raisons des changements de comportements de Fiston.

Depuis quelques mois, notre garçon est traité avec un antidépresseur visant à faciliter son sommeil et diminuer son anxiété. L'agitation que nous avions notée était, semble-t-il, causée par une dose trop élevée de médicaments... Vous connaissez la suite n'est-ce pas? Sevrage et changement de médication. Par chance, Fiston a pu voir son médecin le 4 janvier!

Bien sûr, depuis le changement de dosage, nous n'avons pas vu d'énormes changements. Seul le temps nous dira si les modifications au traitement auront un effet positif sur notre garçon.

Le plus difficile, je crois, est qu'en plus d'être difficile pour nous, ce type de désorganisation est souffrante pour mon fils. J'ai vu une détresse dans ses yeux qui m'a ramenée près de 2 ans en arrière... Je l'ai revu, du haut de ses 5 ans, me demander de le tuer pour que les médecins puissent ouvrir son cerveau et comprendre ce qu'il lui arrivait. Je le revoyais, les yeux rivés sur les miens, m'implorer de l'aider, de le soulager de tant de souffrance.

Puis, j'ai réalisé que, contrairement a il y a deux ans, il a été capable de mettre en mots sa souffrance. Il a été capable de nous dire qu'il n'arrivait plus à se contrôler, à se contenir, qu'il trouvait les vacances difficiles et ses relations avec les autres problématiques.

Alors au-delà des troubles de santé mentale et de la médication... il y a un petit garçon de 7 ans qui chemine. Et ça, c'est réconfortant pour un cœur de maman!


Bon retour aux routines pour vous et vos marmots! :)


dimanche 25 novembre 2012

La beauté de l'être humain


La beauté de l'être humain est qu'il finit habituellement par s'adapter aux situations difficiles et aux changements. Alors que je n'y croyais pas vraiment, les choses ont beaucoup évolué dans la dernière année.

La nouvelle classe de Soutien émotif de Fiston tupperware lui convient parfaitement. Le fonctionnement respecte son rythme et ne néglige pas ses apprentissages académiques. Il s'y est fait des amis et apprend à mieux vivre avec ses difficultés puisque ses copains de classe en ont aussi. Ses résultats scolaires sont plus que satisfaisants, ses comportements s'améliorent en classe et son anxiété est mieux contrôlée.

Ceci étant dit, les défis ne sont pas plus petits. À la maison, nous devons maintenir la ligne directrice établie par les intervenants et demeurer cohérents dans nos interventions. Le plus difficile à mon avis reste à faire... et ce n'est pas Fiston qui aura à le faire, c'est moi!

Maintenant que tout est en place pour lui venir en aide, je réalise que mes attentes étaient encore une fois trop élevées. Je m'attendais à ce qu'un encadrement serré et l'évaluation précise des difficultés de Fiston le guérissent un peu de ses troubles. Aussi bête que cela puisse paraître, je m'attendais à me faire dire que le cas de mon garçon n'était pas si problématique et que nous préparerions son retour en classe régulière après moins d'une année en classe d'adaptation scolaire. Ce ne sera pas le cas.

Papa Tupperware m'a récemment confié qu'il préférait mille fois savoir notre fils heureux dans une classe de soutien émotif pendant encore quelques années plutôt que malheureux en classe régulière. Pour lui, il ne fait aucun doute que Fiston a les capacités intellectuelles pour être en classe régulière, mais il sait reconnaître qu'il est préférable qu'il soit bien préparé à affronter le régulier avant d'y être intégrer et que cela passait obligatoirement par un cheminement en adaptation.

Ma tête est d'accord avec Papa Tupperware... mais mon cœur l'est moins. Le cheminement scolaire que suit mon fils ne correspond pas à ce à quoi je m'attendais et je devrai donc redoubler d'effort pour faire mon deuil de l'enfant parfait, de celui que je voulais au-dessus de la mêlée.

Mais comme je le disais au départ, la beauté de l'être humain est qu'il finit habituellement par s'adapter aux situations difficiles, aux situations imprévues et aux changements. Mon amour pour mon fils me guidera donc vers l'acceptation de la situation et fera en sorte que je changerai ma vision de la situation. D'ici là... vaut mieux prendre les choses une à la fois!

lundi 15 octobre 2012

La mémoire est une faculté qui oublie!


Les ajustements pharmacologiques, peu importe la médication, sont toujours un peu délicat. Fiston Tupperware n'en est pas à son premier changement de médication ou de dosage pour le traitement de son TDA/H.

Au dernier rendez-vous médical, la pédopsychiatre ne l'avait pas trouvé bien. Anxieux, impulsif, arrogant, regard fuyant, agitation psychomotrice... bref, la recette parfaite pour faire des changements dans son traitement. Malheureusement, nous ne pouvons pas intervenir sur tous les symptômes en même temps. Nous avons donc dû choisir si nous modifions le traitement pour son TDA/H ou pour son trouble d'anxiété généralisée. À la lumière de ses difficultés au quotidien, la pédopsychiatre a tranché : va pour le TDA/H.

Fiston Tupperware prend du Vyvense depuis quelques mois. Le traitement est plutôt efficace, mais pas optimal. Habituellement, ce médicament n'est donné qu'une seule fois par jour et a une durée d'action approximative de 14 h. Pour fiston, ce n'est pas le cas. Son métabolisme semble aussi hyperactif que son cerveau : il métabolise les médicaments à la vitesse grand V! La médication ne fait donc pas effet le temps escompté et l'effet rebond (moment ou l'enfant devient agité, car la concentration de médicament dans son corps diminue drastiquement) arrive très tôt dans la journée, d'où ses difficultés à se contenir dès 15 h.

Nous avons donc accepté d'administrer le Vyvense à deux reprises dans la journée, soit au levé et à 11 h. Jusqu'à présent, nous avions remarqué qu'il était un peu moins agité en après-midi et qu'il collaborait plus en soirée, mais il n'y avait pas de quoi crier au miracle.

Aujourd'hui, fiston n'a pas reçu sa dose de 11 h.

La morale? La mémoire est une faculté qui oublie!!!! Il était tellement agité que j'en ai eu le tournis! Je me suis même demandé comment il arrivait à vivre dans son propre corps.

Au souper, il m'a demandé de manger dans le salon sinon il n'arriverait pas à rester assis. Demande accordée.

Dans la salle de bain, il m'a demandé de rester avec lui, sinon il mettrait trop de temps à faire sa toilette. Demande accordée.

Ce soir, il m'a dit qu'il aurait préféré ne pas « être né ». Postulat refusé. Gros câlin accordé.

Ce soir j'ai compris qu'il avait de la difficulté à vivre dans son corps et dans sa tête sans sa médication. Chaque fois ça me désole, mais jamais autant que ça me console, car ce soir, il l'a compris aussi.

jeudi 4 octobre 2012

Mal intentionnée


La vie n'est pas un long fleuve tranquille. Du moins, c'est ainsi chez les Tupperware!

L'école est bien commencée. Les devoirs, les leçons, les routines. Allez savoir pourquoi, alors que les choses se passaient relativement bien, l'anxiété de Fiston est revenue par la grande porte. À ce jour, je ne crois pas l'avoir déjà vu si agité et colérique. Il est fragile. À tout instant, il change de mode. Parfois excité, parfois en colère, parfois triste, parfois inquiet... bref, une vraie girouette.

Le matin, les choses tournent (trop) souvent au drame. Il connaît ses « Je dois/je peux » par cœur, mais met un temps fou à venir à bout des quelques tâches qu'il doit accomplir avant de partir pour l'école. À table, il parle, gesticule, fait des bruits de bouche et en vient même parfois à tomber en bas de sa chaise! Il fait du coq à l'âne, parle fort et surtout, entraîne son petit frère dans sa tempête. Je me retrouve donc avec deux garçons agités, et ce, malgré les avertissements et les conséquences donnés.

Bien sûr, avant de partir pour l'école, la médication de Fiston n'a pas encore commencé son effet. Mais que puis-je faire? Le réveiller à 5 h pour espérer qu'à 6 h il soit plus disponible et apte à faire ce qu'il a à faire?

À l'école, il éprouve des difficultés. Il ne garde pas ses commentaires pour lui-même (comprendre : je parle sans arrêt, quand ça ME plaît!), argumente avec les adultes et adopte un air arrogant. Lorsque les adultes interviennent auprès de lui, il tend à se justifier ou à clamer haut et fort que ce n'est pas lui le responsable du comportement reproché ou de la consigne non suivie.

Au retour de l'école, il est comme une bombe à retardement. À 15 h 30 pile, il devient ingérable. Il devient totalement intolérant à toute forme de contrariété, fait de la discipline avec sa sœur et son frère et hurle à l'injustice dès que Papa Tupperware ou moi intervenons auprès de lui. Souvent, il finit dans son lit à une heure plus hâtive qu'à l'habitude ou se voit retirer des privilèges que nous lui avions accordés.

Lors du rendez-vous d'hier avec sa pédopsychiatre, elle ne l'a pas trouvé bien. Vous devinez la suite n'est-ce pas? Bien sûr, un changement de médication. Rien de majeur, mais suffisamment important pour espérer arriver à gérer son impulsivité et son anxiété.

Hier soir, il n'avait qu'une chose à me dire avant de se coucher : « Vous êtes mal intentionnés à mon égard! Vous n'essayez pas de comprendre que je ne suis pas CAPABLE de me contrôler. La colère est trop grande dans ma tête. »

Bien sûr, je suis mal intentionnée. Le matin, je le confine à sa chambre pour arriver à prendre le dessus sur les choses à faire avant notre départ. En fin de journée, je demande à sa sœur de l'ignorer quand il crie ou qu'il tente de faire de la discipline avec elle. Je vais même parfois jusqu'à demander à ma fille de se trouver une activité qu'elle pourra faire dans une autre pièce afin d'être un peu tranquille! Au souper, s'il ne se contrôle pas, il est sorti de table afin que l'on arrive à s'entendre parler et que l'on puisse manger tranquillement. En soirée, lorsque la tension est trop haute parce qu'il ne se contrôle plus, je l'envoie au lit plus tôt pour réussir à passer un peu de temps de qualité avec mes deux autres enfants. Si toutes ces choses sont de la mauvaise intention alors oui, je suis mal intentionnée! J'ai besoin d'une pause quand les tympans me font mal ou que je perds le contrôle de la maisonnée.

Mais maintenant, dites-moi, suis-je si mal intentionnée ou n'ai-je pas simplement le droit d'être humaine et d'en avoir assez?
 

mercredi 15 août 2012

Les dollars sourires

Dans ma carrière de mère, j'en ai accompli des choses! Certaines furent des réussites et d'autres des échecs. L'une d'entre elles fut certainement la création de dizaines de tableaux d'émulation visant à apprendre à mes enfants à travailler fort pour obtenir des privilèges. À ce jour, aucun d'entre eux n'a semblé fonctionner!

Avec le retour en classe qui approche, j'ai décidé de tenter (encore une fois!) un nouveau système d'émulation pour mes enfants.

Après avoir longuement réfléchi, j'ai réussi à établir un système plutôt simple et qui a su plaire immédiatement à mes enfants! (Au grand désespoir de papa Tupperware qui déteste les systèmes d'émulation!)

Voici donc ce que j'ai mis en place :

J'ai choisi 5 objectifs à atteindre. Ils doivent effectuer leur routine du matin sans que je doive répéter sans cesse, ils doivent faire leur tâche respective, ils doivent demeurer calmes pendant l'heure du souper, ils doivent effectuer la routine du bain calmement et être respectueux envers les membres de la famille. L'atteinte de chaque objectif permet à mes enfants de gagner 1 $ sourire. Une fois le dollar gagné, il le place dans un carnet bancaire que je leur ai fabriqué. J'ai toutefois expliqué aux enfants qu'ils y avaient trois règles importantes auxquelles ils ne devaient pas déroger sinon ils se verraient retirer 1 $. Ils doivent donc éviter de crier, demeurer polis dans leurs demandes et respecter les consignes simples.

Chaque vendredi, les enfants peuvent échanger leurs dollars contre des privilèges dont le prix a été établi au préalable. Deux choix s'offrent donc à eux : échanger leur argent contre un privilège à petit prix ou économiser leurs dollars jusqu'à la semaine suivante pour pouvoir obtenir un privilège de plus grande valeur.

Bien sûr, je suis bien consciente qu'il est préférable de travailler uniquement un objectif à la fois plutôt que 5. Par contre, plusieurs des objectifs énumérés plus haut sont déjà acquis, ce qui leur permet d'obtenir certains dollars sans faire trop d'efforts. Par ailleurs, lors de l'échange des dollars, ils réaliseront que plus rapidement ils atteignent les objectifs, plus rapidement ils obtiendront des dollars et donc, plus rapidement ils obtiendront leur privilège.

Bref, le système est appliqué depuis hier et semble porter fruit. Surtout avec Princesse Tupperware qui répond très bien à ce type d'encadrement et de motivation. Pour ce qui est de Fiston Tupperware, il gagne facilement 3 $ par jour, mais doit faire plus d'effort en ce qui a trait au respect et au calme pendant l'heure du bain.

Par contre, ce que je ne vous ai pas dit, c'est que je me suis gardé une petite marge de manœuvre afin de garder mes enfants motivés. Mon secret? Offrir de Boni-dollar-sourire pour les comportements qui méritent d'être soulignés. C'est pourquoi ce soir, mes enfants ont tous deux reçu un petit dollar de plus pour avoir été particulièrement sages lors de leur cour de karaté!

Maintenant, il ne me reste plus qu'à maintenir la méthode en place et à demeurer constante dans ce que je leur demande!

Et vous? Utilisez-vous des systèmes d'émulations pour motiver vos enfants?

lundi 2 juillet 2012

Merci Madame J!


Il n'y a pas si longtemps, je ressentais le besoin d'écrire tous les jours. J'avais besoin de mettre en mots toutes les émotions et les états d'âme que suscitaient les problématiques de Fiston Tupperware. Aujourd'hui, c'est le calme après la tempête, le repos du guerrier... C'est les vacances.

Je ne sais pas si c'est simplement le fait qu'il ne soit plus à l'école, mais depuis plus de 10 jours, fiston Tupperware est heureux et il est bien. Il fréquente le camp de jour depuis la semaine passée sans aucune fausse note, il effectue ses tâches quotidiennes à la maison et il est capable d'identifier les moments où il est anxieux. Pas de crise. Peu d’opposition. Un enfant heureux, comme tous les enfants heureux que je connaisse.

Ceci étant dit, j'ai mis plus de temps que lui à décrocher.

Vendredi dernier, lors d'un souper improvisé chez une amie, la vie m'a fait un beau cadeau. Elle a mis sur ma route une femme, une enseignante, qui travaille à l'école que fréquentera Fiston en septembre. Elle enseigne aux enfants un peu plus vieux que notre fils et connaît bien le programme de soutien émotif qu'il fréquentera.

Ai-je vraiment besoin de vous dire que j'ai posé à cette pauvre âme les 22 000 questions qui me flottaient dans la tête?

Ai-je vraiment besoin d'ajouter que je lui ai aussi fait part de mes 44 millions d'inquiétudes?

Et bien, croyez-le ou non, cette enseignante à fait chuter mon anxiété le temps d'un souper. Elle a pris le temps d'expliquer et de réexpliquer les aléas du programme, tout en me rassurant sur la qualité de l'enseignement qui y est dispensé. Elle ne m'a pas laissé croire que mon fils entrait dans une autre dimension. Elle a été franche et m'a permis de mieux niveler mes attentes.

À la fin du souper, j'ai senti que je pouvais enfin lâcher prise, que mon enfant serait bien là où il s'en allait.

Maintenant, il ne me reste plus qu'à réapprendre à savourer chaque instant de ma vie et de vivre chaque « moment présent » pleinement.

Maintenant, je peux respirer sans gêne et je peux dormir sans crainte.

Merci Madame J.!


mardi 26 juin 2012

Camp de Jour ::: Jour 1


6 h 40
 
 
Je sens une présence près de moi. Un souffle à peine perceptible me sort tranquillement de mon sommeil. J'ouvre les yeux...
 
 
Ahhhh! Un enfant!
 
 
Encore somnolente et le dos en compote, j'essaie de reconnaître la chose qui se trouve à 8 mm de mon visage. Il est tellement près de moi que je ne vois que deux petits trous sombres. Si je me fie à mes connaissances anatomiques, ce sont des narines. Je recule.
 
 
J'entends l'enfant me dire : « Maman? Dans combien de minutes on part? »
 
 
« Maman? » me dis-je à moi-même. Bien sûr, au lever du soleil, peu importe l'état de mon corps de déesse, je redeviens inévitablement... Maman!
 
 
Je m'étire et j'ouvre les yeux (pour vrai cette fois). À mes côtés, Fiston Tupperware me dévisage comme si je descendais directement d'un film comique. J'avoue que ma tignasse entremêlée et mes yeux collés doivent lui donner le goût de faire une vidéo et de la poster sur YouTube!
 
 
Il répète sa question : « Mamaaaannnn! Dans combien de minutes on part pour le camp de jour? »
 
 
Ah oui! Le camp de jour! C'est aujourd'hui que ça commence. Je me retourne vers l'horloge et lui baragouine un « Dans 2 heures... » Satisfait, il retourne au salon.
 
 
Dans la pénombre de ma chambre, je me dis que je ne suis pas prête pour ça! J'ai beau avoir tout préparé, tout calculé, je ne suis pas prête. Je suis inquiète... encore!
 
 
À 7 h, toute ma gang est installée à table. Le repas est en cours! Puis, les minutes se sont succédé et l'heure du départ a sonné. Avant de franchir la porte, Fiston Tupperware me regarde les yeux écarquillés : « Maman, je suis nerveux. »
 
 
Je sais qu'il est nerveux. Pas de problème. Tout ira bien.
 
 
À notre arrivée au camp, Fiston est tout sourire. Un moniteur se présente et s'extasie devant un dessin fait le matin même par mon fils qu'il voulait offrir à son moniteur en cadeau. C'est un départ.
 
 
Une fois à la maison, je ne suis plus inquiète. Les deux moniteurs entrevus au camp avaient le sourire franc, un ton enjoué et des statures, disons... imposantes! Aucun risque que Fiston ne tente un corps à corps avec l'un d'eux.
 
 
16 h
 
 
J'arrive au camp. Je ne suis pas calme, mais ça ne paraît pas trop. Le responsable du camp me voit arriver et se dirige vers moi. Il valide que je viens bien chercher Fiston et me sort son plus beau sourire en disant :
 
 
« On a eu une journée de malade avec votre fils! On a tripé solide avec lui! »
 
 
Euh!!! YEAH!!!!!!!
 
 
Et c'est un enfant heureux que j'ai ramené à la maison ce soir.
 
 
Ai-je vraiment besoin de vous dire que ça faisait changement?

Fiston Tupperware découvre le calque. Parfait pour passer le
temps avant de partir pour le camp!

jeudi 21 juin 2012

La fin!


Moins de 24 heures. Un dernier dodo et ce sera les vacances. Fiston Tupperware aura survécu à son année scolaire.

Demain, il dira au revoir à ses amis. Il sait qu'il ne les reverra pas l'an prochain. Il sait qu'il changera d'école et donc qu'en septembre les choses seront différentes.

Lundi, la psychoéducatrice responsable de la classe de TRP (troubles reliés à la psychopathologie) est venue lui rendre visite à son école et lui a demandé s'il savait qu'il ne revenait pas l'an prochain. Après lui avoir répondu par l'affirmative, elle lui a demandé s'il avait envie de visiter cette nouvelle école dont ses parents lui avaient parlé. Il a répondu oui, sans hésiter.

Selon le compte rendu de la psychoéducatrice, la visite s'est très bien passée. Fiston Tupperware était très emballé à l'idée d'intégrer la classe de deuxième année du programme. À la surprise de tous, il leur a dit qu'il serait mieux dans cette classe que dans une classe régulière. Il leur a expliqué que parfois, il avait besoin de plus d'espace que les autres, de lieux où il pouvait se sentir en sécurité. Puis, il a renchéri en leur disant qu'il était content d'avoir pu visiter sa classe et rencontrer sa nouvelle enseignante, car il craignait de devenir anxieux pendant l'été en raison du changement d'école. Il a dit se sentir apaisé grâce à la visite.

Quand je suis allée le chercher pour le dîner cette journée-là, il m'a raconté son avant-midi avec madame S. et m'a expliqué qu'il avait eu une excellente nouvelle : Madame S. lui a promis que s'il s'ennuyait de ses amis l'an prochain, elle organiserait une visite à son école. Elle lui a dit que l'important pour elle était de rendre les enfants heureux et que si son bonheur à lui dépendait de ces visites, elle se chargerait de les organiser.

Aujourd'hui, mon fils a hâte de changer d'école. Comme sa seule crainte était de perdre ses amis de vue, il a été rassuré et n'envisage plus ce changement comme une épreuve. Il sait maintenant qu'il y a quelqu'un, dans sa nouvelle école, qui s'occupera de son bonheur.

Si vous m'aviez dit il y a quelques mois que les choses s'amélioreraient entre le système scolaire et moi, je ne vous aurais pas cru. Aujourd'hui, j'admets que cette classe sera beaucoup plus adéquate pour mon fils qu'une classe régulière. Et honnêtement, j'ai l'impression qu'il y vivra beaucoup plus de réussite et qu'il sera mieux compris dans ses besoins particuliers.

Et maintenant que le dossier scolaire est réglé, nous pourrons enfin profiter de l'été!!! :0)

Bonne vacances!!!