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dimanche 3 janvier 2016

La réflexion de Maman Tupperware ::: L'empreinte numérique des Tupperware


Il y a plus de 4 ans, je créais ce blogue. Le but était de parler ouvertement de notre vie avec un enfant différent. À cette époque, nous ne savions pas encore ce que notre fils avait. Nous attribuions tous ses comportements à son TDAH de type mixte.

Puis, au fil des ans, les diagnostics se sont additionnés pour ensuite se préciser.

Aujourd'hui, nous savons que Fiston a un syndrome de Gilles de la Tourette. Nous savons que son TDAH, son trouble anxieux et son trouble d'opposition avec provocation font parti du syndrome. Nous savons aussi que les traitements pharmacologiques aident à diminuer les manifestations de son anxiété et aident à contrôler son TDAH.

Il y a 4 ans, ce blogue me servait de soupape pour relâcher la pression et pour créer des liens avec des gens qui vivent et comprennent notre réalité. Par la publication de mes textes, j'arrivais à mettre des mots sur mes maux. Écrire m'a toujours permis de relativiser les émotions que je vivais face à tous ces diagnostics auxquels nous devions faire face.

Ici, je vous ai parlé ouvertement des difficultés familiales qui viennent avec les problèmes de santé mentale de mon garçon. Je n'avais jamais eu l'intention de me censurer ou de modifier notre réalité pour gagner un lectorat.

Puis, l'an passé, suite à la publication des textes en lien avec le placement volontaire de Fiston en foyer de groupe de la DPJ, je me suis mise à me questionner. D'un côté, je trouvais important de parler ouvertement des vraies choses, de ce que cela impliquait pour notre famille que de devoir vivre avec la différence, les crises et les idées suicidaires. De l'autre, je n'avais pas envie de laisser une empreinte numérique négative de mon enfant. Parce qu'il faut se le dire : ce qui se retrouve sur le NET reste sur le NET.

Ma réflexion fut longue et difficile. Je me demandais si je devais fermer ce blogue en prenant soin de détruire les textes qui s'y trouve. Je me suis aussi demandé ce que dirait Fiston si, dans quelques années, il lisait ces textes et sentait que je ne l'avais pas respecté dans son intimité.

Tout ce questionnement n'était pas anodin. Il m'a forcée à prendre une pause et surtout à prendre du recul. Il était important pour moi de bien faire la différence entre ce que j'avais envie de publier et ce qui était publiable, de décider sous quel angle je continuerais à faire ce que j'aime (continuer d'écrire et de partager) et à quel point j'étais en mesure d'assumer cette décision.

Au terme de ma réflexion, j'ai réalisé que jamais, ici ou nulle part ailleurs, je n'ai dénigré mon enfant. J'ai toujours pris soin de rédiger mes textes en donnant MON point de vue et en livrant mes propres émotions. Après avoir relu plusieurs des 400 textes publiés ici, j'ai décidé de poursuivre ce blogue. Non pas pour gagner en lectorat, mais bien pour partager MA réalité de mère d'un enfant différent. Toutefois, bien évidemment, je prendrai encore plus grand soin de respecter mon garçon en le consultant avant une publication et en lui expliquant mes motivations. Et advenant que je publie un texte plus sensible, je m'assurerai d'être en mesure d'en assumer entièrement les répercussions.

Dorénavant, si Fiston n'approuve pas, je ne publierai pas. Et ce sera ainsi pour Princesse, Bébé et Minnie Tupperware.

L'aventure se poursuit donc pour moi, Maman Tupperware, mais avec une façon de voir et de publier qui sera un peu différente.

Que pensez-vous de ma réflexion? Quelle empreinte numérique laisserez-vous de vos enfants?

dimanche 11 octobre 2015

La déprime saisonnière de Fiston Tupperware


J’ai toujours aimé l’automne.
La température qui devient plus fraîche, les feuilles qui changent de couleur et l’odeur des feux de foyer qui commence quand la noirceur s’installe.
J’ai toujours aimé l’automne.
La stabilité des routines avec les enfants, les bricolages en prévision de l’halloween et les journées ensoleillées passé à l’extérieur à ramasser les feuilles colorées.
J’ai toujours aimé l’automne.
Les journées pluvieuses à regarder la télé, à cuisiner des plats réconfortants et à profiter de la noirceur de fin de journée pour faire la sieste avec le plus jeune de mes enfants.
J’ai toujours aimé l’automne… jusqu’à ce que je réalise que c’était la période la plus dure pour Fiston.
Parce que la pénombre, les journées plus courtes et la température froide ont un effet terrible sur son humeur.
En quelques semaines, son père et moi l’avons tranquillement vu dépérir, perdre ses intérêts, et devenir plus irritable. Cette semaine, Fiston a fait le même constat que nous.
Assis à la table de la cuisine, il a fondu en larmes. Il ne sait pas trop ce qui lui arrive mais il n’aime pas cela.
« Maman, je me sens vide. Je n’ai plus envie de rien. Je ne vois plus mes amis, je n’ai plus de projets. JE dormirais toute la journée. C’est comme ça à chaque automne et je ne sais pas quoi faire! »
J’ai toujours aimé l’automne et je suis bien triste de constater que mon enfant ne voit pas l’arrivée de la saison froide sous le même œil que moi et que, pour lui, ce soit une période difficile émotivement. Je voudrais le convaincre avec des mots que ce sentiment n’est que temporaire et qu’au retour de la lumière viendra le retour de son sourire. Mais mes mots ne trouvent pas le chemin vers sa tête et son cœur.
Nous devrons mettre en place des stratégies pour diminuer l’effet de cette déprime temporaire sur notre enfant. Des activités spéciales, des projets motivants et peut-être un peu de luminothérapie nous aideront peut-être dans les prochaines semaines?
J’ai toujours aimé l’automne.
Je veux continuer d’aimer l’automne et ne pas laisser la tristesse et la déprime envahir mon foyer. Je veux trouver des solutions pour briser ce cycle automnal qui envahit mon garçon depuis quelques années déjà.  Je veux le voir sourire et jouer, l’entendre  rire et chanter.
J’ai toujours aimé l’automne… et je veux que ce soit la même chose pour mon enfant.
Comment se passe l’arrivée de l’automne avec vos enfants plus fragiles au changement de saison?
Lors d'une journée plus gaie passée à la ronde en septembre, Fiston était tout sourire! :)





samedi 23 mai 2015

Constance, cohérence et organisation

Je suis silencieuse ces temps-ci. J’écris peu par manque de temps, certainement pas parce que je manque de chose à dire! J


Fiston va relativement bien. Nous continuons de travailler fort avec lui pour l’aider à gérer ses comportements.
Avec l’aide de son éducateur de la DPJ, nous explorons régulièrement les pistes de solutions qui peuvent amener notre garçon à faire de bons choix et à se comporter de façon acceptable.
Mais, pour vous dire la vérité, nous travaillons probablement plus sur notre rôle de parent que sur lui directement.
Avoir un enfant avec des fragilités, ce n’est pas simple. Ajoutez à cela un contexte de famille nombreuse et vous comprendrez que la gestion « humaine » de notre famille comporte plusieurs défis.
Papa Tupperware et moi avons dû mettre l’accent sur notre cohérence parentale et sur notre communication. Parce que gérer 4 petits humains en développement peut facilement devenir une tâche énorme. Nous avons dû revoir nos bases et surtout nous assurer que nous étions cohérents dans nos interventions.
Bien sûr, tous les livres de psychologie le disent : pas de cohérence, pas de stabilité. Pas de stabilité, plus de risque de comportements inadéquats. Problème de santé mentale ou pas!
Fiston est passé maître dans l’art de semer la zizanie, que ce soit volontairement ou pas. Il cherche continuellement la faille entre son père et moi afin d’obtenir ce qu’il désire et si nous ne sommes pas vigilants, nous risquons à chaque instant de nous contredire et de voir un conflit éclater.
Et même si de parler de cohérence semble simpliste, ça ne l’est pas. Pas du tout en fait! Des choses aussi simples que la routine après l’école, l’heure du bain ou le temps d’écran peuvent devenir des combats sanguinaires (j’exagère, mais je sais que vous comprendrez!).
On me demandait souvent comment je faisais pour gérer la maisonnée avec 4 enfants. Chaque fois, je ne savais quoi répondre. Maintenant, je réponds trois choses : constance, cohérence et organisation.
Si notre milieu est désorganisé, les choses tendent à déraper. Si Papa Tupperware et moi n’avons pas pris le temps de communiquer et d’établir ensemble nos attentes ou de faire consensus sur un sujet épineux, Fiston en profite et les conflits se créent.

Notre vie depuis décembre n’est pas toujours simple. Ni Fiston, ni nous ne souhaitons qu’il retourne en foyer de la DPJ. Nous souhaitons tous un retour à domicile permanent, et ce même si on nous a dit que ce serait difficile. Nous continuons de travailler ensemble pour que notre enfant soit bien et que notre famille ne soit pas en souffrance.

Avoir 4 enfants, c’est facile. Mais réussir à garder une famille en santé et unie, c’est un travail quotidien et de longue haleine.
Comment vous assurez-vous d’être cohérents, constants et de communiquer adéquatement comme parents?


                                

lundi 6 avril 2015

Les stratégies de Fiston pour diminuer son anxiété

Fiston est anxieux. Il le sait et nous le savons. 

Depuis les événements de décembre dernier, nous travaillons d'arrache pied pour l'aider à gérer ce mal qui le ronge quotidiennement. 

Nous avons restructuré les routines de vie (les repas, l'heure de la douche et celle du coucher), instauré un (autre!) tableau d'émulation et essayons d'être encore plus attentifs aux signaux d'anxiété que nous envoie notre garçon. 

Nous avons aussi élaborer des stratégies AVEC lui afin qu'il puisse s'apaiser lorsqu'il sent la tempête gronder. 

Fiston adore la lecture. C'est un moyen pour lui de se couper de son environnement et de se retrouver seul avec lui-même. J'ai donc convenu avec lui que nous irions à la bibliothèque chercher de nouveaux livres une fois (bien souvent 2!) par semaine. Nous revenons  chaque fois avec une vingtaine de livres que Fiston lit à tout moment, par plaisir ou pour retrouver son calme. 

Quand les livres sont tous lu ou que son coeur n'y est plus, on sent bien que Fiston peine à rester en place. Il n'arrive pas à occuper par lui-même son temps libre et a besoin de notre support pour se trouver des trucs (positifs!) à faire. Nous travaillons donc très fort pour l'aider à se choisir des activités qui lui plaisent et qui lui permettent de ne PAS laisser l'angoisse l'envahir. 

Parfois il dessine, d'autre fois il joue avec Minnie. Il arrive aussi qu'il sorte marcher. Bien souvent, lorsqu'il revient, il tourne en rond autour de Papa Tupperware et moi pendant de longues minutes, puis finit par retourner lire ou se trouver une activité. 

Tranquillement, il apprend à occuper son temps et nous le sentons fier d'arriver à le faire. 

L'anxiété n'est pas un truc simple à gérer. Je le sais parce que j'en souffre aussi. Toutefois, je suis heureuse que nous soyons capable d'aider notre fils à y faire face maintenant. 

Car il est beaucoup plus facile d'outiller un enfant pour le futur, que de réparer un adulte brisé par le passé. 

lundi 16 mars 2015

Ces tics qui dérangent

Vivre avec un enfant qui souffre du syndrôme de Gilles de La Tourette, ce n'est pas toujours évident. Surtout pour l'enfant!

Ici, Fiston n'a eu qu'un période de tics intense. Lors de la naissance de Minnie, il se raclait la gorge presque sans arrêt. Le tic avait fini par passer après quelques mois (au grand soulagement de nos oreilles qui, avouons-le, ne trouvaient pas facile la nouvelle trame sonore de la maison!). 

Puis, un tic silencieux, mais plus complexe, s'est installé. Fiston fait un mouvement de hanche-jambe que je ne saurais décrire ni en mot, ni en mime! C'est une sorte de mouvement de rotation de la cuisse suivi d'un mouvement de main qui flatte ensuite la cuisse. (Je sais... Ce n'est pas très clair quand on le lit!)

Il n'y a que lui et nous qui savions que ce déhanchement inhabituel est un de ses tics. (Le commun des mortels ne le remarquait pas avant que je parle ici)

Bien entendu, sans apprécier le fait que notre fils ait un tic, nous préférions celui-là à celui d'avant. 

Bien que nous savons que les tics peuvent varier, nous espérions que le raclement de gorge soit chose du passé. 

Nous n'avons pas été exaucés. 

Depuis près de dix jours, Fiston est au prise avec des raclements quasi continuels de gorge. Pendant qu'il s'habille, qu'il écoute la télé, qu'il dessine, qu'il mange, le tic l'accompagne. 

Bien que cela soit irritant pour la maisonnée, nous ne disons rien. Nous continuons de vaquer à nos occupations comme si de rien était. Nous savons que de lui demander d'arrêter ne ferait qu'accentuer le raclement et occasionnerait encore plus d'anxiété. Pas la peine donc d'en ajouter!

Le plus dur dans tout ça? 

C'est de savoir que nous n'y pouvons pas grand chose et que le premier à en souffrir est Fiston. 

C'est de le voir souffrir physiquement (parce que se racler la gorge vigoureusement 1000 fois par jour, ça finit par faire mal!) et aussi psychologiquement.

C'est de faire face à tous ces gens qui lui demande s'il est malade ou s'il a besoin d'un verre d'eau et à qui Fiston répond poliment "non merci" en me regardant d'un air triste. 

C'est de vouloir que ça cesse, non pas parce que c'est dérangeant pour nous ou les autres, mais parce que ça l'est pour lui. 

Et d'ici à ce que ce tic disparaisse (s'il disparait un jour), nous ne pouvons que serrer notre fils bien fort dans nos bras et tenter de le réconforter. 

Nous ne pouvons que continuer de le soutenir, de l'apaiser et poursuivre l'enseignement social qui vient avec les tics vocaux ou moteurs des enfants souffrants de SGT. 

Alors si un jour vous rencontrer un enfant qui se déhanche, cligne des yeux, s'étire le cou, flatte les objets, répète sans cesse certains mots ou se racle la gorge à répétition, offrez lui un verre d'eau, mais parlez lui aussi d'autre chose. 

Parce que nos enfants ont beaucoup à raconter. Et quand ils le font, les tics, on ne les voit ou ne les entend (presque) plus. :)


Vos enfants ont-ils des tics? Comment gérez-vous cela?

vendredi 27 février 2015

Relâche 2015 ::: Désamorcer Fiston Tupperware



Je sais. Je comprends. La semaine qui s'en vient n'est pas toujours source de réjouissances pour les parents d'enfants différents.

Alors que plusieurs se réjouissent avec un grand R de l'absence de routine et du « vivre et laisser vivre » qui s'annoncent, d'autres craignent les désorganisations et l'anxiété que l'absence de routine occasionnera.

Ici, je l'avoue, je fais partie de la deuxième gang. Toutefois, je garde toujours espoir que nous arrivions à gérer la période d'adaptation dont Fiston à besoin pour rester « zen ».

Ce matin, il n'était pas 7 h que Fiston angoissait déjà. Ne sachant que faire de sa peau, il multipliait les demandes et nous faisait bien comprendre qu'il avait besoin de nous pour se gérer.

Puis BOOM! Une crise d'angoisse! Il comptait déjà les jours restants à la semaine de relâche, craignant de ne pas avoir le temps d'avoir le temps! Il voulait aller glisser, aller à la bibliothèque, aller chez le barbier, aller chez un ami, aller magasiner, écouter un film... Bref, il ne se gérait plus.

Je n'avais pas terminé mon premier café (d'une série de plusieurs!). Je me sentais déjà dépassée par cette semaine de relâche qui ne faisait que commencer. J'étais impatiente, à fleur de peau et je n'avais pas envie de gérer les crises de Fiston.

J'aurais pu sauter un plomb à tout moment! J'ai toutefois réussi à faire autrement.

Fiston tournait en rond, était arrogant et cherchait la dispute. Il me talonnait dans la cuisine en attente de réponses à ses 27 000 inquiétudes matinales. Alors qu'il était au bord des larmes, je lui ai donné une boîte de préparation pour gâteau et je lui ai dit : fais-moi un gâteau!

Son visage en disait long sur son incompréhension face à ma requête. Il a d'abord hésité, puis, comme je lui ai dit que je le jugeais capable de faire un gâteau sans aide, il s'est mis à la tâche.

Ce fut la fin de la crise de nerfs entourant les activités à faire pendant la semaine de relâche!

Ce que j'ai fait porte un nom : désamorcer une crise. Plutôt que d'essayer de rationaliser son anxiété avec un raisonnement d'adulte, j'ai changé le mal de place. Je l'ai éloigné de ses angoisses pour diriger son attention vers un truc plus constructif et productif.

Vingt minutes plus tard, nous avions un gâteau au four et un enfant plus calme. Bien sûr, j'ai dû promettre à Princesse et Bébé Tupperware de cuisiner avec eux aussi (t'sais, équité!) plus tard dans la journée, mais je trouvais que c'était un bien petit compromis.

Somme toute, nous avons réussi à passer un avant-midi agréable. Du moins, bien plus agréable que si j'avais tenté de le convaincre en mot que la semaine ne faisait que commencer et que nous aurions suffisamment de temps pour faire tout ce que nous avions promis de faire.



Comment vivez-vous la semaine de relâche avec vos enfants?


mercredi 24 décembre 2014

Réflexion d'un 24 décembre

Les enfants sont couchés. Papa Tupperware est allé conduire Fiston au foyer. (Il reviendra tôt demain matin.)

Je fais un peu de lavage (la vie continue!), perdue dans mes pensées. 

Avant de partir ce soir, Fiston m'a demandé quelque chose. Quelque chose d'impossible. Il ne veut pas que nous parlions de son séjour au foyer. Il a honte.  Il ne veut pas que les gens croient qu'il est fou, qu'il est un mauvais garçon. 

Fiston a vu dans la cuisine toutes les cartes de Noël et les petites attentions reçues depuis son départ. Il m'a interrogé sur les raisons qui ont poussées les gens à nous supporter autant. 

Je suis incapable de mentir à mes enfants. 

Je lui ai expliqué que sa maman est chanceuse. Qu'elle a des ami(e)s qui l'aiment et qui, lorsqu'ils ont pris conscience de sa tristesse, se sont mobilisés pour lui venir en aide, pour l'aider à traverser l'épreuve en cours. 

Fiston m'a demandé si mes ami(e)s étaient des gens de confiance. J'ai dit oui sans hésiter. Puis, je l'ai serré fort dans mes bras. 

Ce soir, il y a une étoile au sommet de notre sapin et il y a un baume sur mon coeur. Malgré toute la peine et l'angoisse des dernières semaines, je ne me suis jamais sentie seule. Chaque message, chaque carte, chaque pot de marmelade et de caramel à la fleur de sel m'a aidé à rester debout. Forte, solide, mais à la fois humaine et accueillie dans ma détresse. 

Ce soir, il y a une étoile au sommet de notre sapin et (à nouveau) beaucoup d'espoir dans mon petit coeur de mère. 


Merci à tout ceux qui ont pris le temps de  m'écrire, de me texter, de me courrieler et de m'appeler. Sans vous, je serais sans doute tombé sans être capable de me relever. xxx

mardi 23 décembre 2014

Tête-à-tête avec Fiston Tupperware

J'avais rendez-vous avec lui dimanche soir. Après le travail, je me suis rendu au foyer de groupe de Fiston pour y passer la soirée. 

J'étais nerveuse. J'avais peur de sa réaction en me voyant. J'avais peur qu'il ne soit pas heureux, qu'il se fâche ou qu'il pleure. Mon coeur de maman s'emballait depuis l'aube à l'idée de passer du temps avec mon grand. 

Quand je suis arrivée, toutes mes peurs et mes angoisses se sont envolées. Fiston était souriant et heureux. Il m'a serré fort dans ses bras, me disant qu'il m'aimait et qu'il avait hâte de me voir. 

Près d'une semaine depuis son entrée au foyer de groupe. Une semaine d'encadrement, mais aussi d'apaisement. Une semaine à réapprendre à vivre sans drame, sans stresseurs venant de partout. Fiston était calme. J'ai eu envie de pleurer. 

Nous avons discuté tranquillement et lu un livre ensemble. Je l'ai accompagné pendant sa routine de fin de soirée. J'ai fait une liste avec lui des trucs qu'il voulait que Papa lui apporte le lendemain. (On avait chacun notre soir en tête-à-tête). La priorité: une vraie couverture douce qui sent la maison et un autre toutou. Un livre aussi, pour lire tranquille dans sa petite chambre. 

Quand je suis partie, j'étais sereine. Mais dans la voiture, à quelques minutes de la maison, j'ai eu le coeur gros. J'aurais voulu ramener notre fils à la maison sur le champ. Tout de suite. Maintenant. 

Puis, je me suis resaisie. Je me suis rappelée sa détresse des dernières semaines et la nôtre. J'ai pris le temps de me rappeler les raisons qui ont menées à notre choix et surtout les progrès en cours. 

Je persiste et signe: nous faisons ce qu'il y a de mieux pour lui et pour nous. Et demain, il sera avec nous pour le souper. Et le 25, il sera avec nous pour la journée jusqu'au le demain. 

Et bientôt, il sera avec nous pour toujours. 

vendredi 19 décembre 2014

L'étoile manquante des Tupperware

Pour certains, le silence est d'or. Il apaise et réconforte les cœurs blessés. Pour d'autres, il est signe de repli, de souffrance, de douleur. Pour moi, il est le signe que les choses ne vont pas comme je le voudrais.

Noël approche à grands pas. Les enfants sont fébriles et ont bien hâte que le Père Noël vienne délester son bagage sous le sapin. Les parents en sont à planifier les journées de vacances qui arrivent, à organiser des soupers et à choisir qui sera le chauffeur désigné.

Ici, ce n'est pas comme ça.

J'ai toujours dit que je bloguerais ma vie sans censure, que je serais toujours franche face aux difficultés que nous traversons avec notre enfant différent. Puis, tranquillement, voyant que notre fils n'allait pas bien depuis quelques mois, je me suis faite silencieuse. J'ai gardé pour moi (et pour les gens qui me sont familiers) mes angoisses, mes peurs et ma tristesse.

Mais voilà, le silence ne me va pas. Il me confine à des zones d'inconforts et de mal-être qui deviennent tranquillement insupportables.

À pareille date l'an passé, Minnie était aux soins intensifs de l'unité néonatale. Fiston n'allait pas bien et nous survivions tant bien que mal aux bouleversements qu’entraînent une naissance prématurée. Une fois de retour à la maison, j'avais promis à nos enfants un Noël doux et sans drame pour l'année suivante.

Je n'ai pas pu tenir promesse.

Fiston ne va pas bien. En fait, il va même plutôt mal. Il est devenu de plus en plus opposant et incontrôlable. Il se désorganise pour des détails et en vient à poser des actes violents. Notre famille est en souffrance et jusqu'à lundi dernier, je ne savais plus comment apaiser le climat de terreur qui régnait à la maison.

Papa Tupperware et moi avons du demandé de l'aide. De la grosse aide. De la VRAIE aide.

Fiston ne sera pas avec nous pendant les vacances des fêtes. Il est, depuis quelques jours, dans un foyer de groupe administré par la DPJ. Il vit avec des éducateurs qui sont formés pour l'aider à reprendre le contrôle de sa vie et qui nous aideront à lui donner les outils nécessaires pour fonctionner en société.

Notre famille avait besoin d'un répit. Nos enfants avaient peur de leur frère et nous nous sentions impuissants face à leur détresse et la nôtre.

La décision de l'envoyer en centre n'a pas été facile à prendre. Nous avions honte et étions tristes. Nous doutions de notre démarche, mais savions aussi que si Fiston (et nous!) ne recevait pas de l'aide rapidement, notre famille serait détruite.

Depuis lundi, il y a une chaise libre à l'heure du souper et un lit vide à l'heure du couché. Il y a une paire de bottes manquantes dans l'entrée et un crochet vide dans le vestibule. Il y a 3 enfants au lieu de quatre dans la maison.

Heureusement, même si ce ne seront pas des moments faciles pour lui et pour nous, nous savons que la mesure est temporaire et qu'elle vise uniquement le bien-être de notre enfant et un retour en douceur pour une vie plus paisible.

Ce soir, Princesse, Bébé, Minnie, Papa Tupperware et moi avons fait le sapin. Les lumières, les guirlandes et toutes les petites décorations ont trouvé une place sur les branches de l'arbre. Nous aurions tous voulu que Fiston soit avec nous. Mais comme Noël ne peut pas être vraiment Noël sans la présence de tous nos enfants, nous avons choisi de ne pas mettre l'étoile au sommet. Nous la mettrons quand Fiston sera avec nous le 24 pour le réveillon. Pour qu'il sache qu'il a toujours sa place auprès de nous et que sans lui, Noël ne serait jamais plus Noël.



mercredi 10 septembre 2014

L'audition de Fiston Tupperware

C'était la semaine dernière. Fiston avait rendez-vous à 18 h 30. Ça faisait des jours qu'il comptait les dodos, qu'il espérait ce moment.

Chaque jour, il se préparait un peu plus, fredonnant des airs connus à chaque instant et poussant parfois la note pour tester un peu ses capacités. Il avait hâte de pouvoir chanter pour vrai, devant quelqu'un qui s'y connait.

Puis, le jour de l'audition est arrivé. Il était excité comme une puce. Au souper, il était très agité, alternant entre le « Yes I can » et le « OMG! Ça marchera JAMAIS! »

Il parlait et bougeait beaucoup. On a même dû le sortir de table pour qu'il aille s'agiter plus loin que près des assiettes chaudes et des verres de lait plus pleins que vides.

Dans l'auto, il a demandé son iPod pour écouter de la musique. C'était sa stratégie à lui pour retrouver un semblant de calme. Une fois sur place, il ne tenait plus en place. Il parlait fort, changeait de place sans arrêt, enlevait et remettait ses écouteurs... Bref, on sentait bien toute son anxiété!

Les gens qui nous entouraient aussi.

Puis, ce fut son tour. Il est entré dans la salle d'audition. Sans nous.

Fiston a passé son audition avec une autre enfant de son âge. Quand ce fût terminé, seule la demoiselle est ressortie de la salle. Fiston conversait avec la chef de choeur. Papa Tupperware et moi nous demandions bien ce qui se passait.

À sa sortie, Fiston n'a pas échappé à l'interrogatoire!

Oui, l'audition s'est bien passée. Non, il n'avait pas trouvé cela difficile. Oui, la chef de choeur voulait lui parler.

Lors de l'inscription pour l'audition, j'avais mentionner que Fiston souffrait du SGT. Ne pas le dire aurait été, à mon avis, un peu malhonnête. La chef de chœur voulait donc savoir ce qui motivait notre garçon à faire partie de la chorale et s'il se sentait capable de bien se comporter, ou du moins de se contrôler pendant les heures de pratiques. Fiston a répondu que oui, parce que chanter lui fait du bien.

Le lendemain (ou le surlendemain!), nous avons eu un appel. Fiston était pris à l'essai.

Sur le coup, j'étais contente. Puis, j'ai été un peu triste.

Fiston ne fait pas officiellement partie de la chorale des Jeunes Voix Des Moulins comme les autres enfants qui ont passé l'audition. Sa voix est exceptionnelle (il peut faire toutes les notes et même des octaves), mais son comportement fait peur. La chef de chœur craint de devoir intervenir auprès de lui et juge probablement que ce sera difficile à gérer.

J'ai avisé mon fils du fait qu'il était pris à l'essai. Heureux d'avoir été choisi, Fiston a presque pleuré. Il était tellement content. Nous avons pris le temps de lui expliquer qu'il devait maintenant faire preuve de maturité et d'autocontrôle s'il voulait aller au bout de l'aventure, de l'objectif qu'il s'était fixé. Il a compris.

Fiston a des rêves, des objectifs. Il comprend que s'il désire réussir, il devra faire preuve de plus d'effort que les autres. Il sait que tous les adultes ne comprennent pas toujours les raisons de ses comportements.

Toutefois, il sait qu'il est attachant et que lorsqu'il se donne un objectif clair, il arrive à ses fins.

Dans 10 jours, Fiston sera de la première répétition de la chorale. Papa Tupperware l'accompagnera pour lui offrir son support si l'anxiété se faisait grandissante. 

Et le reste lui appartiendra. 


 

lundi 1 septembre 2014

Et si j'échouais?

Et si j'échouais?

Si j'échouais et que mon garçon finissait par arrêter sa médication et ses suivis et qu'il décidait de gérer son syndrome seul?

Si j'échouais et qu'il décidait de lâcher l'école, incapable de suivre ses collègues de classe?

Si j'échouais et que plutôt que de voir tous les progrès qu'il a faits, il ne finissait par ne voir que la différence, les difficultés et les échecs?

Si j'échouais et qu'il finissait par substituer anxiolytique et antidépresseur par de la mari ou de l'alcool?

Si j'échouais et qu'il ne voulait plus nous voir, écœuré d'être scruté à la loupe et observé pas ceux qui l'entourent?

Si j'échouais et que mon fils me balançait au visage que j'étais encore plus folle que lui d'avoir voulu mettre en place tant d'outils, tant de services, tant de spécialistes... tant d'énergie?

Si j'échouais... et que je le perdais?

Parce que oui, je suis lucide. Je sais très bien que le jour viendra où Fiston voudra qu'on le laisse tranquille. Il demandera de l'autonomie, de la liberté. Il voudra qu'on le laisse vivre sa vie et qu'on arrête de l'emmerder avec sa médication, ses rendez-vous et sa scolarisation.

Et même si je préfère cent fois me dire que nous réussirons à l'aider et à l'encadrer et qu'il deviendra autonome et épanoui, il y a des soirs où, couchée dans mon lit, j'ai une peur au ventre qui me tiraille et m'empêche de dormir.

Et si, comme tous les parents, je fais de mon mieux chaque jour, j'ai peur d'échouer et de perdre mon enfant quand il sera grand. 

Fiston et moi, le matin de l'annonce de son diagnostic de SGT.
 

mardi 27 mai 2014

Mère Poule

- Maman? Je peux aller au parc tout seul?
- Euh... Non. Attends que A. revienne de l'école svp
- Ben là! Il revient dans 2 h! Je suis capable d'aller au parc tout seul!
- J'ai dit non.
- Arggg!!

Quelques instants plus tard, Fiston revient avec une affirmation-choc :
 
-Maman, je sais pourquoi tu ne veux pas que j'aille au parc tout seul. T'es une mère poule! Poq Poq Poq!

Il a raison. Je suis une mère poule. Mais bien au-delà de ça, je suis une mère anxieuse. J'aime savoir où sont mes enfants, avec qui et pour combien de temps. Idéalement, j'aime les accompagner dans leurs activités pour (sur)veiller à ce que tout se passe bien.

Le problème, c'est que je ne pourrai pas faire ça éternellement. Je vais devoir laisser Fiston aller au parc seul, un jour... peut-être.

Mais comment fait-on pour les laisser aller? S'il se fait mal ou qu'il se dispute avec des plus grands, qui s'occupera de lui? S'il prend une mauvaise décision, qu'il s'éloigne des sentiers qui lui sont permis ou pire, qu'il va chez un ami sans m'avertir, comment ferai-je pour le retrouver?

J'ai déjà tenté de le laisser aller quelques fois. Presque chaque fois, je l'ai cherché un peu partout dans les rues avoisinantes. Je l'ai même déjà surpris debout à l'arrière du vélo d'un ami, SANS SON CASQUE, et à l'extérieur des limites géographiques permises! (Lire : une rue en arrière de la maison!) Tsé... Il voulait ma mort c'est clair!

J'ai pris le temps avec Papa Tupperware de lui expliquer l'importance de respecter les règles établies (règles vraiment simples d'ailleurs!) en mettant l'accent sur la confiance que nous lui accordons et notre désir de vouloir continuer à lui faire confiance. Je crois que le message passe chaque fois, mais que son impulsivité le lui fait oublier au moment où il devrait s'en souvenir.

Fiston n'est certainement pas le seul qui demande qu'on lui accorde plus d'autonomie. Il n'est certainement pas le seul non plus à repousser les limites qui lui ont été données! J'imagine qu'il lui arrivera de se blesser, de se disputer et même de se perdre (OMG!), mais je le crois assez débrouillard et allumé pour savoir comment se sortir d'un mauvais pas et revenir vers moi (ben quoi?).

Sur ce, excusez-moi, je suis en ligne avec un vétérinaire pour savoir s'il accepterait de micropucer mes enfants...Tsé... pour que je puisse plus facilement les retrouver! :-)


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mardi 20 mai 2014

Responsable pour toujours



Ici, le calme est officiellement installé : Fiston Tupperware va bien.


Il ne fait plus de crise, ni à l'école, ni à la maison. Il collabore avec nous et participe aux tâches de la maisonnée (autant qu'un enfant de 8 ans peut collaborer!)


Le matin, tout va bien. Il est à son affaire et j'ai très peu de rappel à faire.


À son retour de l'école, il prend sa collation puis enfourche son vélo pour aller se promener jusqu'au retour des petits voisins qui reviennent de l'école vers 16 h. Ils jouent ensuite tous ensemble jusqu'à l'heure du souper puis rentrent chacun chez eux pour le repas.


Les fins de soirées sont aussi calmes. Il est autonome pour sa routine de fin de soirée et participe au moment familial avant le dodo. (C'est temps-ci, c'est d'écouter les séries avec Papa Tupperware!)


Bref, tout va bien. On est des parents normaux, qui vivent avec un enfant normal.


Pourquoi en faire un billet? Et bien pour que vous sachiez que c'est possible. Que les enfants différents peuvent bien aller, être calmes et agréables. Pour que les parents qui, comme nous il y a quelques mois, connaissent présentement des moments difficiles, sachent que le calme vient après la tempête, que les efforts qu'ils mettent à aider leurs enfants peuvent être récompensés et qu'il ne faut jamais lâcher.


Les rendez-vous multiples, les thérapies, les spécialistes, la médication, les adaptations scolaires et tout le brouhaha qui vient avec les diagnostics de nos enfants différents valent cent fois l'investissement de temps et (malheureusement) d'argent.


Bien sûr, dans un monde idéal, nos enfants seraient tous neurotypiques. Ils fonctionneraient selon les normes établies, ne feraient que quelques crises par année, apprendraient à lire en première année, à résoudre des problèmes de mathématiques en deuxième et à multiplier/diviser aisément en troisième.

Dans un monde idéal, ils se foutraient bien des étiquettes et des coutures dans leurs vêtements, ils mangeraient leur repas même si la nourriture se touchait dans leur assiette et il accepterait de se laisser laver les cheveux un jour sur deux sans nous fendre les tympans et inonder la salle de bain.

Bien sûr... ce serait bien.


Mais mon enfant, je ne l'échangerais pour rien.


Grâce à lui, j'ai dû apprendre à être un autre type de parent. Un parent qui ne peut pas lire un guide sur l'art d'être un parent ou qui ne peut pas seulement attendre que les choses se tassent d'elles-mêmes. Mon enfant différent a fait de moi un parent différent.


Pour lui, j'ai dû apprendre la patience avec un grand P, la cohérence avec un grand C et l'amour avec un plus grand A. J'ai dû apprendre à composer avec les regards des autres ainsi qu'avec leurs jugements. J'ai dû apprendre que parfois la volonté ne suffit pas et qu'il faut savoir redoubler d'effort pour arriver à nos fins. J'ai dû apprendre à décoder mon enfant quand les mots ne lui venaient pas avant les coups et quand lui même ne savait plus comme se décoder.


Pour lui, j'ai dû apprendre à me remettre en question, à me réinventer chaque jour pour tenir le coup et trouver des solutions tant créatives que constructives. J'ai dû apprendre à choisir mes combats, à lâcher prise à certains endroits et à prendre soin de moi. J'ai dû apprendre à nommer mes propres émotions pour que lui sache comment nommer les siennes, j'ai dû sortir de ma zone de confort, accepter que tout ne soit pas comme je le désirais et que céder du contrôle pour que nous ayons une vie saine et équilibrée.


Mon enfant différent, j'ai dû l'apprivoiser. Et comme le disait si bien Antoine-de-Saint-Exupéry : « Tu deviens pour toujours responsable de ce que tu as apprivoisé ».


Alors chers parents différents : Ne laissez jamais tomber! Notre nouvelle vie commence et nous saurons en profiter!


jeudi 24 avril 2014

La vulnérabilité des enfants différents


Vos enfants vous ont-ils déjà menti? Sûrement n'est-ce pas? Les miens aussi. Rien de bien dramatique. Surtout des trucs du genre « c'est pas moi c'est l'autre! ». Chaque fois, nous sommes intervenus en expliquant à nos enfants que s'ils désiraient qu'on leur fasse confiance, ils devaient être honnêtes, même si cela menait à une conséquence désagréable.

Fiston Tupperware n'est pas menteur. Toutefois, il a tendance à voir seulement les choses à sa façon. On appelle cela de la distorsion. Par contre, quand les choses sont sérieuses, il est droit et honnête (du moins, il l'a toujours été à ce jour!).

Depuis quelque temps, Fiston est voyagé en Berline pour se rendre à l'école. Après quelques semaines, il m'a avisée qu'il avait des problèmes avec son chauffeur de fin de journée. Rien de majeur, mais il voulait que je le sache. Selon lui, il n'avait pas le droit de parler dans le véhicule. J'ai validé avec lui sa perception des choses, lui rappelant qu'il avait tendance à parler très fort et donc que cela pouvait facilement passer pour des cris. Il a compris et a promis de faire l'effort de parler moins fort afin d'améliorer le climat lors de son transport. J'ai tout de même jugé bon de signaler l'événement à la commission scolaire afin que le chauffeur soit avisé que le silence était une utopie avec les enfants comme Fiston.

Les choses se sont tassées. Je croyais que tout allait bien.

Aujourd'hui, Fiston m'a confié un secret. Un secret qui ne fait pas de bien. Il m'a confié que le chauffeur l'avait injurié. Selon ce qu'il m'expliquait, le chauffeur aurait été inadéquat à son égard après qu'il soit descendu du véhicule. C'est son meilleur ami qui lui a dit. Il a ajouté que le climat était tendu dans la voiture pendant le transport et que le chauffeur lui disait souvent de « lâcher le Red Bull », faisant allusion à son niveau d'énergie élevée en fin de journée.

Pas la peine de vous dire que je n'étais pas contente. J'ai contacté la commission scolaire pour porter plainte et obtenir un nouveau chauffeur. La chose sera effective lundi prochain.

Bien sûr, les faits seront validés et les correctifs apportés. Toutefois, ce sera la parole de deux enfants à défis contre celle d'un adulte supposément digne de confiance. Bien évidemment, je ne m'attends pas à ce que je chauffeur admette qu'il a tenu de tels propos. Et qui pourrait le contredire mis à part un enfant TED et un autre « sur le Red Bull »?

Le plus grand défi avec nos enfants est de toujours être à l’affût de ce qu'ils vivent et de savoir faire la part des choses. C'est aussi être en mesure de reconnaître leur vulnérabilité dans un monde où leurs diagnostics jouent contre eux. Surtout quand vient le temps de se faire respecter ou de faire respecter leurs droits. Ils sont vulnérables face aux adultes malveillants qui savent comment tourner la situation à leur avantage quand vient le temps de travailler avec des enfants turbulents ou opposants.

Fiston Tupperware aura un nouveau chauffeur. Probablement que son ami aussi. Parce que deux mamans lionnes ça défend ses enfants. Ensemble. Tout le temps.

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mardi 22 avril 2014

::: Le jour où j'ai retrouvé mon enfant :::


Je crois que le changement a eu lieu avec l'arrivée du printemps. Un peu comme un renouveau, un vent de fraîcheur, une odeur de gazon mouillé. C'est arrivé tranquillement, un peu comme une comme une fleur qui tente d'éclore pour la première fois. Ça sentait presque la tulipe dans la maison.

Tranquillement, alors que je n'y croyais plus, je l'ai vu se métamorphoser. Il est passé de la petite chenille velue à la chrysalide que l'on regarde sans vouloir y toucher... de peur de déranger. Puis, un matin, c'est arrivé. Le cocon s'est brisé et mon fils en est sorti.

C'est arrivé tranquillement. Il m'a regardé et j'ai (enfin!) revu l'étincelle dans ses yeux, celle qui a toujours fait de lui un enfant allumé, un enfant curieux, un enfant spécial.

Fiston Tupperware n'était pas parti, pourtant j'annonce haut et fort son retour. Le retour de mon enfant comme je l'ai connu. Pas moins énergique, ni moins caractériel. Pas moins entêté ou obstiné. Juste plus heureux, plus illuminé.

Fiston Tupperware n'a jamais été du type à vouloir plaire aux adultes. Pourtant, depuis quelque temps, il cherche notre approbation, il veut nous faire plaisir.

« Tu as vu maman? J'ai fait ça, et ça et ça! Es-tu fière de moi? »

J'ai attendu un peu avant de le dire ouvertement, par crainte de ne pas avoir savouré le changement suffisamment avant que les choses ne se gâchent. Puis, mon angoisse m'a quittée et j'ai ressenti le changement : j'ai retrouvé mon enfant.

Si vous m'aviez dit que j'écrirais cette année un billet positif et rempli d'espoir, je vous aurais certainement dit que vous aviez besoin de me relire un peu et d'arrêter de prendre vos rêves pour la réalité. Mais je me serais trompée : mon fils a changé.

Comme tous les autres enfants de son âge, il part pour l'école souriant. Il fait ses travaux, collabore avec les adultes et participe activement à sa vie scolaire. Pas de cris. Pas de violence. Juste l'enfance.

Il nous parle de ce qu'il apprend, de ce qu'il réussit, de toutes ces belles choses qu'il vit. Il a des projets, des envies de découvertes et le désir de développer son autonomie.

Et moi, de mon côté, je respire enfin. Je profite de ces moments où mon fils revient de l'école et me parle (parce qu'il parle! Oh oui! Il parle!) de ce qu'il fait, de ce qu'il apprend, de ce qu'il veut faire... de tout ce qu'il espère.

Je me délecte de son rire clair qui retentit maintenant plusieurs fois par jour dans la maison et de ses fous rires dont seul lui connaît le secret.

Et vous savez quoi? Ce changement, je le dois à ses intervenantes et à leur acharnement. À ces femmes qui n'ont jamais abandonné, qui ont su être créatives et sortir du cadre (Think outside de box!!!) afin de fournir un environnement qui convient à mon enfant.

Grâce à elles (et à nous bien sûr!), je peux enfin dire que j'ai retrouvé cet enfant que je croyais perdu à jamais. J'ai retrouvé le plaisir d'être sa maman.

J'ai enfin retrouvé mon enfant.

jeudi 10 avril 2014

Dossier de Maman ::: Apprendre à faire confiance


J'ai toujours eu de la difficulté à faire confiance aux gens. Un peu comme si j'avais continuellement l'impression que les gens ne voulaient jamais réellement mon bien ou celui de ceux que j'aime. C'est probablement parce que les fois où j'ai fait confiance, on m'a trahie.

Quand j'ai eu Fiston Tupperware, ma méfiance ne s'est pas améliorée. Elle s'est plutôt accentuée. Je ne le confiais à personne. Seule ma mère a eu la possibilité de le garder quand il était petit. Je refusais les offres de gardiennages du reste du monde.

Quand il a commencé l'école et que ses problématiques se sont accentuées, j'ai dû faire de gros (d'immenses!!) efforts pour écouter les recommandations de tous les intervenants. J'avais constamment l'impression qu'on ne faisait que me remettre en pleine face mon manque de compétences parentales.

Puis, est venu le moment où Fiston a dû joindre les rangs des classes d'adaptation scolaire. À ce jour, je trouve cela encore très difficile à admettre. Mon deuil n'est pas fait, ma méfiance est toujours présente.

Je dois toutefois admettre une chose que je n'aurais jamais cru pouvoir admettre un jour : avec toutes les difficultés qu'a eues notre garçon cette année, l'équipe-école a travaillé vraiment très fort pour s'assurer du bien-être de notre garçon. Bien sûr, ce n'était pas pour eux un climat de travail idéal. Savoir qu'on va travailler pendant 6 h avec un jeune qui crie, qui frappe et qui vous insulte ne doit pas être super motivant! Personnellement, je crois que j'aurais abandonné bien avant eux. Eux ne l'ont pas fait.

Ils se sont rencontrés, ont discuté, se sont creusé les méninges semaine après semaine pour trouver des interventions efficaces et durables visant le maintien de notre fils en classe de soutien-émotifs. Certaines stratégies ont été efficaces, d'autres moins. Certaines semaines ont été plus faciles, d'autres (beaucoup!) moins. Je n'étais certes pas toujours d'accord avec toutes leurs façons de faire et j'ai ruée dans les brancards chaque fois où je doutais d'une intervention ou d'une façon de faire, mais au final, je leur ai (je crois) laissé le champ libre.

Depuis près de 2 semaines maintenant, Fiston est retourné en classe. Malheureusement, il n'a pas réintégré SA classe. Le climat y étant trop difficile pour le personnel, les autres élèves et notre garçon, l'équipe-école a décidé de l'intégrer dans une classe d'élèves plus âgés. Il se retrouve donc avec des enfants de 5e année, dont le niveau académique varie entre la 3e et la 5e année.

Au départ, j'étais septique. Comment mon petit garçon de 8 ans arriverait-il à s'intégrer à une telle classe? Éprouverait-il de la difficulté à suivre les notions académiques? Serait-il capable de rester en classe ou est-ce que le manège des crises qui ne finissent plus reprendrait rapidement?

Normalement, j'aurais paniqué, mais cette fois j'ai décidé de leur faire confiance. Fiston répétait souvent qu'il s'ennuyait à l'école, que c'était facile et que c'était pour cela qu'il refusait de faire les travaux demandés. On ne perdait donc rien à tenter un changement de classe!

Depuis maintenant 2 semaines, Fiston est heureux à l'école. Il part avec le sourire chaque matin, emballé par ce qu'il apprendra en classe cette journée-là. Le soir, il nous raconte tout (je dis bien TOUT!) ce qu'il a appris pendant sa journée.

La première semaine, Papa Tupperware et moi étions sans mot. Puis, nous avons redécouvert tranquillement le plaisir de discuter avec notre garçon de ses apprentissages, de ses relations avec ses pairs et de celle qu'il a maintenant avec ses intervenants. Nous redécouvrons tranquillement le garçon que nous croyions avoir perdu il y a plus d'un an déjà.

Bien sûr, rien n'est parfait. Il demeure impulsif, opposant et plus agité que la moyenne du nombre, mais il a retrouvé cette petite étincelle dans le regard qui me convainc que j'ai fait la bonne chose en leur faisant confiance et en lui faisant confiance. Il vit enfin des réussites, et nous ne pouvons que nous en réjouir!

mardi 18 mars 2014

Solidarité fraternelle


J'ai grandi sans frère et sœur. (Sans père non plus!) Je ne sais donc pas ce que cela implique de devoir partager ses parents, son espace, ses jouets, sa vie. Je ne sais pas non plus jusqu'à quel point on peut aimer un être qui est génétiquement constitué comme soi et qui nous emmerde 75 % pour du temps.

Fiston, Princesse et Bébé Tupperware sont le trio typique. Quand ils ne sont que deux, tout va bien. Quand ils sont tous les trois, c'est plus... compliqué. Souvent, c’est Princesse qui écope. Seule fille entre deux garçons, elle doit (souvent) défendre ses goûts et ses intérêts. C'est à ce moment que les conflits commencent.

Il y a aussi une certaine rivalité entre Fiston et sa sœur. Ils se disputent pour des banalités qui, souvent, nous dépassent. C'est continuellement la guerre pour savoir lequel des deux sera assis près de moi au souper, lequel des deux sera assis près de Papa dans le salon, lequel des deux choisira le film du vendredi soir, lequel des deux s’assoira au centre dans la voiture, lequel des deux m'aidera pour donner le bain de Minnie ou encore lequel des deux videra le lave-vaisselle pour obtenir un jeton! Parfois, je me dis qu'ils finiront par se détester tellement ils se disputent souvent.

Hier soir, ils m'ont prouvé que mes craintes n'étaient pas fondées.

Princesse Tupperware est difficile. À l'heure du souper, elle lève régulièrement le nez sur ce qu'on lui sert à manger. Hier soir ne fit pas exception.

« J'aime pas le riz, j'aime pas le poulet et j'aime pas les choux-fleurs cuits. »

Papa Tupperware en a eu assez. Ça fait plusieurs fois que nous avisons notre fille qu'un jour elle aura dans son assiette une tranche de pain avec du beurre et un verre d'eau en guise de repas. Ce qui devait arriver arriva!

Bien sûr, Princesse a fondu en larmes, réclamant un souper plus... consistant. Puis, Fiston s'est fâché! Il a pris son assiette et l'a échangé avec celle de sa sœur. Papa tupperware a refait l'échange, expliquant à notre garçon que sa sœur ne mourrait pas de faim et qu'elle devrait apprendre à arrêter de lever le nez sur ce qu'on lui sert à manger. Fiston n'était pas d'accord. Il s'est levé et est descendu dans sa chambre en pleurant. Il est ensuite revenu pour dire à Papa Tupperware : « C'est quoi cette punition-là??? Hein? C'est quoi? » Puis, il est allé serrer sa sœur dans ses bras.

La réaction de Fiston m'a tellement surprise que j'ai... éclatée de rire. J'ai même dû sortir de la pièce pour ne pas saboter l'intervention de Papa Tupperware. Une fois calmée, je suis revenue à table pour terminer mon repas.

Fiston était assis à côté de moi, les yeux rougis et le regard pleins de larmes. Princesse, devant ses tranches de pain, ne disait rien.

J'ai regardé notre fils et lui ai dit : « Je ne pense pas que tu sois fâché. Je pense que tu as de la peine de savoir que ta sœur a un repas moins complet que le tien et tu as peur qu'elle ait faim. Je me trompe? » Il a hoché de la tête.

Papa Tupperware et moi nous sommes regardé, émus de la réaction de notre garçon. D'un commun accord, nous avons donné une assiette de notre repas à notre fille en soulignant que, pour cette fois, elle y avait droit, mais que c'était notre dernier avertissement. Nous avons aussi dit à Fiston que nous étions émus de la démonstration d'amour qu'il venait de faire à sa sœur, mais que la prochaine fois, nous ne reviendrions pas sur notre décision.

J'ai parfois douté de la capacité de Fiston à éprouver de l'empathie pour autrui. Aujourd'hui, je sais qu'il en est capable.

Et pour ce qui est de la constance parentale... ce sera pour une prochaine fois!

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mercredi 12 mars 2014

La théorie du coup de poing


Comme tous les êtres humains qui habitent cette terre, il m'arrive de me mettre en colère. Habituellement, ça ne dure pas très longtemps. Comme j'ai tendance à être (trop?) impulsive, il arrive parfois que mes paroles dépassent ma pensée. Une fois calme, je fais rejouer le film de ma colère, je trouve ce qui m'a fait sortir de mes gonds et je tente de rectifier le tir.

Maintenant trentenaire, je vous dirais que j'arrive bien à contrôler mes propos lors d'un conflit. Mais pour être honnête, ça m'aura pris plus d'une dizaine d'années pour changer. Malheureusement, Fiston Tupperware a hérité de mon impulsivité. Lorsqu'il est en colère, il est capable des pires insultes. Il sait comment blesser les gens qui l'entourent.

Cette semaine, il a fait une grosse colère. Son pattern est toujours le même : il se fâche, il crie et se retrouve en réflexion dans sa chambre. Comme il a horreur d'y être confiné, il se met à hurler. Son cri perçant est à glacer le sang! Ensuite, il monte et descend l'escalier qui mène à sa chambre en nous envoyant au visage des commentaires plates du genre « tu n'es plus ma mère/mon père/ma sœur/mon frère », « je vous déteste! », « je veux partir d'ici! », « ce sera de votre faute si je finis seul au monde! »... bref, un tas de trucs normaux quand tu as 16 ans, mais beaucoup moins à 8!

Après ses crises, il vient me voir en pleurant et s'excuse d'avoir crié et d'avoir insulté tout le monde. Chaque fois, il est sincère. Chaque fois, il promet de ne plus recommencer. Chaque fois, il tente de réparer ses gestes. Chaque fois on le pardonne, on efface et on recommence!

Cette semaine, je devais être plus fatiguée qu'à l'habitude parce que je n'ai pas tout à fait réagi de la même façon à ses excuses.

J'étais assise au salon avec Minnie qui dormait sur moi. Il s'est approché et a voulu l'embrasser. J'ai refusé. Je lui ai expliqué que je comprenais son mal-être et son désir de réparer ce qu'il avait fait, mais que ça ne fonctionnait pas comme ça. Que dans la vie, il ne suffisait pas de s'excuser tout le temps pour obtenir le pardon de tous! Qu'il fallait parfois accepter que les gens autour de lui ne soient pas prêts à recevoir ses excuses et qu'il devrait apprendre à vivre avec le délai.

Il n'a pas compris et s'est remis à pleurer.

Je lui ai donc expliqué la théorie du coup de poing.

Je lui ai demandé ce qu'il ferait si je lui donnais, ici et maintenant, un coup de poing au visage. Il a répondu qu'il n'aimerait pas cela, que je n'avais pas le droit de faire ça. Je lui ai répondu que j'allais m'excuser après et qu'il devrait me pardonner, comme je le fais chaque fois qu'il m'envoie une insulte au visage. Fiston a compris que je n'allais pas le frapper, mais il était perplexe.

J'ai continué en lui expliquant que le lendemain, je le frapperais encore. Mais que bien sûr, je m'excuserais après et qu'il devrait encore me pardonner. Je lui ai demandé s'il me pardonnerait à nouveau.

Il regardait au sol en se tordant les doigts.

Il avait compris.

Il arrivera encore que notre fils nous criera des trucs plates à entendre parce que sa colère sera plus grande que sa capacité à raisonner. Il arrivera encore qu'il vienne vers nous, repentant et en larmes, demandant pour notre pardon. Il arrivera encore que nous le pardonnions en sachant très bien qu'il recommencera.

Malgré cela, j'ai bon espoir qu'à force de lui parler, de lui expliquer et surtout de lui faire le reflet de ses comportements, nous arriverons à faire passer notre message. Celui qui dit que le pardon existe, tant que celui qui le demande fait l'effort de ne pas répéter à outrance les gestes qui doivent être continuellement pardonnés.

J'ai bon espoir.