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Je suis comme toutes celles que vous connaissez. Je pourrais être votre soeur, votre amie, votre collègue ou simplement votre voisine. Ici, je vous parle de mon quotidien et de celui de ma famille pour mettre un peu de lumière sur la vie avec un enfant différent! mamantupperware@hotmail.ca
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mercredi 12 mars 2014

La théorie du coup de poing


Comme tous les êtres humains qui habitent cette terre, il m'arrive de me mettre en colère. Habituellement, ça ne dure pas très longtemps. Comme j'ai tendance à être (trop?) impulsive, il arrive parfois que mes paroles dépassent ma pensée. Une fois calme, je fais rejouer le film de ma colère, je trouve ce qui m'a fait sortir de mes gonds et je tente de rectifier le tir.

Maintenant trentenaire, je vous dirais que j'arrive bien à contrôler mes propos lors d'un conflit. Mais pour être honnête, ça m'aura pris plus d'une dizaine d'années pour changer. Malheureusement, Fiston Tupperware a hérité de mon impulsivité. Lorsqu'il est en colère, il est capable des pires insultes. Il sait comment blesser les gens qui l'entourent.

Cette semaine, il a fait une grosse colère. Son pattern est toujours le même : il se fâche, il crie et se retrouve en réflexion dans sa chambre. Comme il a horreur d'y être confiné, il se met à hurler. Son cri perçant est à glacer le sang! Ensuite, il monte et descend l'escalier qui mène à sa chambre en nous envoyant au visage des commentaires plates du genre « tu n'es plus ma mère/mon père/ma sœur/mon frère », « je vous déteste! », « je veux partir d'ici! », « ce sera de votre faute si je finis seul au monde! »... bref, un tas de trucs normaux quand tu as 16 ans, mais beaucoup moins à 8!

Après ses crises, il vient me voir en pleurant et s'excuse d'avoir crié et d'avoir insulté tout le monde. Chaque fois, il est sincère. Chaque fois, il promet de ne plus recommencer. Chaque fois, il tente de réparer ses gestes. Chaque fois on le pardonne, on efface et on recommence!

Cette semaine, je devais être plus fatiguée qu'à l'habitude parce que je n'ai pas tout à fait réagi de la même façon à ses excuses.

J'étais assise au salon avec Minnie qui dormait sur moi. Il s'est approché et a voulu l'embrasser. J'ai refusé. Je lui ai expliqué que je comprenais son mal-être et son désir de réparer ce qu'il avait fait, mais que ça ne fonctionnait pas comme ça. Que dans la vie, il ne suffisait pas de s'excuser tout le temps pour obtenir le pardon de tous! Qu'il fallait parfois accepter que les gens autour de lui ne soient pas prêts à recevoir ses excuses et qu'il devrait apprendre à vivre avec le délai.

Il n'a pas compris et s'est remis à pleurer.

Je lui ai donc expliqué la théorie du coup de poing.

Je lui ai demandé ce qu'il ferait si je lui donnais, ici et maintenant, un coup de poing au visage. Il a répondu qu'il n'aimerait pas cela, que je n'avais pas le droit de faire ça. Je lui ai répondu que j'allais m'excuser après et qu'il devrait me pardonner, comme je le fais chaque fois qu'il m'envoie une insulte au visage. Fiston a compris que je n'allais pas le frapper, mais il était perplexe.

J'ai continué en lui expliquant que le lendemain, je le frapperais encore. Mais que bien sûr, je m'excuserais après et qu'il devrait encore me pardonner. Je lui ai demandé s'il me pardonnerait à nouveau.

Il regardait au sol en se tordant les doigts.

Il avait compris.

Il arrivera encore que notre fils nous criera des trucs plates à entendre parce que sa colère sera plus grande que sa capacité à raisonner. Il arrivera encore qu'il vienne vers nous, repentant et en larmes, demandant pour notre pardon. Il arrivera encore que nous le pardonnions en sachant très bien qu'il recommencera.

Malgré cela, j'ai bon espoir qu'à force de lui parler, de lui expliquer et surtout de lui faire le reflet de ses comportements, nous arriverons à faire passer notre message. Celui qui dit que le pardon existe, tant que celui qui le demande fait l'effort de ne pas répéter à outrance les gestes qui doivent être continuellement pardonnés.

J'ai bon espoir.

dimanche 10 novembre 2013

Préparer le retour de Fiston


C'est demain que Fiston retourne à l'école. Nous n'en avons pas parlé du weekend. Nous avons dû en parler aujourd'hui.

Avant d'entrer dans le vif du sujet avec lui, j'ai tenté de faire le bilan des 5 dernières journées. Je voulais qu'il réalise à quel point son état était différent depuis mardi dernier.

À force de dialogue et de patience, Fiston est passé d'agressif à colérique. Puis, tranquillement, sa colère s'est transformée en tristesse.

Fiston n'est pas le type d'enfant qui pleure, mais à force d'arriver à nommer ses inquiétudes et ses peurs, il a commencé à vivre sa tristesse et à s'autoriser à pleurer. Nous avons laissé place à ses larmes, les avons accueillies et séché une à une.

Aujourd'hui, Fiston était d'un calme que je ne lui connaissais plus. Il a fait une journée hors du commun, acceptant même calmement que je refuse de le laisser jouer à ses jeux vidéo et s'offrant gentiment pour m'aider dans certaines tâches qu'il a pourtant horreur d'accomplir.

Aujourd'hui, j'ai eu l'impression que mon fils avait grandi.

Alors que le souper était en cours de préparation, je me suis assise avec lui à la table de la cuisine. Nous devions discuter de ses attentes face à son retour en classe demain. Fiston à fondu en larmes.

« Maman, j'ai peur. J'ai peur de ce qui m'attend. J'ai peur que Madame A. soit encore fâchée et que Madame J. aussi. J'ai peur que les amis n'acceptent pas mes excuses et m'obligent à réparer mes torts en me demandant des tâches comme nettoyer leur bureau. J'ai peur qu'on s'attende à plus que ce que je suis capable d'offrir. »

En effet, les amis de sa classe auront des choses à lui dire. Certains accepteront son retour sans heurt, d'autres pas. Je n'ai pas pu le rassurer face à cela. Tout ce que j'ai pu faire est de lui rappeler que madame A. et Madame J. étaient là pour l'aider et qu'il devrait leur faire confiance. Je lui ai rappelé que personne à l'école ne lui voulait de mal.

J'ai aussi dû lui annoncer qu'il devrait terminer la période de « parallèle » qui n'avait pas été terminée en début de semaine passée. Je lui ai expliqué qu'il devait s'accorder ces deux journées pour renouer avec ses pairs et son environnement. Il n'était pas content, mais a consenti à se conformé. Deux jours, c'est vite passé.

À l'heure du coucher, je n'ai rien trouvé de bien rassurant à lui dire, mis à part que nous serions avec lui à chaque étape de son retour. J'ai été transparente en lui disant que ce serait difficile, mais que nous avions confiance, son père et moi, qu'il serait capable de surmonter l'épreuve qui l'attendait.

Pour la suite, il faudra attendre les prochains jours pour savoir comment Fiston s'en sera tiré...

mercredi 30 octobre 2013

La honte

S'il y a une émotion plus difficile que les autres à gérer, c'est probablement la honte. Vous savez, cette émotion qui vous fait baisser la tête et vouloir fuir une situation, et ce rapidement? Cette émotion qui pèse lourd sur le cœur et la conscience de la personne qui la vit?

Il y a deux sortes de honte : celle qui nous est infligée et celle que l'on s'inflige.

Dans mon enfance, s'il y a une chose dont je me souviens c'est de ma mère qui me disait souvent : « Fais-moi pas honte ». Si je parlais trop fort ou si je bougeais trop, la consigne arrivait comme une claque en plein visage. Pas la peine de vous dire donc que je cessais de parler ou de bouger.

En grandissant, je me suis promis que le jour où j'aurais des enfants, je ne leur servirais pas le « Fais-moi pas honte » dès qu'ils bougeraient un peu ou qu'ils parleraient plus fort que les autres.

Puis... j'ai eu Fiston Tupperware.

J'ai réalisé depuis quelque temps que je trouve très difficile les excès de colère de mon garçon, surtout en public. Je ne me sentais pas ainsi quand il avait 4, 5 ou 6 ans. Mais maintenant qu'il en a 8, je ne perçois plus (du tout!) ses crises de la même façon.

Quand il est en colère, il ne parle pas fort, il crie. Pour se faire comprendre, il insiste et répète ses demandes des dizaines de fois. Quand il réalise qu'il ne gagnera pas, il passe parfois aux insultes. Quand il réalise que je suis (officiellement) fâchée, il pleure, hurle et s'inflige lui-même des commentaires désobligeants, se victimisant par le fait même.

Cette semaine, Fiston s'est fâché quand je suis allée le chercher à l'école. Une histoire banale de lampe de poche qu'il devait apporter à l'école est devenue une urgence nationale. Il voulait aller magasiner une lampe de poche immédiatement, ce qui n'était pas prévu à ce moment dans ma planification de fin de journée. Après lui avoir expliqué qu'il aurait sa lampe de poche pour son activité et qu'il n'avait pas besoin de s'inquiéter, il a explosé.

J'ai manqué de patience. Je l'ai regardée droit dans les yeux et lui ai dit : « Arrête immédiatement! Tu me fais honte devant tout le monde! »

Sur le coup, je n'ai pas réalisé ce que je venais de lui dire, sur l'impact que cela pouvait avoir. Ce n'est qu'une fois arrivé à la maison que j'ai pris conscience de l'énormité de ce que je lui avais dit. Je ne veux pas que mon fils pense qu'il me fait honte en tout temps. Je crois que je voulais seulement qu'il arrête de crier et comme aucune de mes explications ne lui suffisait, bien je n'ai rien trouvé de mieux à dire.

Une fois à la maison, j'ai expliqué à mon fils que quand il hurlait ainsi et qu'il n'arrivait pas à se contrôler, je ne me sentais pas bien, que je me sentais gênée par son comportement. Je lui ai expliqué que je n'aimais pas que les gens présents s'arrêtent pour nous regarder (et nous juger!) et que c'est souvent pour cela que je finissais par manquer de patience. Il m'a répondu qu'il comprenait parce que lui aussi avait honte de se comporter ainsi... que lui aussi voudrait être capable de s'arrêter, mais qu'il en était incapable.

La honte est une émotion lourde à porter. Elle est lourde pour l'adulte, alors elle doit l'être doublement pour l'enfant (qu'il ait ou non des défis à relever!). Je crois qu'il faudra donc que je garde en tête que la honte ne sert à rien et qu'elle a plutôt tendance à m'empêcher de bien intervenir avec mon fils.

Ceci étant dit... je demeure humaine et je sais très bien qu'il m'arrivera encore des moments où mon garçon fera des crises qui amèneront ce sentiment désagréable qu'est la honte. Maintenant, ne restera plus qu'à en prendre conscience à temps et à gérer plus sainement l'inconfort.


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lundi 28 octobre 2013

Désamorcé


Lundi matin. Fiston est de bonne humeur. Il enclenche ses routines de façon autonome et est le premier à terminer de se préparer. Mis à part les quelques petits accrochages de routine avec sa sœur, tout va bien.

En classe, quelques tensions avec un camarade et qui ont nécessité quelques interventions, mais encore une fois, rien d'inhabituel. La crise a été gérée par l'enseignante et la TES. Ce n'est pas la première fois et ce ne sera certainement pas la dernière.

Après l'école, Fiston est fidèle à lui-même. Il est plus fébrile et a très hâte de rentrer à la maison. Une fois à la maison, il s'empresse d'aller jouer dehors. Habituellement, je lui demande de faire ses lectures, mais quand il me demande d'un air suppliant d'aller dehors, je ne résiste pas. Il a sa journée dans le corps lui aussi après tout! Un peu d'air frais ne peut lui faire que du bien.

Après une quinzaine de minutes dehors, il revient avec un ami. Ils me demandent tous les deux s'ils peuvent jouer à l'intérieur. Habituellement, je refuse. La règle est simple : pas d'ami à la maison les soirs de semaines. Mais ce soir, j'ai décidé de faire autrement. Je leur ai donné mon autorisation avec comme seule condition de ne pas jouer aux jeux vidéo.

Sur le coup, Fiston n'était pas certain. Lui et son ami ont la même passion pour les jeux vidéos et Fiston ne savait pas trop si son ami accepterait de faire autre chose. J'ai donc questionné le petit voisin sur ses intentions de jeux. Ce dernier accepta de jouer aux Légo ou aux super héros. Malheureusement, Fiston n'était toujours pas content. Il était sur le point d'exploser.

Au moment où j'allais intervenir, une chose fantastique s'est produite : l'ami de Fiston s'est approché calmement et a demandé à mon garçon de ne pas se fâcher, de simplement venir jouer, en ajoutant qu'il y aurait bien d'autres moments où ils pourraient jouer aux jeux vidéo. Fiston n'a pas protesté. Il est allé jouer avec son copain. La bombe était désamorcée.

Sur le coup, je me suis dit que j'aurais peut-être dû punir mon fils pour sa colère, pour ses cris, mais je me suis retenue. La situation n'a pas dérapé et les deux garçons jouaient tranquillement dans le salon avec Bébé Tupperware. Pourquoi chercher les problèmes là où il n'y en a pas n'est-ce pas?

Je suis revenue sur l’événement avec Fiston. Il a constaté lui-même qu'il avait été plus facile pour lui de se contrôler parce que la demande venait de son ami et qu'il ne voulait pas lui déplaire. Quand je lui ai demandé pourquoi il n'arrivait pas à faire la même chose avec moi... il est resté silencieux.

Clairement... je crois que ce qui s'est passé aujourd'hui me donne une bonne piste de réflexion sur ce qu'il y a à travailler avec mon fils aîné.
 

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