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Je suis comme toutes celles que vous connaissez. Je pourrais être votre soeur, votre amie, votre collègue ou simplement votre voisine. Ici, je vous parle de mon quotidien et de celui de ma famille pour mettre un peu de lumière sur la vie avec un enfant différent! mamantupperware@hotmail.ca
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jeudi 20 juin 2013

Saga chez les Tupperware (Deuxième partie)


Donc....

Comme je vous l'expliquais hier, notre vrai combat pour obtenir une place en service de garde pour Fiston s'est corsé à la fin mai, lors de l'inscription de Princesse Tupperware au dit service.

En effet, afin d'assurer une logistique familiale plus zen, nous avons inscrit Princesse à la même école que son frère. Les autres écoles de notre secteur étant pleines, nous n'avions pas d'autres choix de toute façon.

En remplissant le formulaire d'inscription, j'ai coché que notre fille utiliserait le service de garde matin et soir et j'ai avisé que je demanderais la même fréquentation pour Fiston. À notre avis, il avait fait la preuve qu'il était capable de demeurer à l'école en fin de journée et nous ne voyions pas pourquoi ça ne pourrait pas être ainsi le matin. J'attendais une réponse de la direction.

Entre-temps, j'ai contacté la dame responsable du transport scolaire à la commission scolaire afin de faire une demande d'accommodement de transport pour notre cocotte en prévision de mon congé de maternité qui commencerait avant la période des fêtes. Les heures de fréquentation de l'adaptation scolaire étant les mêmes que celles de l'adaptation scolaire, je ne voyais pas comment ma demande pouvait être refusée.

Et bien... elle fût refusée. La gentille dame du transport m'a expliqué que la règle était claire : pas de mélange de clientèle. « Vous savez Madame, on ne sait jamais comment ces enfants peuvent réagir. Nous ne voudrions pas que votre fille soit blessée. » Elle nous a tout de même offert de voir ce qu'elle pouvait faire pour nous, s'il y avait d'autres options.

Comme la dame était plutôt gentille, elle a pris quelques instants pour me poser quelques questions sur ma logistique familiale et les services auxquels j'avais droit. Quelle ne fut pas ma surprise lorsque je l'ai entendue me dire : « Ça pas d'allure! Laissez-moi contacter la direction afin que vous ayez accès au service de garde le matin pour vos deux enfants. »

Quelques jours plus tard, je recevais un appel m'avisant que notre demande avait été acceptée. La dame avait dû y aller d'un bel argumentaire, mais la direction acceptait de nous offrir le service... à partir de 7 h 30.

Malheureusement, notre demande stipulait que nous avions besoin du service dès 7 h. La dame de la commission scolaire a donc rappelé la direction. La réponse fut catégorique : hors de question!

Vous savez ce que la dame nous a dit? « Faites une plainte! Je vous donne le numéro de la dame qui se charge des plaintes et je lui transmets vos informations »

Et c'est ainsi que nous nous sommes retrouvés en processus de plainte pour 30 minutes de service de garde!

Certains trouveront peut-être que c'est excessif, mais voici ce que j'ai à leur répondre :

Nous n'avons pas choisi que notre fils soit en adaptation scolaire.

Nous n'avons pas choisi l'école où serait offert le programme.

Nous n'avons pas d'autres ressources pour prendre soin de nos enfants le matin et en fin de journée

Nous considérons que notre enfant handicapé (parce qu'il est reconnu comme handicapé au sens de la loi!) ne devrait en aucun temps être exclu d'un service en raison de son handicap.

Et finalement... 30 minutes peuvent facilement faire la différence entre « être à l'heure » et « être en retard » au boulot.

Ceci étant dit, nous savons très bien que Fiston aura besoin d'une période d'adaptation. Nous ne pouvons garantir que son comportement sera celui d'un enfant qui n'a pas de défis, mais n'ayant pas d'autres options, nous devrons lui faire confiance et le laisser prouver aux intervenants scolaires qu'ils ont eu tort de vouer l'expérience à l'échec avant même de l'avoir tentée.

Nous avons gagné notre cause auprès de la direction. L'accès dès 7 h est autorisé, mais conditionnel au bon fonctionnement de notre garçon. Comme il ne sert à rien de mettre la charrue devant les bœufs, nous verrons en septembre comment les choses se dérouleront.

D'ici là, les vacances arrivent et nous comptons bien en profiter!
 

En espérant ne pas devoir remettre les gants en septembre!
:)

mercredi 19 juin 2013

Saga chez les Tupperware (Première partie)


Il y a quelques mois déjà, je vous parlais d'un combat que je n'étais pas certaine de vouloir mener : celui qui ferait en sorte d'obtenir une place pour Fiston Tupperware au service de garde de son école.

Pour les parents d'enfants qui ont un cheminement scolaire régulier, la fréquentation dudit service en début et fin de journée va de soi (si les parents en ont besoin bien sûr!). Pour les parents d'enfants qui sont scolarisés en cheminement particulier, ce n'est pas un service acquis. En fait, c'est à la discrétion de la direction et des intervenants qui gravitent autour de l'enfant.

Dans notre cas, il était hors de question que Fiston ait un quelconque accès au service. Selon la direction, il était trop fragile et il n'y arriverait pas. Nous avions donc fait preuve de créativité afin de trouver des ressources pour que Fiston n'ait pas à rester à l'école en dehors des heures de scolarisation.

Au départ, ma mère s'occupait de lui le matin et en fin de journée si je n'étais pas rentrée du boulot. Malheureusement, les comportements de Fiston étant ce qu'ils sont, ma mère a fini par rendre son tablier de grand-maman-gardienne-à-tous-les-jours et nous avons du trouver une autre solution. J'ai d'abord fait modifier mon horaire de travail afin de commencer à travailler une heure plus tard, mais en terminant toujours à 13 h afin d'être revenue à la maison avant le retour de notre garçon. Par chance, mes patrons sont accommodants et ont accepté ma demande sans trop d'explications. Bien sûr, l'arrangement ne pouvant pas durer éternellement, je devais songer à un plan à plus long terme.

J'ai donc fait une demande à la direction afin que Fiston puisse fréquenter le service de garde en fin de journée, pendant 60 minutes, afin que je puisse récupérer l'heure perdue et ainsi assurer une présence au travail qui corresponde au poste dont je suis titulaire. Après plusieurs pourparlers, la direction a accepté de nous accommoder à raison de deux jours par semaine. Nous avons accepté leur offre en les avisant que nous ferions sous peu une demande visant à augmenter la fréquentation.

Les premières semaines, les choses se passaient plutôt bien. Fiston acceptait bien la transition et n'en semblait pas trop incommodé. Malheureusement, des événements à la maison (inondation du sous-sol et début des travaux de reconstruction!) sont venus perturber notre équilibre familial (et Fiston par le fait même!). Les choses se sont donc corsées à l'école (et à la maison!). Malgré tout, Fiston terminait ses journées au service de garde, mais devait être ramené à l'ordre par l'éducatrice spécialisée. Jugeant la situation stable, nous avons demandé une augmentation de la fréquentation.

Et c'est là que les choses se sont corsées...

C'est à ce moment où j'ai compris que l'école que fréquente notre garçon ne nous devait rien en terme de service en dehors des périodes de scolarisation. Que le fait d'être un enfant en adaptation scolaire retirait les droits d'accès automatique au service de garde, et que la responsabilité de la garde de l'enfant en dehors des heures de classe incombait aux parents.

Comprenez que je n'ai aucun problème à être responsable de mon enfant quand il n'est pas à l'école, mais entre vous et moi, comment devient-il possible de travailler si votre enfant fréquente l'école de 8 h à 14 h? Sans les disponibilités de ma mère, comment allais-je pouvoir être présente au bureau ET m'occuper de mon fils au même moment?

Ne pouvant pas accepter cette décision totalement discriminatoire, j'ai contacté la direction qui a fini par accepter de nous accorder deux fins de journée supplémentaires. L'entente nous convenait... jusqu'au jour où nous avons voulu planifier la rentrée scolaire 2013-2014, année où Princesse Tupperware fera son entrée au préscolaire, où je devrai reprendre mon horaire de travail régulier et où j'aurai besoin du service de garde en début et fin de journée...

C'est à ce moment que le vrai combat a commencé...


Image internet

dimanche 14 avril 2013

La peur de Fiston Tupperware


On parle beaucoup d'intimidation dans les écoles. Comme parent, mon premier réflexe est de souhaiter que cela n'arrive pas à mes enfants, qu'ils ne soient jamais victimes de leurs pairs et qu'ils aient un parcours scolaire sans heurt.

Avec Fiston Tupperware, nous ne pouvons pas dire que le parcours scolaire ait été simple. Par contre, depuis son arrivée en adaptation scolaire, nous constatons des changements. Fiston aime l'école et s'entend plutôt bien avec ses 5 camarades de classe. Il est bien encadré par les intervenants en ce qui a trait à ses comportements et performe bien au niveau académique.

Suite à une demande que nous avions faite à la direction, Fiston a débuté le service de garde il y a 3 semaines. Il y passe quelques heures deux fois par semaine, afin d'alléger notre horaire familial, mais surtout afin de pouvoir être avec d'autres enfants et de pouvoir socialiser.

Les choses semblaient aller rondement... jusqu'à jeudi dernier.

En effet, Papa Tupperware a reçu un appel de la psychoéducatrice qui trouvait que Fiston était plus anxieux, plus agité depuis quelques jours. Il a eu une journée très difficile et n'a pu être maintenu en classe en raison de ses comportements perturbateurs. Il y avait longtemps qu'il ne s'était pas comporté de la sorte. La psychoéducatrice a donc investigué la cause sous-jacente à ce comportement.

Après avoir questionné habilement Fiston, la psychoéducatrice du programme d'adaptation scolaire a obtenu réponse à ses questions.

Nous étions jeudi, Fiston devait aller au service de garde, mais ne voulait pas y aller : il avait peur. Peur d'un plus grand qui le menaçait dans la cour d'école chaque soir où il devait aller au service de garde. Peur de ce garçon qui le narguait et le bousculait en raison de son teint basané. Peur du plus grand qui lui promettait chaque jour toute une raclée.

Heureusement, Fiston a su en parler à son intervenante avant que les choses ne dérapent. Une intervention aura lieu cette semaine visant à faire cesser le manège. La situation sera prise en charge.

Sur le moment, j'ai voulu retirer Fiston du service de garde, me maudissant moi-même d'avoir fait la demande pour qu'il y soit intégré. Puis, après avoir laissé Papa Tupperware placé deux mots, j'ai compris que je ne l'aiderais pas si je le sortais de son milieu. Il devra faire face à la situation pour apprendre à s'en sortir. Il sera accompagné dans le processus et, bien sûr, Papa Tupperware et moi ne seront jamais bien loin pour intervenir si les choses s’enveniment.

Ce que je trouve le plus triste de cette situation est que Fiston n'avait pas besoin de ça. Je suis attristée par les défis qui se mettent sur son chemin continuellement et qui lui rappelle que la vie n'est pas toujours facile. Il se sent déjà suffisamment exclu du monde régulier depuis qu'il est en adaptation scolaire, qu'il n'avait pas besoin en plus d'être intimidé et menacé deux après-midi par semaine.

Je sais que mon fils se sortira de cette situation désagréable et qu'il sera accompagné par des intervenants compétents...

Mais évidemment, j'aurais préféré que tout cela ne lui arrive pas!


Image internet
Site du SPVM


**Cliquez (ici) pour visiter le site du SPVM. Vous-y trouverez une zone pour enfant bien intéressante qui vous donne de l'information sur l'intimidation et sur les mesures à prendre si l'on est vicitime ou témoin d'intimidation.**

jeudi 21 mars 2013

David et Goliath... ou le combat que je n'ai pas la force de mener.


Postulat : Si les parents ne travaillaient pas, le service de garde n'existerait pas.

N'est-ce pas? Du moins, à mon sens.

Lors du dernier plan d'intervention pour Fiston Tupperware, j'ai demandé la présence de la travailleuse sociale qui s'occupe de notre famille. J'ai demandé qu'elle nous accompagne parce que j'ai souvent tendance à retenir que l'information que je veux retenir et à en faire l'interprétation que j'en veux. En fait, j'avais besoin d'elle pour m'aider à faire le tri des informations reçues lors de la rencontre.

Lors de cette rencontre, nous avons discuté du cheminement de notre garçon. J'avais des inquiétudes importantes concernant ses apprentissages académiques. J'avais même débuté de l'enseignement à la maison afin de m'assurer qu'il ne prenne pas de retard par rapport aux enfants du régulier. Heureusement, Fiston progresse très bien et ses capacités intellectuelles font de lui un élève très doué. Je peux donc maintenant cesser de jouer à la maman-enseignante. (YEAH!)

Lors de cette même rencontre, nous avons mis en lumière certains aspects de la personnalité de Fiston. Outre son TDA-H, notre fils a de grands défis à relever. Il doit apprendre à « être », parce que ce qui lui manque c'est le « savoir-être ». Nous travaillons donc maintenant tous en ce sens afin de faciliter ses relations avec les autres (moi en particulier!).

La rencontre allait bon train. J'en ai donc profité pour faire une demande que j'avais déjà formulée par le passé, mais qui avait été refusée. J'ai demandé que Fiston Tupperware soit intégré au service de garde de l'école qu'il fréquente.

Anodin me direz-vous? Eh bien non. Les enfants qui doivent fréquenter une école d'un autre secteur afin de bénéficier de service d'adaptation scolaire ne fréquentent habituellement pas le service de garde de leur nouvelle école. Ils fréquentent celui de l'ancienne, de celle de leur quartier. Donc, les parents déposent leur enfant au service de garde de l'école du voisinage où une berline scolaire vient les chercher plus tard en matinée et les y reconduire à la fin des classes. Bref, l'enfant fréquente deux écoles dans la même journée. Pour certains, cela est probablement plus simple. Pas pour nous.

L'an dernier, Fiston fréquentait une école qui n'était pas celle de notre quartier. Nous avions demandé un transfert parce que l'école de notre secteur se trouve au village de notre ville et demande un détour d'environ 40 minutes le matin. Nous avions demandé le transfert parce qu'il est impossible pour Papa Tupperware et moi d'être à l'heure au boulot si nous devons nous rendre au village pour ensuite passer au CPE des petits et prendre enfin la route vers Montréal.

Nous nous retrouvons donc avec un problème majeur. Fiston n'a pas accès au service de garde de sa nouvelle école, ni à celui de celle qu'il a déjà fréquentée. Comme il n'a jamais mis les pieds à notre école de quartier, nous n'envisagions pas de l'y envoyer. Nous devions donc demander à la direction un « accommodement » afin de pouvoir alléger le niveau de stress qu'occasionne l'horaire de fréquentation scolaire atypique de notre enfant.

Et bien c'est lors du plan d'intervention que je me suis risquée. Je n'ai bien sûr pas eu de réponse immédiate. Il fallait attendre que la direction s'entretienne avec les intervenants qui gravitent quotidiennement autour de Fiston et vérifier si les ressources en place pouvaient l'accueillir convenablement.

Aujourd'hui, j'ai eu ma réponse. Fiston peut avoir accès au service de garde de son école. Deux jours par semaine jusqu'à 15 h.

Maintenant dites-moi... si les parents ne travaillaient pas, le service de garde n'existerait pas. Alors que font les parents comme nous qui doivent concilier famille-travail-et-horaires-atypique-de-fréquentation-scolaire sans service de garde? Que devons-nous faire de nos enfants en début et fin de journée?

Le pire dans tout cela, c'est la déception. La mienne, mais aussi celle de Fiston Tupperware qui espérait beaucoup être intégré au service de garde pour faire de « vraies activités, des activités normales, avec des enfants comme les autres » (ce sont ses propres mots!)

Je n'ai plus la force de me battre contre le système scolaire. Je voulais être David, mais clairement Goliath a revu sa méthode de combat. Mon espoir d'une vie un peu plus normale s'envole en fumée... comme bien d'autre projet d'ailleurs. Parce qu'à heure de travail réduite s'additionne un revenu réduit. Il semble que pour nous, ainsi sera la vie!