Récemment, j'ai eu l'impression d'effleurer le fond. Vous savez, celui que l'on effleure du bout des orteils et qui n'attend que le jour où on y posera le pied en entier? Celui qui nous murmure que lorsqu'il aura mis la main sur notre pied droit, il fera tout pour attraper le gauche et couler le tout dans le ciment?
J'ai eu peur de toucher le fond. Tellement peur que j'ai fait volte-face et je me suis mise à nager vers la surface. Ni une ni deux, j'ai changé ce que je pouvais changer et j'ai tenté d'accepter ce que je ne pouvais pas changer (en espérant être capable de faire la différence entre les deux).
Me voilà donc, 2 semaines plus tard, avec un nouvel horaire de travail (très réduit comparativement à ce que j'avais il y a un mois) et une nouvelle façon d'entrevoir la vie.
J'ai réalisé que je n'étais pas faite pour travailler 5 jours par semaine, que je détestais la routine à laquelle je soumettais ma famille et que si je ne changeais pas les choses rapidement, je regretterais bien des moments manqués avec mes enfants.
J'ai réalisé que mon manque de patience était directement proportionnel avec les instants dont je me privais en travaillant autant. J'ai réalisé que je ne respectais pas les valeurs auxquelles je crois, que j'avais déjà des regrets et que je ne voulais pas cela.
J'ai réalisé aussi que je voulais être une maman avant toute chose et que les sacrifices à faire pour arriver à cette pleine réalisation m'importaient peu.
Me voilà donc, deux semaines plus tard, satisfaite de m'être choisie et d'avoir enfin donné la priorité aux êtres qui importent vraiment : mes enfants.
De plus, j'ai réalisé que j'avais toujours eu horreur du matin. Pas la peine donc de vous dire que jusqu'à tout récemment, je ne souriais pas le matin. J'irais même jusqu'à dire que j'avais plutôt tendance à embrouiller le matin de ma famille à mon réveil. J'ai donc décidé de changer (parce que tout le monde sait que la seule personne que l'on peut changer est soi-même n'est-ce pas?).
Je me lève donc maintenant avec le sourire et je remercie la vie, les paupières encore closes, de me donner la chance d'être là où je suis.
Le premier matin ce fut étrange. J'avais l'impression d'être un imposteur... mais j'ai persévéré (convaincue que je faisais la bonne chose). Ma persévérance a porté fruit.
Quand dans la nuit de lundi à mardi mes 3 enfants ont fait de la fièvre et passé la nuit à se lever, j'ai souris. Quand ma fille s'est réveillée (cette même nuit) en difficulté respiratoire et que j'ai dû la sortir à l'extérieur, j'ai souris. Quand j'ai dû passer 90 minutes à attendre dans la salle d'attente bondée de la clinique du coin, j'ai souris. Quand j'ai dû maîtriser ma fille afin que le médecin puisse examiner sa gorge, j'ai souris. Quand j'ai dû payer la facture des antibiotiques (x3), j'ai envoyé ma mère! (Il y a des limites à sourire quand même!)
Au final, le fait de sourire apaise et permet de dédramatiser ce qui nous arrive. (Et en plus, ça déstabilise tout le monde et j'adore ça!)
Pourquoi est-ce que je vous raconte tout cela? Et bien simplement pour partager avec vous ma découverte :
Le bonheur commence avec un sourire!