Qui êtes-vous ?

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Je suis comme toutes celles que vous connaissez. Je pourrais être votre soeur, votre amie, votre collègue ou simplement votre voisine. Ici, je vous parle de mon quotidien et de celui de ma famille pour mettre un peu de lumière sur la vie avec un enfant différent! mamantupperware@hotmail.ca

samedi 7 janvier 2012

La bloguesphère

Si j'avais su que je découvrirais autant de choses en entrant dans le fabuleux monde de la bloguesphère... j'aurais certainement débuté mon aventure bien avant!

En plus de toutes les blogueuses (parce qu'entre vous et moi, il y a plus de blogues de maman que de blogue de papa) que je lis maintenant religieusement, j'ai découvert un univers où l'on se sent moins seules. Un univers où tout (enfin presque) peut être dit sans censure. J'ai découvert des mamans créatives qui malgré les routines du type métro-boulot-dodo s'investissent presque toutes au quotidien pour pondre des billets qui nous font réfléchir, créer, rire et parfois pleurer. J'apprends à connaître chacune des auteures de ces blogues alors que je n'ai aucune idée de qui elles sont. Je partage leur quotidien et cela fait TELLEMENT de bien! Pourquoi me direz-vous? Et bien simplement parce qu'en plus d'être divertissant et intéressant, ça normalise le rôle des mamans. Ça donne un barème rassurant. Ça aide à comprendre que je ne suis pas la seule dont la maison est en bordel et qui court à gauche et à droite pour réussir à tout faire dans le foutu délai de 24 heures que chaque journée nous apporte. Ces blogues me permettent de cesser de me sentir coupable de ne pas être parfaite. En plus, j'y trouve plusieurs trucs et astuces, soit pour créer plus, intervenir mieux ou pour prendre conscience que les enfants c'est merveilleux, mais qu'il ne faut pas s'oublier!

Lorsque j'ai débuté mon blogue, j'avais un besoin intense de laisser s'échapper la pression, principalement celle qui vient du fait que nous ayons sous notre un toit un enfant à défis, un enfant différent. En publiant mes angoisses, mes peines et mes peurs, j'ai tranquillement trouvé un apaisement, un équilibre. En mettant en ligne tout ce qui me faisait courber l'échine, j'ai pu reprendre mon souffle et cesser de ressasser dans ma tête toutes les épreuves qui croisaient notre route alors que nous n'avions pas demandé à prendre un chemin moins fréquenté.

Alors à ceux qui n'ont jamais tenté l'exercice de l'écriture ou qui considère que ce que l'on trouve sur les blogues de maman comme le mien n'est que tu déjà écrit ou du déjà lu, je n'ai qu'une chose à vous dire : si vous lisez ceci, c'est que quelque part en votre âme et conscience vous en avez besoin et ça vous fait du bien. Sinon... que faites-vous ici en ce moment même?

À celles qui me lisent parce qu'elles sont mes amies et à celles qui le font parce qu'elles y trouvent leur compte, je vous dis merci. Merci de prendre le temps de lire ce qui me procure tant de bien à écrire. Merci aux blogueuses qui m'ont offert en cadeau un lien sur leur page et qui participent à ce bonheur que me procurent l'écriture et le partage d'expérience. Merci à celles qui laissent des commentaires et qui valident que je ne suis pas folle dans ce que je perçois ou dans ce que je ressens. Merci à ceux qui comprennent que j'ai peu de choses à dire sur la politique étant donné que les seuls ministres sous ma gouverne ont 6 ans, presque 4 ans et 21 mois. Merci à ceux qui, suite aux lectures des billets que j'ai publiés, m'ont écrit pour me dire que leur vision des enfants différents avait changé, que mes textes leur avait fait réaliser qu'il y a des fois où ils avaient été des « y disent » et que dorénavant il penserait à mon fils avant de juger. Merci à ceux qui me critiquent sur mon manque de gêne et sur le fait que je partage des choses qu'eux n'oseraient probablement pas partager. Vous me démontrez qu'il y a encore beaucoup de travail à faire en ce qui a trait aux problèmes de santé mentale chez les enfants.

Et pour ceux que ça intéresse, après les crises suicidaires, les plans d'interventions, la classe de répit, les traitements d'ergothérapie, les changements de médications... notre fils va bien! Notre famille aura encore beaucoup de défis à relever, mais nous y arriverons et je continuerai de le partager avec vous!

Je suis Maman Tupperware et je vous dis merci d'être dans ma vie!




**À mes lecteurs masculins, le féminin a été utilisé plus souvent que le masculin dans ce texte... mais je ne vous oublie pas:  Merci à vous aussi! :-)

jeudi 5 janvier 2012

Textos à prix forts!

Quand les enfants sont malades... ils le sont souvent en groupe.

Si comme moi vous vivez en banlieue de Montréal, vous savez que consulter en clinique sans rendez-vous est une expérience plutôt désagréable.

Quelques choix s'offrent à nous :
  • Appeler 200 fois d'affilé sur deux téléphones différents pour espérer avoir la ligne et qu'on ne vous réponde pas que c'est COMPLET!
  • Vous lever aux aurores pour aller faire la file devant une porte close, vous prendre un petit numéro, vous inscrire et revenir au moment où on vous le dira;
  • Perdre patience et payer pour une consultation de 15 minutes (pas plus sinon il y a aura des frais supplémentaire) dans une clinique privée;
  • Ou (si vous êtes malchanceux) faire votre valise et vous installer dans une urgence près de chez vous;
  • Ah! Et pour les ultras méga chanceux avec un médecin de famille qui retourne ses appels : vous l'appelez et vous allez le voir! (Pfff!)
Par chance, le 3 janvier au matin, je n'ai pas eu à essayer tous ces choix! J'ai eu la ligne après 101 appels sans succès et j'ai obtenu non pas une, mais bien deux place à la clinique sans rendez-vous du coin pour mes deux plus jeunes. (Achat de 6/49 à prévoir!)

Au final : eczéma, otite moyenne et infection de gorge pour bébé Tupperware et otite externe pour Princesse Tupperware. Prescription de crème et d'antibiotiques et le tour était joué.

Le 3 janvier au soir, un accident bête nous a conduits au service des urgences de l'hôpital de la région. Afin de ne pas engorger le système, nous avons été redirigés vers une clinique avec possibilité de radiologie pour le lendemain après-midi. Une fois sur place, nous avons attendu plus de 2 heures pour voir le médecin et cela malgré le fait que nous avions un rendez-vous.

Pendant ces deux heures, je me suis promenée avec mon garçon et je suis tombée sur un pamphlet disant que si je désirais recevoir un SMS 30 minutes avant l'heure approximative à laquelle je verrais finalement le médecin, je n'avais qu'à m'inscrire via internet et débourser 10 $.

Au départ, j'ai pris le dépliant en me disant que ce n'était pas si bête. Mais plus j'attendais, plus je me sentais irritée par ledit service.

La secrétaire devant nous était sise près d'une grande affiche indiquant qu'elle ne donnait pas le temps d'attente aux clients présent dans la salle d'attente.

Je me suis soudainement sentie un peu insultée! J'ai déduit que si je désirais savoir combien de temps je devrais encore rester assise là à divertir mon fils, il me faudrait débourser la modique somme de 10 $.

Bien sûr, j'aurais pu me doter du service et partir me promener avec mon garçon... mais je serais allée où? J'habite à approximativement 30 minutes de cette clinique, alors impossible pour moi de revenir dans les délais s'il y avait un accident ou un peu de trafic sur la route. De plus, mon garçon peinait à mettre son manteau en raison du bandage et de la douleur, alors comment aurais-je pu le convaincre que d'aller se promener dehors le manteau ouvert était une bonne idée? Par ailleurs, comment, si elle ne connaissait pas le temps d'attente pour moi qui siégeait dans cette salle d'attente, pouvait-elle le savoir pour ceux qui paient 10 $???

Au final, voici ce que j'en comprends : si vous n'êtes pas assez malade pour rester assis 2 heures sur une chaise droite à attendre votre tour à la clinique et que vous préférez aller magasiner, vous n'avez qu'à sortir 10 $ de votre poche et vous ferez d'une pierre deux coups! Vous ferez vos emplettes et verrez un doc dans la même journée! Mais si vous habitez trop loin ou que vous n'êtes pas assez en forme pour aller trotter ou si vous n'avez tout simplement pas 10 $ en poche, et bien, on ne vous donnera pas le temps d'attente... et on vous laissera attendre!

La seule raison pour justifier ce genre de service est à mon avis pour les enfants. Un enfant fiévreux fatigué qui pleure et qui tousse à en vomir mérite d'être chez lui pendant l'attente si cela est possible. Mais entre vous et moi, à l'ère du téléphone intelligent et des textos illimités... ce service ne devrait-il pas être gratuit? Simplement par respect pour la clientèle prise en otage entre les maladies bénignes et la pénurie de médecins? Simplement parce que de ne pas donner le temps d'attente à ceux qui, pour des raisons qui leurs appartiennent, ne défraieront pas le 10 $ exigé pour le service, est à mon sens une insulte et une ségrégation entre les plus fortunés et ceux qui le sont moins.

Le 4 janvier, j'ai attendu plus de deux heures avec mon fils et personne ne m'a envoyé de texto pour me remercier de ma patience et de ma compréhension face à l'achalandage élevé de la clinique... Et dire que ce texto de politesse ne m'aurait rien coûté parce que mon forfait de téléphone intelligent m'offre les textos illimités! Pfff!

mercredi 4 janvier 2012

Pourquoi êtes vous venue seule???

Alors que j'aurais préféré vous entretenir sur la phase 3 de mon fils qui a pris fin avant le congé, sur le congé des fêtes qui se terminent, sur les petites trouvailles que j'ai faites lors de mes microséances de magasinages ou des objectifs en cours dans ma vie pour 2012...

Alors qu'il y a tant de choses positives à dire sur la vie qui suit son cours...

Alors que l'on s'est promis récemment de rester concentré sur le bien, le plaisant et l'enrichissant...

Alors, il survient un événement qui me rappelle que certaines choses ne changent pas aussi rapidement que je le désirerais.

Le 3 janvier, mon grand s'est malencontreusement coincé les 3 doigts de la main droite dans une porte... Rien de majeur, du moins jusqu'à ce que je replace moi-même la première articulation de son majeur en ligne droite avec le reste de son doigt! Un ongle très amoché et de sérieux doutes sur la possibilité d'une fracture.

En moins de 10 minutes, nous étions en route vers le centre hospitalier qui se trouve près de la maison. Arrivé à l'urgence, on apprend que les délais d'attente excèdent 28 h... L'infirmière, après nous avoir demandé de patienter une petite heure afin de voir comment évoluerait la blessure, nous a donné un rendez-vous à la clinique adjacente pour le lendemain.

De retour à la maison, mon garçon a ingurgité une bonne dose d'Advil et il a rejoint rapidement Morphée. Sa main immobilisée avec une planchette – gracieuseté de l'infirmière — devrait tenir le coup jusqu'au rendez-vous.

Le lendemain, me voilà donc avec mon grand à la clinique, à l'heure prévue du rendez-vous. La secrétaire nous explique qu'il y a du retard : plus d'une heure. Pas de problème, je m'y attendais et j'avais averti mon fils. Dans la salle d'attente, garçon a attendu patiemment plus de 2 heures. Au moment de l'appel de son nom : CATASTROPHE. Il crie, utilise un langage un peu grossier et menace de se sauver. Je le rattrape rapidement et réussis à le faire entrer dans la petite salle. Il hurle à la mort et se débat quand l'infirmière lui annonce qu'elle doit retirer son bandage. Le médecin arrive à ce moment. J'explique rapidement que mon garçon souffre de TDAH et de trouble anxieux et que ce genre de situation est difficile pour lui. Nous réussissons tout de même à retirer le bandage et à examiner rapidement les 3 doigts de mon fils. Le médecin m'explique qu'elle doit lui faire faire une radiographie et me remet une requête pour aller passer l'examen dans une bâtisse voisine.

J'ai dû avoir l'air découragé par la simple idée de sortir à l'extérieur avec mon enfant en état de panique parce que c'est à ce moment qu'elle m'a dit (en me regardant droit dans les yeux) : « Mais pourquoi êtes-vous venue seule avec lui???

Silence en radio!

Que pouvais-je donc répondre à cette question? Que je suis mère de 3 enfants et que de les emmener tous les 3 aurait sans doute été encore plus pénible? Que je n'avais jamais songé à me faire accompagner quand je dois sortir avec mon fils de 6 ans? Que je me trouvais assez compétente pour gérer la situation et donc que de me retrouver seule avec lui pour cette consultation ne m'inquiétait pas outre mesure? Que... et puis merde! Je n'ai rien dit!

Je suis repartie avec mon garçon qui revenait à ses sens tranquillement et qui s'excusait d'avoir eu peur d'avoir très mal. Je suis repartie sans devoir crier ou maîtriser mon fils. Je suis sortie, comme on sort de chez soi pour aller au parc!

Mon fils a été champion pendant la radiographie. Aucune larme, aucun cri. Il a même pu regarder les images de sa petite main avec la technicienne en radiologie. Elle l'a trouvé très adéquat et l'a félicité pour son courage.

Une fois de retour à la clinique, nous avons attendu de revoir le médecin. Mon garçon était calme, souriant et a même réussi à regarder ses doigts sans paniquer.

Quand ce fût notre tour, le médecin nous a appris que les doigts de mon fils n'étaient pas fracturés et que le pire à venir était la chute de l'ongle le plus amoché. Après les conseils d'usage, elle nous a salués gentiment.

Au moment de partir, mon fils lui a dit ceci : «Tantôt j'avais peur et quand j'ai peur je crie. Pas besoin d'être plusieurs... j'aurais quand même eu peur! Maintenant, ça va! Je suis libre et je ne suis pas cassé! Je vais pouvoir jouer au hockey. Merci!»

Cette femme médecin était souriante et plutôt gentille. Elle a fait son travail et n'a pas été impatiente. Je n'ai pas non plus senti de mépris lorsqu'elle m'a questionnée sur le fait que je sois seule avec mon garçon...

Mais entre vous et moi, que votre enfant soit différent ou pas, y allez-vous en groupe chez le médecin? Si votre enfant normal avait crié lors du changement de pansement, vous aurait-elle posé la même question qu'à moi?
Quand je consulte, je suis transparente. J'énonce rapidement les quelques problématiques de mon fils ainsi que les médicaments qu'il prend. Je suis honnête, je ne leur cache rien (et je prie pour un tantinet d'empathie).

Aujourd'hui, je suis restée calme, j'ai encadré mon garçon, j'ai décortiqué avec lui les étapes qui se succéderaient et j'ai très bien géré la situation... même si j'étais seule... Point à la ligne.



mardi 3 janvier 2012

Les joies du multiâge!

Avoir plusieurs enfants, c'est un choix. Personnellement, j'y vois plus d'avantages que d'inconvénients.

Le congé des fêtes m'a par contre offert une embûche de taille : le multiâge!

Entre l'ado de mon conjoint âgé de 14 ans, mon grand de 6 ans, ma cocotte de presque 4 ans et mon bébé de 20 mois... et bien ça devient parfois difficile de plaire à tout le monde.

Entre l'ado qui n'a aucun intérêt pour Yoopa, les Playmobil ou le bricolage et mon ainé qui ne fait plus de siestes depuis belle lurette et qui trouve l'heure du repos assez lassante. Entre ma cocotte qui est encore un peu trop petite pour se passer de sa sieste préférant restée debout avec les plus grands et mon bébé qui est trop petit pour participer à plusieurs jeux des plus grands et qui fond en larmes dès que je sors de son champ de vision... Et bien entre tout ça... OUF!

Hier, j'ai donc expédié le plus vieux chez ses grands-parents afin qu'il puisse vivre un tantinet sa vie d'adolescent blasé et j'ai tenté de faire quelques activités avec mes enfants.

Nous voilà donc tous installés à la table de cuisine afin de réaliser quelques bricolages. Tout est prêt : les ciseaux, la colle, la peinture, les affiches, les revues... Bref, la totale!

Ma fille se bat avec les ciseaux, mon fils avec la peinture et mon bébé avec ses petits pinceaux en forme de boules (qui NE devrait PAS faire de dégâts!).

Résultat : après 10 minutes de multichialage, j'ai mis fin à l'activité. Exit peinture, colle et ciseaux. Exit projet de collage d'images. Exit dans sa chambre le bébé qui me prend pour un mur des Lamentations. Exit la cocotte qui pleure parce que les ciseaux ne l'écoutent pas. Exit le grand de 6 ans qui tente de me faire comprendre qu'il terminera son brico une autre fois... un autre jour... probablement dans une autre vie.

J'ai donc tout remballé, un peu fâchée de ne pas avoir réussi à mener à terme une activité avec mes TROIS enfants. J'aurais vraiment voulu réussir à passer du temps avec ces trois-là en adaptant une activité où tout un chacun aurait pu y trouver son compte. Et en vérité, j'aurais aussi voulu faire un collage moi-même... Vous savez, du genre roue de vie (cliquer ici pour voir le concept)?

J'ai préparé le dîner, nourris mes pauvres enfants maltraités, j'ai respiré par le nez... et j'ai écrit tranquillement pendant que mon bébé faisait la sieste et que mes deux plus grands jouaient avec leurs nouveaux Playmobil (gracieuseté du père Noël pour 2011!)


Finalement, le multiâge, c'est réaliser que certaines activités sont à privilégier avec les plus grands, alors que d'autres le sont avec les tout-petits. C'est accepter que parfois, à vouloir trop en faire, on finit par ne rien faire. Et comme les vacances des fêtes leurs appartiennent, je me laisserai plutôt guider par ce qu'eux veulent faire plutôt que de toujours vouloir leur faire faire ce qui, dans mon esprit, semble la bonne chose à faire. Vous voyez la nuance?

Après tout, quand j'y repense, je me dis que tout ça n'est que partie remise. Je le ferai ce collage qui me trotte dans la tête depuis quelques jours. Je devrai seulement m'y prendre autrement : un peu le soir avant de me coucher, un peu dans l'après-midi pendant que le plus petit fait sa sieste, une peu par ici ou un peu par-là. Et voilà!

lundi 2 janvier 2012

Amis d'enfance

Qui ne se souvient pas de son meilleur ami d'enfance?

Qui n'a pas de souvenir qui rallie partage et plaisir?

Qui ne ressent pas un peu de nostalgie en pensant à leur première fête d'enfant ou de sa première nuit passée chez un collègue de classe?

Moi, j'ai peu de souvenirs de ce genre d’événement. Et ici, ma mémoire ne me fait pas défaut! J'ai peu de souvenirs, car je n'avais pas énormément d'amis. De plus, ma mère ne voyait aucune pertinence à ce genre de relation, qu'elle jugeait sans valeur. J'ai donc grandi à l'abri des fêtes d'enfants, des soirées pyjamas et des sorties aux cinémas. Comme elle ne fraternisait pas avec les autres parents d'élèves, elle ne connaissait pas les parents de mes amis, et l'inverse était vrai aussi.

Quelque part vers la fin de mon parcours primaire, j'ai usé de beaucoup de ruse pour convaincre ma mère que tous les adultes de ce monde n'étaient pas dangereux et que de dormir ailleurs n'impliquait aucunement que je ne reviendrais pas à la maison un jour. Après beaucoup de négociation, j'ai enfin pu aller passer la nuit chez une amie. À cette époque, bien des choses de la vie m'étaient encore inconnues. Je ne savais pas qu'il n'était pas mortel de se coucher plus tard que 20 h et je ne savais pas que l'on pouvait manger des Joe Louis après 19 h sans obligatoirement être malade en pleine nuit. J'ai découvert qu'au-delà de ce que je vivais chez moi, il y avait des familles qui vivaient autrement sans nuire à la santé et au développement de leurs enfants. J'ai découvert le gros bon sens. J'ai développé ma compréhension du monde extérieur. J'ai compris qu'au-delà des perceptions de ma mère (à qui je ne reproche rien du tout!), il y avait moi et ma façon de percevoir le monde.

Les années ont passées, j'ai grandi, je suis devenue autonome et le monde a tranquillement cessé de me faire peur.

À 30 ans, je découvre par contre que j'éprouve parfois les mêmes craintes que ma mère à laisser mes enfants quitter le nid familial. Que ce soit pour un après-midi, une journée ou même une nuit ...

La première fois où mon fils est allé à une fête d'enfant où je n'étais pas présente, j'ai eu une drôle d'impression. À la fois inquiète de comment mon fils vivrait cette expérience et inquiète qu'il survienne un événement malheureux. Toutefois, je n'ai rien dit et j'ai laissé mon fils chez son ami. Il avait 4 ans.

Plus de deux ans plus tard, mon grand quitte quelques fois la maison pour aller jouer chez son ami... et parfois y passer la nuit. Il quitte heureux et revient encore plus heureux. Il vit sans nous, quelques heures, et c'est très bien ainsi.

J'ai avoué à la maman de son ami qu'elle avait été la première avec qui mon fils a pu se promener en voiture... alors que son père ou moi n'étions pas au volant. Cette maman est mon amie aujourd'hui. Je voulais qu'elle sache que je lui fais confiance et qu'au-delà de mes angoisses maternelles, il y a aussi l'importance de la confiance et surtout de l'amitié que mon fils et le sien partagent.

Nos fils ont commencé l'année ensemble... pour la deuxième fois. Ensemble, ils se sont amusés, ils ont joué et chanté. Ensemble, ils ne se disputent pas. Leur amitié est à mon sens ce qu'il y a de plus beau dans l'enfance : l'authenticité sans le doute, la réciprocité sans l'équité, le partage sans les redevances, les sourires sans les pleurs, l'amitié... simplement.

En ce début d'année, je souhaite pour nos garçons encore plus de journées passées ensemble, de fêtes d'enfants et de nuits où ils partageront leurs secrets d'enfants avant de s'endormir en riant.

Je leur souhaite que leur amitié perdure tout au long de leur vie parce qu'elle est la plus belle chose qui leur soit arrivée à ce jour.

Et à nous, leurs parents, je souhaite que l'amitié d'adulte, que nous partageons maintenant grâce à nos garçons, dure aussi longtemps!

Bonne année famille Crites!
Alexandre et Jeremy 2010
                                           
Jeremy et Alexandre 2010

Jeremy et Alexandre 2011

Audrey et moi :-)