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Je suis comme toutes celles que vous connaissez. Je pourrais être votre soeur, votre amie, votre collègue ou simplement votre voisine. Ici, je vous parle de mon quotidien et de celui de ma famille pour mettre un peu de lumière sur la vie avec un enfant différent! mamantupperware@hotmail.ca

mercredi 30 novembre 2011

Le petit prince

Lundi soir dernier, alors que je venais de terminer la lecture de fin de soirée avec mon fils, il s'est mis à pleurer.

Nous lisons présentement une œuvre bien connue : Le Petit Prince. Ce soir-là, nous avons lu le passage bien connu où le Petit Prince discute avec le Renard. Vous savez : « ... on ne voit bien qu'avec le cœur. L'essentiel est invisible pour les yeux »?

C'est à ce moment que mon fils a craqué. Les yeux pleins de larmes il m'expliqua qu'il avait peur de mourir, qu'il ne pouvait imaginer vivre sans nous, sans famille. Il avait aussi peur que nous mourions avant lui. Que ferait-il, vivant, sans nous? INCONCEVABLE.

J'ai eu beau lui expliquer que sa mort n'était pas imminente et qu'il n'avait pas à s'en faire tout de suite avec cela... rien à faire. Son anxiété avait pris le dessus. Sa respiration rapide, son cœur qui battait la chamade et son teint pâle m'ont rapidement fait comprendre que si je ne changeais pas l'ambiance MAINTENANT... mon fils ne dormirait pas de sitôt.

Calmement, j'ai recouvert mon fils de ses deux douillettes et d'une doudou qu'il a depuis sa naissance. J'ai lové la doudou autour de son visage afin de ne lui voir que les yeux. Assise à côté de lui, j'ai approché mon visage du sien et j'ai commencé à compter tranquillement. À chaque tranche de 5, je prenais une grande inspiration par le nez pour tranquillement expirer par la bouche.

Mon fils a suivi la cadence. Il a compté doucement, inspirer grandement et expiré tranquillement.

À 82, il dormait.

Je suis sortie de la chambre avec le livre sous le bras. J'ai relu le passage que nous venions de lire. J'ai poursuivi ma lecture...

Voici où moi j'ai commencé à pleurer :

« Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé. »
                                                                           
                                                             — Antoine de Saint-Exupéry


mardi 29 novembre 2011

Dossiers de Maman ::: Stabilité d'emploi

Je viens de passer une année difficile. En fait... les 20 derniers mois ont été difficiles.

En 2010, alors que j'étais en congé de maternité pour mon petit dernier, je devais continuellement le faire garder pour gérer les problématiques scolaires de mon aîné. Je n'ai pas vu passer ce « congé » . J'ai même parfois l'impression d'être passée à côté de cette troisième maternité.

En 2011, retour au boulot. Nouveau boulot, ou plutôt nouvel endroit pour faire le même boulot.

J'avais décidé de tenter ma chance dans un CSSS plus près du domicile familial. Je croyais que ce serait une bonne idée, une façon d'être plus près et de pouvoir intervenir plus rapidement si besoin il y avait. Je pensais que le fait de ne plus devoir affronter les embouteillages jour après jour améliorerait notre qualité de vie (et notre budget $$$).

Je n'ai pas commis d'erreur, mais le timing était mauvais pour faire un changement.

J'ai travaillé stressée pendant 6 mois. Pas par mon emploi, mais par ma vie en général. J'ai changé d'horaire à plusieurs reprises dans le but d'être encore plus présente pour ma famille. J'ai sacrifié ma propre stabilité afin d'en offrir à mes enfants. Un poste de soir peut sembler attrayant quand on ne l'a pas essayé. Un week-end sur deux peut sembler être un maigre sacrifice lorsqu'on ne sait pas ce que ça nous fera manquer. J'ai détesté. Chaque soirée travaillée, malgré la présence de collègues extraordinaires, m'a brisé le cœur. Ne pas être là pour la routine du bain ou pour celle du dodo faisait
chaque fois une petite entaille sur mon cœur de maman.

Six mois plus tard, j'ai démissionné. Je retourne travailler à Montréal. Je reprends mon poste de jour, du lundi au vendredi. Je retourne là où j'aurai une stabilité quotidienne. J'y retourne en sachant que je devrais affronter les embouteillages et la quête perpétuelle de place de stationnement sur le Plateau-Mont-Royal. J'y retourne parce que je suis égoïste. Parce que pour élever des enfants zen, ça prend d'abord une maman zen. Ma zénitude à moi, comme pour mon fils, passe par la stabilité.

Cette année a été difficile. Je ne sais pas comment j'ai fait pour y survivre. Je n'ai pas sombré alors que le navire prenait solidement l'eau. La cale était pleine, mais je suis restée attachée au mât. Un capitaine ne quitte jamais son navire n'est-ce pas?

Cette année n'a pas été difficile que pour moi. Mon conjoint était attaché au mât avec moi et c'est main dans la main que nous avons regardé s'abattre la tempête de tous les côtés. Nous nous sommes promis, entre deux gorgées de cette damnée tempête, que nous ne ferions pas partie des statistiques : notre bateau ne coulerait pas.

20 mois plus tard, c'est le calme après la tempête. Je règle mon premier dossier de maman :

Stabilité d'emploi.......................... Checked!

lundi 28 novembre 2011

Comprendre avant d'intervenir

La première fois où j'ai créé un pictogramme, mon fils avait 3 ans. Je savais qu'il avait beaucoup d'énergie, qu'il n'avait pas de tolérance à la frustration et que je devais rendre les choses claires et limpides si je voulais arriver à un résultat.

Je ne savais pas encore que mon fils souffrait d'un TDAH et d'un trouble anxieux, mais mes antennes de maman avaient capté de l'information subliminale qui m'avait poussée à passer en mode intervention.

Je ne vous cacherai pas que je suis du type désorganisée. Je savais bien que si je voulais aider mon fils à devenir autonome, je devrais mettre en place une structure cohérente et stable.

J'ai créé mon premier pictogramme lorsque mon fils a commencé à prendre des pompes pour l'asthme. J'avais de la difficulté à intégrer ce nouvel élément dans sa routine du matin. Je me suis donc dit que les pictogrammes pouvaient devenir un outil utile.

J'ai utilisé ce premier outil quelques semaines... pour ensuite le laisser tomber. Ce fût la même chose pour tous les tableaux d'émulations, les calendriers de tâches et les to do listes adaptées pour les enfants. J'ai donné des autocollants, des tatouages, des bonbons. J'ai utilisé les estampes, la boîte à surprise, les coupons à échanger, l'argent Monopoly... J'ai aussi tenté le mode autoritaire, voire même militaire. Rien à faire!

Un an après le diagnostic de mon fils, je réalise bien que les outils que j'utilisais n'avaient aucune valeur. Ils n'avaient aucune valeur, car avant de pouvoir utiliser un outil avec un enfant souffrant de TDAH il faut d'abord comprendre l'origine du trouble.

Il faut comprendre que ces enfants ont énormément de difficulté à demeurer attentif à une tâche et à maintenir leur motivation à l'effectuer, surtout si cette tâche demande un effort mental soutenu. Il faut donc les aider à rester motivés et à persévérer.

Comme ils ont de la difficulté à rester attentif, il est irréaliste de croire qu'en leur affichant plusieurs images dans l'ordre d'exécution attendue, on arrivera à un résultat.

Je comprends — maintenant que j'ai lu, que j'ai consulté, que j'ai relu et que j'ai reconsulté — que je devais d'abord comprendre le fonctionnement neurologique de mon fils avant de tenter toute sorte de choses pour l'aider. Je dois accepter que son trouble soit permanent, qu'il changera de forme et qu'au moment où je croirai avoir trouvé LA recette miracle... je devrai me réajuster, voire même recommencer.

Je comprends qu'avant d'avoir une attente face à l'exécution d'une tâche, je dois d'abord valider que la tâche ait été bien comprise. Je dois la décortiquer en sous-tâches et être là à chaque étape pour en valider la compréhension et l'exécution.

Je comprend aussi que je ne pourrai pas tout intégrer en même temps, que je devrai y aller une tâche à la fois pour ensuite espérer arriver à une séquence complète.

Cette semaine, nous avons intégré de nouveaux pictogrammes qui fonctionnent à merveille et qui nous ont beaucoup aidés à rendre la routine de soirée moins... explosive!


Je suis vraiment tentée de placarder la maison de pictogrammes depuis que je vois que ceux intégrés la semaine passée fonctionnent... mais je m'en garderai bien, parce que j'ai compris : une tâche à la fois... un jour à la fois.

dimanche 27 novembre 2011

Fin de la première phase

Je ne savais pas si j'allais écrire ce texte. Je ne voulais pas être trop heureuse trop vite. Je voulais attendre. J'en suis incapable.

Après une semaine de classe de répit pour mon grand, les choses vont bien. Ça lui demande beaucoup d'effort, mais il y arrive.

Il quitte pour l'école heureux. Pas heureux d'avoir dû changer d'école, ni de devoir passer 5 heures entre deux paravents. Pas heureux de ne pas pouvoir parler librement avec son camarade de classe ni de ne pas pouvoir manger dans la partie classe. Pas heureux non plus de ne pas faire de musique ni d'anglais. Juste... heureux.

Mon fils est motivé. Il part chaque matin avec la ferme intention de gagner son étoile, et ultimement d'obtenir une étoile d'or, celle qui demande tant d'effort.

Il revient chaque jour avec de nouveaux outils pour passer sa colère en mot, pour retrouver son calme, pour ne pas exploser. Il apprend à contenir son comportement et à faire les bons choix.

Son anxiété a diminué. Il nomme ses peurs et ses inquiétudes.

Mon angoisse diminue. J'arrive à laisser aller.

À l'école, son enseignante est bien contente du déroulement du programme. Elle m'a avoué qu'à la base, le dossier de notre fils laissait sous-entendre que le cas était lourd... peut-être trop lourd. Elle ne se prononce pas sur l'issue des 14 semaines. Elle demeure prudente, mais elle convient – comme tous les autres professionnels qui gravitent autour de notre fils — que notre grand est intelligent et qu'il comprend très bien qu'il est là parce qu'il a besoin de support. Elle croit qu'il y arrivera.

L'ambiance dans la maison a changé.

L'instauration d'un tableau de routine pour la soirée l'aide énormément. Il sait ce qui l'attend, ne se pose pas de question. Il fonctionne enfin. La technique 1-2-3 apprise en thérapie m'aide à faire cesser un comportement qui normalement, me met hors de moi au point où j'en oublie que mon fils ne le fait pas volontairement. La tension à enfin diminuée. C'est comme si mon cerveau à moi avait compris que mon fils avait besoin d'outil certes, mais surtout qu'il n'a pas choisi le chemin qu'il suit.

Après plus d'un an à chercher des solutions sans arrêt afin d'emmener mon fils à bien se comporter, j'ai enfin compris que je faisais les choses à l'envers.

Il faut comprendre le trouble déficitaire de l'attention avant de le traiter, sinon on saute des étapes et nos interventions sont sans valeur.

Nonobstant tout cela, mon fils a réussi la première semaine de 14. Il a eu 5 étoiles en 5 jours. Il a gagné le privilège de passer une période par jour dans la partie classe la semaine prochaine. Il pourra aussi manger deux fois avec son enseignante, sa TES et son camarade de classe.

La phase 1 est terminée.

Et pendant que mon fils est bien dans sa nouvelle école, maman peut enfin respirer un peu et faire le ménage des dossiers qui s'empilent dans sa tête.




jeudi 24 novembre 2011

Belles cocottes!

J'aime être créative. Ça me demande de l'effort parce que je ne trouve pas toujours facile d'intégrer des activités de créations dans mon horaire de fou.

Je tente tout de même de faire des projets artistiques avec mes enfants de façon régulière afin de les inciter à garder leur imagination fertile. Que ce soit pour construire un aquarium ou simplement peindre pour le plaisirs, chaque moment que je passe à les regarder créer me donne un sentiment d'accomplissement qui est difficile à décrire. C'est lors de moments comme ceux-là que je m'accorde des points de « maman », ceux que j'oublie souvent au détriment des points de « culpabilité ».

Ceci étant dit, j'essaie de rester à l'affût et de trouver des idées qui sont peu coûteuses.

Comme Noël arrive à grands pas, je suis en mode rouge-vert-blanc.

Cette semaine, alors que nous prenions une de nos marches quotidiennes, mon fils et moi avons ramassé des cocottes dans un parc. Nous avons décidé de les peindre et de les attacher à un fil à pêche pour ensuite les mettre dans notre sapin le temps venu.

Comme vous verrez, tous mes petits amours ont mis la main à la... cocotte!


                               Projet cocottes en cours                                          Coco

                                        Loulou                                                          Maxou




Attention : les cocottes peuvent être couvertes de gomme d'épinette. Si vous décidez de faire ce projet avec vos enfants, assurez-vous qu'ils portent un tablier et qu'ils se dirigent directement à l'évier lorsqu'ils auront terminé afin de laver leurs mains rigoureusement. Le savon à vaisselle a été très efficace chez moi pour décoller les six petites mains collantes de mes cocos!



N'oubliez pas que les cocottes viennent de la nature... Alors, ne faites pas comme moi: si vous y trouvez une chenille, ne hurlez pas, sinon tout le monde risque de paniquer! ;-)