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Je suis comme toutes celles que vous connaissez. Je pourrais être votre soeur, votre amie, votre collègue ou simplement votre voisine. Ici, je vous parle de mon quotidien et de celui de ma famille pour mettre un peu de lumière sur la vie avec un enfant différent! mamantupperware@hotmail.ca

mardi 22 novembre 2011

Semaine 1: la vie continue.

Le matin de sa première journée, mon fils était calme (du moins, seulement si on le compare uniquement à lui-même). Il était organisé, il s'était assuré que tout son matériel était près de la porte afin de ne rien oublier et il surveillait l'heure afin d'être prêt lors de l'arrivée de son chauffeur.


Vers 9 h 11, la berline est arrivée devant la porte. Mon fils, un peu décontenancé parce que l'heure prévue était 9 h 20, a quand même bien réagit : botte, manteau, chapeau, sac à dos, boîte à lunch et un GROS GROS GROS câlin pour sa maman.

Dehors, en pantoufle, je l'ai regardé s'éloigner dans cette voiture conduite par un homme qui avait eu la gentillesse de venir se présenter à mon grand (et à moi par le fait même) le vendredi précédent.

Ne restait plus qu'à déposer mon petit dernier à la garderie et à passer le reste de la journée avec ma princesse.

On dira ce que l'on voudra, la première journée de ce programme qui génère une boule d'angoisse immense dans mon estomac, m'aura permis de réaliser que pour la première fois je ne craignais rien pour mon fils. On m'avait clairement avisée que les intervenantes présentes en classe étaient formées pour prendre soin de lui, et ce même s'il montrait les dents et sortait les griffes.

On ne m'appellerait pas.

Afin de ne pas passer la journée à me demander si tout allait bien, j'en ai plutôt profité pour prendre rendez-vous chez la coiffeuse avec ma princesse. Une vraie journée de filles. La première. Enfin!

Après sa coupe de cheveux, ma fille m'a demandé d'aller manger des fruits au restaurant. Nous sommes donc allés prendre un déjeuner au resto du coin. J'ai pris le temps de savourer chaque instant avec ma fille. J'ai pris le temps de la regarder, de lui parler, de l'écouter... Elle m'a même demandé si elle était sale parce que je la fixais sans arrêt! (Note à moi-même : essayer de la regarder plus souvent afin que l'exercice ne devienne pas bizarre à ses yeux!)

Ensuite, retour à la maison pour un peu de télé collé.

Quand mon Coco est revenu de sa première journée, il était bien content de me dire que tout s'était bien passé. Sur les 40 points quotidiens, il en avait obtenu 32. Il avait reçu sa première étoile. (Plus que 4 étoiles consécutives et la phase 1 sera complétée.)

Il a trouvé la journée plate, n'a pas aimé les paravents, mais m'a aussi dit ceci : « J'aime mon ancienne école, mais ma nouvelle aussi. C'est calme et mon cerveau ne devient pas fou. J'ai un nouvel ami, qui est là pour les mêmes raisons que moi. J'ai aussi appris à jongler en éduc. Je suis bon!»

Ensuite, la soirée a suivi son cours... avec ses hauts et ses bas habituels.

La seule différence : une mère et une fille qui avaient passé une super belle journée et qui en plus, avaient chacune une mise en plis du tonnerre!

Une diner mère-fille, ça n'a pas de prix! :-)




lundi 21 novembre 2011

Boule d'angoisse

Je n'avais jamais fait de crise d'angoisse. Je ne trouvais pas cela pertinent. En fait, je n'en comprenais pas le principe. Je connaissais la théorie voulant que la crise d'angoisse soit un état incontrôlable où la personne atteinte avait la forte impression d'une mort imminente. Je savais aussi que les gens angoissés devaient régulièrement avoir recours à des techniques de relaxations et de respiration afin de faire cesser leur état de crise.

Je n'avais jamais fait de crise d'angoisse... jusqu'à la première.

Il était passé minuit. Je m'apprêtais à aller me coucher. Comme chaque soir, j'ai regardé le calendrier avec la planification de la semaine. En grosses lettres pour le lendemain : CHANGEMENT D'ÉCOLE.

Au moment même où j'ai lu ces quelques lettres, j'ai senti une pression dans ma poitrine, j'ai senti ma gorge se serrer et mon rythme cardiaque accéléré. Je n'ai pas aimé la sensation. Le souffle court, je suis allée me mettre au lit.

La boule dans ma gorge ne se desserrait pas. Je devais le dire. Je devais la faire sortir. Mon conjoint ne dormait pas.

En moins de 5 minutes, toutes les émotions que je contenais depuis plusieurs semaines ont jailli comme un volcan...

Je ne voulais plus envoyer mon fils dans cette classe étrange où il devrait rester assis entre deux paravents face à un mur gris. Je ne supportais pas l'image de mon petit bonhomme assis bêtement sur sa chaise, en silence. Je ne pouvais pas admettre que j'avais signé pour ça, moi, sa mère. À quoi avais-je donc pensé pour prendre cette décision insensée, pour avoir laissé des diplômés me convaincre que cette classe était la seule chose possible pour mon fils? Comment avais-je pu, malgré tout l'amour que je porte pour mon enfant, accepter qu'ils passent 5 heures par jours dans de telles conditions?

La colère que je ressentais m'empêchait de bien respirer. Je trouvais tout le processus le tout inhumain. Pavlov avait au moins eu la décence de faire ses expériences sur des chiens...

Je me sentais désemparée, impuissante, incompétente. J'aurais voulu être riche pour faire refaire tous les tests, tous les examens. J'aurais voulu être millionnaire, pour ne plus avoir à travailler et offrir des services à mon fils à la maison. J'aurais voulu être une autre personne, une autre mère, une autre femme.

Tranquillement, la panique a laissé place à la douleur et aux larmes.

Même si je veux que mon fils ne soit pas dans cette classe, je n'y peux rien. Je dois laisser aller les choses, laisser le temps faire son œuvre.

Je dois accepter qu'il y ait cette boule lourde sur mon cœur. Je dois accepter sa présence tout en prenant soin de ne pas la laisser prendre toute la place.... et la laisser m'étouffer.

Il y arrivera.

Nous finirons par voir la lumière dans tout ça.


vendredi 18 novembre 2011

Être convaincue pour devenir convaincante...

Alors voilà.

Plus le choix.

Je dois devenir la mère cohérente et zen que l'on attend de moi. Je dois instaurer une discipline aimante et soutenue afin d'emmener mon fils — et par le fait même mes deux autres enfants — à s'autocontrôler et à se responsabiliser face à leurs comportements.

En thérapie, on nous explique qu'avant d'instaurer une règle ou de faire une demande, on doit être convaincu de sa légitimité. On doit être convaincu de la décision que l'on prend en exigeant de notre enfant qu'il modèle son comportement à nos attentes et par le fait même à celles de la société.

Je dois donc réfléchir avant chacune de mes demandes, car si mes enfants ressentent le doute dans mon regard ou dans la tonalité de ma voix, ils ne les respecteront pas. Ils sentiront toujours qu'il y a place à la négociation et que dépendamment de mon humeur basale, je pourrais flancher et déroger à mes propres règles.

Je dois me sentir groundé à mes décisions. Je dois être convaincue pour devenir convaincante.

Bon allez! Je n'y arriverai probablement pas en deux jours, ni en cinq, ni en dix... mais j'y arriverai.

Un comportement à la fois, un jour à la fois.

Je n'exigerai pas de mes enfants qu'ils soient parfaits. Ce ne serait pas juste envers eux.

Je ne l'exigerai pas de moi non plus. Ce ne serait pas juste envers moi.

                                            

jeudi 17 novembre 2011

14 semaines

14 semaines.

Le programme durera 14 semaines.

Assis autour d'une table ronde avec tous les différents intervenants qui gravitent autour du dossier de notre fils, nous avons appris qu'il devra passer 14 semaines en classe de répit. Il y sera pour apprendre à suivre les règles, à développer son autonomie et apprendre l'auto-contrôle.

Si mon fils trouve qu'il est déjà très encadré, il va certainement avoir le choc de sa vie.

Dans sa classe, une enseignante, une TES, un seul autre élève. Ils n'y prennent habituellement pas d'élève de première année. Pour mon fils, ils font une exception. Ses capacités intellectuelles et ses résultats académiques le permettent.

Il n'y fera pas énormément de travaux. L'important n'étant pas l'académique, mais bien le comportemental.

Il passera la première semaine assis entre deux paravents, face à un mur. Il y fera ses travaux, il y mangera sa collation, il y mangera son dîner... Il y fera face de 9 h 30 à 14 h 30, 5 jours par semaine. Il gagnera des minutes en société en fonction de son comportement.

Il commencera chaque journée avec 40 points en banque. Il en perdra chaque fois où une règle ne sera pas respectée. S'il a moins de 30 points, il n'aura pas droit à son étoile de la journée. S'il en plus de 35, il gagnera une étoile d'or. S'il n'a pas 4 étoiles à la fin de la semaine, il ne gagnera pas de privilège. Il devra recommencer la semaine suivante. La seule étoile qu'il ne peut pas perdre, c'est l'étoile d'or.

Il ne verra pas les camarades de l'école. Il ne se fera pas d'amis, mis à part son camarade de classe.

Après 4 semaines, si tout va bien, il réintégrera graduellement la classe de son école d'origine. Une journée à la fois, semaine après semaine... jusqu'à l'intégration complète.

Assise avec tous les intervenants qui gravitent autour du dossier de mon fils, j'ai eu envie de le prendre dans mes bras et de fuir en courant.

J'ai eu le visage défait et le cœur en miette d'imaginer mon garçon devant un mur gris pendant 5 heures, 5 jours consécutifs et ce pendant plusieurs semaines.

J'ai eu envie de pleurer en me disant que si ce programme ne fonctionne pas, il y a de fortes chances que mon fils en ressorte avec des séquelles ou des traumatismes.

J'ai eu envie de crier quand l'enseignante, en milieu de rencontre, s'est questionnée sur la lourdeur du « cas ».

Je suis sentie épuisée à l'idée que je devrai moi aussi devenir encore plus encadrante, encore plus inflexible, encore plus directive, encore plus claire, encore plus dénaturée comme mère.

Je comprends l'importance de la structure, de la discipline aimante, de la cohérence parentale, de la collaboration avec le milieu scolaire... Je comprends, mais je voudrais sincèrement que ce soit différent.

J'ai fait l'école à la maison cette semaine. J'ai trouvé ça difficile. J'ai dû encadrer mon fils, lui mettre des objectifs clairs, lui expliquer ce qu'il ne comprenait pas. J'ai fait face à sa frustration, à sa colère et parfois à sa violence. Mais j'y suis arrivée. Sans le mettre devant un mur gris et en le laissant manger à table avec moi.

Je comprends ce qui est mis en place. Je comprends la nécessité d'avoir recours à un service comme celui-ci. Mais je veillerai au grain. Je serai là à chaque instant, pour supporter le programme, mais surtout mon fils, qui ne trouvera probablement pas cela de tout repos.

J'aurai besoin d'énergie, de support, d'écoute.

Dieu merci, je sais que je ne suis pas seule.

Les chemins sinueux ne sont pas les plus faciles, mais peuvent nous réserver de belles surprises à chaques tournants.

mercredi 16 novembre 2011

Père et mère tu respecteras....

Par un matin pluvieux, mon grand garçon feuillette un livre assis par terre dans le corridor. Il se lève et poursuit sa lecture en marchant vers le salon. Il s'installe confortablement sur le divan pour lire encore quelques lignes et se relève ensuite pour venir me rejoindre dans ma chambre, où j'essaie de m'habiller. Sans lever les yeux, il me demande ceci : « Pourquoi Adam et Ève ont-ils été chassés du paradis? Juste parce qu'ils ont mangé la pomme? Parce que la règle c’était de ne pas la manger? »

Je réalise qu'il a en main un livre de L'imagerie des tout-petits intitulé La bible (seul cadeau religieux reçu lors de son baptême en 2006). Je le regarde donc et vois son visage incrédule devant ce qui lui semble être une aberration. Je réponds donc qu'en effet, selon la religion catholique, Adam et Ève ont été chassés du paradis pour ne pas y avoir respecté la seule règle établie.

En maintenant le livre ouvert dans ses mains, il s'exclame : « Donc si moi je vis dans un monde laid et pollué, c'est parce qu'Adam et Ève on mangé une pomme??? C'est parce qu'ils n'ont pas respecté la règle de Dieu que moi je ne vis pas dans un lieu merveilleux??? »

« Bah... c'est pas mal ça... » (J'aurais pu faire mieux... mais il est 7 h 30 et je suis pressée!)

Figé sur place, il tourne la page de son livre et tombe sur la représentation en image de Moïse sur le mont Sinaï. Il se met à lire et apprend que Dieu a inscrit des commandements sur deux grandes pierres et qu'il demande aux hommes de l'aimer et de s'aimer les uns les autres pour être heureux.

C'est à ce moment que mon fils s'est exclamé : «  Ben là! Personne ne me l'avait dit! Est-ce que Dieu va me laisser me reprendre si je ne savais pas qu'il y avait des règles? Est-ce que ça compte si je ne les ai pas écoutés?... Pis des règles... Il y en a beaucoup d'autres comme ça? »

Rappelez-vous qu'il est 7 h 30 et que je suis pressée... Mais pas assez pour ne pas sauter sur l'occasion qui s'offre à moi. En bonne mère castratrice/manipulatrice j'offre à mon fils une petite leçon abrégée sur les 10 commandements.

« La règle la plus importante mon chéri est la suivante : Père et mère tu respecteras. »

Il est 7 h 35, je suis pressée... mais j'adore avoir de l'impact!

Les yeux plongés dans les miens, il m'a donc promis de suivre cette première règle à partir de maintenant.


Je n'ai pas vraiment commencé l'éducation religieuse de mes enfants. Je suis laxiste. Je laisse venir à moi les petits enfants pour qu'ils me posent eux-mêmes leurs questions. Cette fois-ci, j'ai été prise de cours, mais j'ai su tourner les questions de mon fils à mon avantage.

Faudra quand même que je me penche sérieusement sur le sujet... parce que la dernière page du livre de mon fils concerne la crucifixion. Et il serait dommage que je doive faire un wrap-up du sujet alors que je suis pressée.

Et vous? Qu'en faites-vous de ces questions que vos enfants vous posent?