La rentrée scolaire 2011-2012 fut difficile. Alors que je m’attendais à une amélioration, ne serait-ce que minime comparativement à l’an passé, j’ai vite réalisé que ce serait pire. Septembre n’était même pas terminé que mon petit monstre avait déjà deux suspensions à son actif. À ce rythme-là, on ne prévoyait pas se rendre à Noël en cheminement régulier. L’accompagnement en classe tardait à être instauré, le plan d’intervention n’était pas imprimé et la médication toujours en cours d’ajustement. Épuisée, j’ai changé mon horaire de travail afin d’être capable de pouvoir aller cherche mon grand garçon rapidement si l’école ne pouvait plus s’en charger. Je travaillerais de nuit. Finis le téléphone qui sonne en pleine journée. Finis l’incapacité de pouvoir finir un quart de travail sans être interrompu à tout bout de champ. Je ne savais pas quand je trouverais le temps de dormir, mais je considérais que c’était un détail.
Tout était donc en place : médication ajustée, plus de disponibilité parentale et début du transport en autobus scolaire – donc fin du service de garde. J’étais d’attaque. J’y arriverais.
Le 16 septembre… plus rien! Que de belles journées pour Alexandre à l’école. Des cercles verts se succèdent jour après jour dans son agenda. Comportement impeccable. Fin des crises de colère. Il accepte de faire ses travaux et de faire ce qui lui est demandé. Son accompagnatrice ne fait qu’intervenir… auprès des autres enfants. Alexandre est fragile, certes, mais il semble être parvenu à s’autocontrôler et commence à être capable de s’autodéterminer.
Il a réussi à obtenir plusieurs privilèges à l’école, ce qui l’aide à augmenter l’estime qu’il a de lui-même. À la maison, mis à part les réveils nocturnes, il est presque parfait. Il accepte de se faire dire non, ne crie plus après nous, ramasse ses choses, fait ses routines et accepte même de jouer avec sa sœur. C’est presque trop beau pour être vrai.
C’est tellement beau, que je suis déstabilisée. Mon enfant à moi est calme, il écoute, il se contrôle. Mon enfant dépasse toutes les attentes que j’ai d’un enfant. Mon enfant à l’air encore plus normal que normal. Au point où je me mets à douter. Je doute que mon fils ait un problème. A-t-il vraiment un TDAH? A-t-il vraiment un trouble anxieux généralisé? A-t-il vraiment besoin de tous ces médicaments que je lui administre trois fois par jour? Se pourrait-il que du jour au lendemain, tous se mettent à bien aller… comme ça? Simplement?

J’aimerais tellement que les contes de fées existent réellement. Que mon fils soit soudainement débarrassé de tous ces diagnostics et de tous ces médicaments. Je voudrais qu’il n’ait plus besoin d’une accompagnatrice, d’une thérapie comportementale et de rendez-vous sans fin avec tout plein de gens qui ont tout plein de diplômes…
Mais je dois me rappeler ceci : si mon fils était diabétique et que j’arrivais à contrôler ses glycémies, je ne cesserais pas de lui administrer son insuline. Si mon fils était épileptique et qu’il ne faisait plus de crise grâce à ses anticonvulsivants, je ne cesserais pas de les lui donner. Si mon fils était asthmatique, anémique, boulimique, leucémique… Bref, vous me suivez n’est-ce pas?
Reste plus qu’à croiser les doigts pour que les choses continuent de bien aller… pour qu’Alexandre chemine selon ses capacités. Les spécialistes qui nous entourent sont formels : nous ne venons pas de sortir d’un sprint… Nous venons simplement de prendre notre erre d'aller pour poursuivre un marathon qui durera encore plusieurs années…
Je t'ai lu toute d'une traite, et je me suis reconnue dans plusieurs de tes textes. Moi aussi, je suis maman d'une petite fille différente, un peu plus vieille que ton Alexandre. Elle a d'ailleurs lu quelques uns de tes textes en me disant qu'elle comprenait comment ton fils se sent.
RépondreSupprimerJe te mets en lien sur mon propre blog. Même si je n'écris plus souvent, ça demeure un lieu privilégié pour évacuer le trop plein.