Qui êtes-vous ?

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Je suis comme toutes celles que vous connaissez. Je pourrais être votre soeur, votre amie, votre collègue ou simplement votre voisine. Ici, je vous parle de mon quotidien et de celui de ma famille pour mettre un peu de lumière sur la vie avec un enfant différent! mamantupperware@hotmail.ca

jeudi 23 février 2012

Qu'est-ce qu'on mange?

Bon. Je vais essayer de mettre une chose au clair. Tellement clair que même l'eau des ruisseaux aura l'air trouble comparativement à ce que je m'apprête à vous clarifier.
 
 
JE NE CUISINE PAS. POINT BARRE!
 
 
Maintenant que les choses sont claires... que voulez-vous que je réponde à l'éternelle question de fin de journée? Vous voulez que je leur dise quoi à ces petits estomacs qui crient famine dès 15 h 30?
 
 
Et bien... (aussi nul que cela puisse être) je leur réponds une platitude incroyable : « Tu mangeras ce qu'il y aura dans ton assiette! »
 
 
Ceci étant dit, ce n'est pas parce que je ne cuisine pas que je ne nourris pas mes enfants. Régulièrement, Papa Tupperware prépare des repas qu'il fait congeler et que je décongèle les soirs où il n'est pas là. Advenant qu'il n'y ait plus rien au congélo, j'improvise de petits repas simplistes. (Je sais quand même faire un pâté chinois!!!) Ces soirs-là, mes enfants retrouvent dans leurs assiettes de la viande, des légumes avec du riz ou des pâtes. Voilà. C'est ainsi. Je ne cuisine pas.
 
 
J'aime bien par contre m'infliger la lecture de recettes pour me donner l'illusion que je serais capable d'y arriver, que ça n'est pas vraiment sorcier. J'accumule donc les recettes qui me donnent l'eau à la bouche, je les feuillette, je les décortique, je vais même jusqu'à préparer la liste des ingrédients qu'il me faudrait pour accomplir le succulent mets. Mais ça s'arrête là. C'est comme ça. Je ne cuisine pas.
 
 
Chaque fois où je veux faire un essai culinaire, j'ai droit au même résultat : trop cuit, pas assez cuit, manque de sel, trop ou pas assez de sauce ou à l'éternel « J'aime pas ça, j'en veux pas... ça pu! » (Accompagné de mimiques plus dégoûtantes les unes que les autres! ») Et puisque c'est comme ça, tant pis, je ne cuisinerai pas!
 
 
Et même si je jalouse j'envie celles qui se sentent à leur aise devant les poêles et les chaudrons, je préfère laisser la tâche à Papa Tupperware qui jubile devant les nouvelles parutions de Ricardo!
 
 
Notez par contre que je n'hésite pas à suggérer, d'un air coquin, mes trouvailles à mon amoureux qui, parfois, cuisine pour moi les recettes que l'on me refile et qui me donne envie. Et lorsque j'y ai goûté, que j'ai posée les 1001 questions sur le modus operandi, alors là, je me risque parfois à la faire moi-même (mon iPhone près de moi pour poser les 212 autres questions que j'aurai oublié de poser à Papa Tupperware!)
 
 
Alors ainsi soit-il. Ici, je ne cuisine pas... mais je mange, ça oui, je mange! :-)

Avouez que c'est bon des céréales! Exactement le genre de cuisine qui me plaît! :-))

mercredi 22 février 2012

Les Mamans Différentes

Parfois, les journées sont difficiles. Parfois, on se sent seule au monde. Seule avec des problématiques qui ne nous appartiennent pas. Seule dans les différentes salles d'attente où nous siégeons encore et encore (évaluations obligent). Seule avec cette inquiétude qui nous ronge jour après jour de ne pas savoir ce qu'il adviendra de ces petits êtres qui dépendent autant de nous et le seront bien plus longtemps encore que vos petits êtres à vous. Seule devant tant de gens qui semblent tous savoir mieux que nous ce qu'il est bien de faire et ce qui est à proscrire, ce que nous devons penser et surtout ne pas dire. Seule devant les multiples systèmes aux portes desquelles nous devons frapper sans relâche en espérant que quelqu'un réponde. Seule devant les thérapies à mettre à place, à appliquer et surtout à poursuivre. Seule devant toutes nos interrogations du moment ainsi que devant celles qui viendront. Seule, même quand on est deux. Seule, même si la planète entière tente de nous convaincre qu'elle est derrière nous. Seule, même quand l'amour de nos proches se déverse sur nous comme la pluie qui vient avant le beau temps.

Aujourd'hui, l'espace de quelques instants, je me suis sentie seule face à la solitude d'une maman comme moi. Une maman qui, après 5 longues années d'attente et plusieurs heures d'évaluation, s'est vu refuser les services du CRDI de sa région. Selon les spécialistes, la déficience intellectuelle de son fils n'est pas assez importante. (Mais dites-moi, quand est-ce qu'on est assez déficient?)

Aujourd'hui, j'ai vu ses yeux tristes, son manque de sommeil et son découragement. J'ai senti la douleur de son corps et celle de son cœur. J'ai vu en elle ce que je cache en moi depuis plusieurs mois... La peur d'un avenir sombre pour un enfant dont on ne connaît pas encore tous les secrets. La colère d'avoir l'impression que le système la laisse encore tomber. L'envie de vouloir se battre sans vraiment savoir sur quel adversaire frapper. Le désir de crier plus fort, plus longtemps et espérer que quelqu'un nous entende enfin!

Aujourd'hui, je l'ai étreinte au point d'en avoir le souffle coupé. Elle aurait probablement voulu pleurer, mais ses dernières larmes ont été versées cette nuit contre l'épaule de son mari.

Aujourd'hui, nous avons parlé des listes d'attentes, des changements d'intervenants (qui entrent et sortent de nos vies à une vitesse fulgurante!), de notre incompréhension des ressources qui s'offrent à nous pour finalement nous laisser tomber...

Aujourd'hui, j'aurais voulu prendre sa solitude et la transporter un peu pour elle, qui commence à courber l'échine devant autant de déception, de désillusion et d'incertitudes face à l'avenir.

Aujourd'hui, je lui ai dit que nos enfants différents auront certainement fait de nous des êtres à part, des êtres qui auront dû se battre pour obtenir tout ce à quoi ils ont droit. Je lui ai dit que nous y arriverions, mais je n'ai pas su lui expliquer comment.

Aujourd'hui, je lui ai dit qu'au-delà des défis, il y aurait pour nous la certitude que l'on se sera battue sans armes devant un système blindé. Et plutôt que de croire qu'il n'y a pas de place dans notre société pour les enfants différents, il faudra continuer d'avancer pour faire place aux Mamans différentes, celles qui se montreront solidaires entre elles et iront au front ensemble. Celles qui pourront compter l'une sur l'autre pour continuer de grandir, comme un tuteur pour un plant de tomates. Car peu importe ce que les autres diront, nous serons celles qui auront fait mûrir les plus beaux fruits.


Image internet

lundi 20 février 2012

Le moment de la marmotte

Qui a déjà vu le film « Le jour de la marmotte »? Vous savez ce film où un abruti revit la même journée des dizaines de fois, jusqu'à ce qu'il ait une illumination et change sa personnalité du tout au tout?

Et bien chaque jour, vers 15 h 30, j'ai un moment de marmotte.

Dès que mes trois petits mousses sont installés confortablement dans la voiture et que je roule paisiblement vers notre demeure, j'ai droit à la question qui tue : « Est-ce que papa est là ce soir? »

Si l'on a le malheur d'être un de ces soirs de semaine où il est absent... et bien la réponse est non et les lamentations commencent.

J'ai droit à 10 bonnes minutes de complaintes sur le triste sors de nos marmots, sur l'injustice de l'absence du paternel, sur la haine ressentie envers lesdites journées.

Chaque fois, plutôt que d'entendre la déception de mes enfants, j'ai l'impression que ma présence ne leur suffit jamais entièrement. Comme si ma présence à moi – celle qui les a portés, allaités, langés, etc. — n'arrivait jamais à combler le vide que laisse l'absence de leur père lorsque ce dernier doit travailler de soirée.

J'ai donc – honteusement — commencé à les questionner sur l'importance de MA présence à moi...

Vous savez à quoi j'ai eu droit?
Ben là! T'es toujours là. C'est toujours toi!

Et bien... et dire que depuis quelque temps je me questionne sur ma qualité de maman, sur ma présence dans leur vie au quotidien, sur les effets bénéfiques de NE PAS les envoyer à la garderie 5 jours semaines... Sur le manque que je ressens de devoir les confier à d'autres des journées entières, de la culpabilité que je vis de devoir parfois souvent les presser afin d'arriver à rentabiliser chaque minute de nos précieuses vies et de l'angoisse qui m'habites chaque fois où je me demande : fais-je les bons choix?

Qu'à cela ne tienne! Deux soirs par semaine, votre papa n'est pas là. Deux soirs par semaine, je vous ai tout à moi! Et bientôt, je vais m'arranger pour manquer un soir de semaine moi aussi. Peut-être alors vous ennuierez-vous un peu? Et si ce n'est pas le cas, et bien tant pis, j'aurai au moins une soirée pour MOI!

Pffffffff!

dimanche 19 février 2012

Les amis

- Mon ami peut venir jouer
- Euh...
- Moi aussi je veux une amie
- Euh...
- Allez! Dis oui!!!
- Bon d'accord, mais laissez-moi évaluer la faisabilité de la chose...

Et bien voilà! C'est vrai : mes enfants ont grandi et l'époque de la maison pleine commence.

Petite, je n'avais jamais d'amie à la maison. Pas parce que ma mère refusait qu'ils viennent, mais plutôt parce qu'elle n'aimait pas que j'aille ailleurs. J'imagine donc que les parents de mes amis trouvaient un peu inéquitable que je sois celle qui soit toujours rendue chez eux. Les choses ont changé quand j'ai eu 11 ou 12 ans et que j'ai pu prendre des décisions moi-même et gérer mon temps à ma guise.

Pour mes enfants, je n'avais pas encore évalué la situation, car la problématique ne s'était pas vraiment présentée. Me connaissant, je savais que je trouverais les premières visites un peu stressantes. J'ai tendance à ne pas aimer le bordel et à apprécier une maison calme. Je suis bien consciente par contre que je devrai travailler cet aspect de ma personnalité puisqu’avoir des enfants implique nécessairement un peu de brouhaha dans la maison. Qu'à cela ne tienne, j'accepte maintenant quelques fois que les amis de mon fils viennent jouer. Ma fille, qui grandit à une vitesse effarante, commence par contre (et légitimement j'en conviens) à réclamer les mêmes droits que son frère. Étant plutôt portée à jouer avec des garçons, elle s'était toujours accommodée des amis de son grand frère, il semble que les choses commencent à changer.

Ce weekend, j'ai organisé les choses pour que tout le monde soit content. Le petit voisin est venu jouer, alors que ma fille est allée jouer chez la petite voisine (sœur du petit voisin!). Un échange qui, à mon avis, permet d'accommoder les besoins des enfants autant que celui des mamans!

Nous sommes dimanche, bébé Tupperware fait la sieste, Papa Tupperware est au gym, les garçons jouent dans la salle de jeux calmement et moi... moi je profite de ces quelques heures de répit (dans un nouveau chandail rouge qui me donne l'impression d'avoir rajeuni de 20 ans!)!!!

C'est ça le bonheur!
Kit agencé par Papa Tupperware lors de notre Escapade amoureuse! :-)

samedi 18 février 2012

Escapade amoureuse

C'était écrit au calendrier familial. En petit caractère, mais c'était écrit.

Samedi, mon conjoint et moi avions comme programme de passer la journée seuls tous les deux. Une journée d'amoureux.

Après une nuit infernale avec un bébé qui refusait obstinément de dormir et un grand garçon de 6 ans qui s'est pointé le bout du nez dans notre chambre à 4 h (sous prétexte qu'il n'était plus fatigué et qu'il préférait lire une peu!). Après avoir dû mettre le réveil à 6 h 30 pour cause de pratique de hockey... et bien je dois l'avouer, j'espérais un peu que le projet tombe à l'eau. De toute façon, quel était le risque que mon homme se souvienne de l'événement puisqu'il regarde très peu le calendrier (mis en évidence sur la porte du frigo!)?

Comme je me suis réveillée un peu grognon d'avoir trop peu dormi, les discussions matinales étaient plutôt non-verbales... jusqu'à ce que mon conjoint me balance à la figure : « Puis? On fait quoi pour notre sortie? »

Après quelques vaines tentatives pour faire avorter le projet, j'ai rejoint mes beaux-parents afin de leur confier nos marmots pour une partie de la journée. Vers 11 h, nous déposions les enfants et quittions leur demeure. Direction : quartier dix-30.

Façade du supermarché Avril
Nous avons décidé de profiter de notre journée pour faire un peu de lèche-vitrine (nous résidons sur la Rive-Nord alors pour nous, ce sont de nouvelles vitrines!) et c'est là que la magie s’est produite. En quelques heures, j'ai retrouvé un malin plaisir à être avec mon conjoint, à magasiner des vêtements, à dîner en tête-à-tête, à découvrir le marché Adonis ainsi que le supermarché Avril (Wouha! ça coûte cher manger bio!!!). Nous avons discuté, nous avons ri et nous nous sommes même surpris à rêver de ces grandes maisons qui longent le boulevard de Rome (vous savez, celles où on peut perdre facilement un ou deux enfants en raison de leur immensité?).



S'ajoute à cela le renouvellement de ma garde-robe – désuète depuis 2005 en raison de mes grossesses en rafales! — et la sensation plutôt agréable de me sentir à nouveau féminine et un peu plus glam qu'avec les chandails 100 % coton que j'ai l'habitude de porter!

Bon, je m'en confesse, j'ai transpirée un bon coup au moment d'acquitter la facture de mes nouveaux achats — fait sous la supervision de Papa Tupperware —, mais comme le dit si bien mon amoureux : « Arrête de te sentir mal! Tu t'habilles jamais! » Fin de la discussion.

Au final, cette sortie était une bonne idée et je suis vraiment contente d'avoir écouté mon homme (pour une fois!) Et comme il le dira sûrement à qui veut bien l'entendre : « Si je me fie au sourire de ma blonde en sortant du magasin, je viens d'en gagner des airs lousses! »